Le suivi médical du cheval de sport - Pratique Vétérinaire Equine n° 222 du 01/07/2024
Pratique Vétérinaire Equine n° 222 du 01/07/2024

MÉDECINE SPORTIVE

Dossier

Suivi médical

Auteur(s) : Julie DAUVILLIER

Fonctions : Vet Inside 23 avenue Charles de Gaulle 33350 Sainte-Terre

Le vétérinaire est le garant de la bonne santé physique et mentale du cheval, indispensable à l’atteinte de ses objectifs sportifs. Une communication efficace au sein de l’équipe qui entoure l’athlète est fondamentale.

La performance dans les sports équestres, en particulier à haut niveau, est conditionnée par le fonctionnement optimal de tous les systèmes physiologiques sollicités, et un bon mental qui permet au cheval d’exprimer son plein potentiel sportif. Or, l’entraînement et les compétitions sont souvent associés à de (très) longs transports, du stress, des conditions d’hébergement parfois loin d’être idéales, l’exposition à des agents pathogènes provenant des autres chevaux lors des réunions sportives, autant de facteurs de risque de dégradation de l’état de santé du cheval [1, 2, 15, 21]. Dans ce contexte, le suivi médical du cheval a un double objectif : prévenir l’apparition de maladies grâce à la mise en place de mesures (alimentaires, environnementales, d’entraînement, etc.) visant à diminuer ces risques, fondées sur les connaissances actuelles de la physiologie équine, et détecter rapidement toute affection débutante grâce à des examens réguliers pour assurer une prise en charge précoce (1).

En parallèle de cette approche médicale préventive, il est possible d’évaluer la condition physique des chevaux de sport lors de tests à l’effort combinant la mesure de la fréquence cardiaque, de la vitesse et des lactates sanguins. Récemment, les avancées technologiques ont fait apparaître sur le marché des objets connectés faciles d’utilisation à destination des cavaliers et des entraîneurs, permettant la mesure de certains paramètres physiologiques pendant l’exercice, avec la promesse d’améliorer l’entraînement et les performances du cheval. À condition d’être validés scientifiquement, ceux-ci peuvent aussi être utiles au vétérinaire dans le suivi longitudinal du cheval au cours de la saison.

ORGANISATION DU SUIVI

Un travail d’équipe

Le suivi du cheval de sport durant une saison est un travail collaboratif dans lequel tous les intervenants doivent être impliqués. Tout d’abord, le cavalier doit être convaincu de l’intérêt de ce suivi médical. Ce sera en effet l’interlocuteur privilégié du vétérinaire et son ressenti à cheval sera primordial dans l’évaluation de l’état de forme de l’animal, en parallèle des données collectées lors des examens et des enregistrements. Ensuite, le groom connaît le cheval, ses habitudes et son comportement mieux que personne. Il sera le plus à même de détecter tous les changements (dans l’appétit, le sommeil, l’attitude au box du cheval, etc.) qui peuvent être des signes précurseurs d’inconfort ou de baisse de forme (2). Ostéopathe, maréchal, masseur et tout autre intervenant autour du cheval sont susceptibles d’apporter des informations précieuses et devraient, de ce fait, être en contact avec le vétérinaire.

Une réunion de début de saison rassemblant tous ces intervenants est l’occasion de présenter les objectifs du suivi, la méthode (dates et nature des examens), et éventuellement le matériel qui sera utilisé pour le suivi à distance et son fonctionnement. Cette réunion permet en outre de fédérer les personnes autour du projet afin de faciliter la communication. C’est aussi l’occasion pour le cavalier de présenter ses objectifs de saison (objectifs sportifs du cheval, dates et niveaux des concours envisagés) et de fixer, d’après ce calendrier, les dates des examens (qui pourront être modifiées en fonction des imprévus).

Examen de début de saison

L’objectif est de faire un bilan de l’état du cheval avant ou juste au début de la reprise de l’entraînement, en début de saison. Généralement, les chevaux disposent en hiver de quelques semaines de repos durant lesquelles il n’y a pas de compétition et l’entraînement est allégé. Cette période tend à être écourtée, voire effacée en concours de saut d’obstacles (CSO) et en dressage dont les compétitions indoor se poursuivent durant l’hiver. Ce premier examen est également l’occasion de vérifier que le cheval ne présente pas de limite physique majeure, telle qu’une fibrillation atriale, une malformation cardiaque congénitale ou une régurgitation valvulaire sévère, qui conduirait à la révision des objectifs sportifs ou à un changement de carrière (photos 1 et 2). Il est préférable de disposer de cette information le plus tôt possible dans la saison afin de ne pas mettre cheval et cavalier en difficulté, voire en danger.

Anamnèse

L’historique du cheval le plus précis possible est collecté en discutant avec le cavalier (historique et objectifs sportifs) et le groom (historique médical incluant vaccination (3) et vermifugation), de même que les résultats des examens antérieurs s’il y a lieu. Le cadre de vie (emplacement du box, sorties à l’extérieur, contact avec les congénères, etc.) et l’alimentation (quantité et qualité du fourrage, mode de distribution, type d’aliment, nombre de repas par jour, etc.) sont également notés pour servir de base à d’éventuelles recommandations ultérieures. Les habitudes et le comportement du cheval au repos et au travail sont des indices précieux dans l’évaluation de sa forme physique et de son moral (2).

Examen clinique

Avant de procéder à l’examen médical stricto sensu, l’observation à distance du cheval dans son environnement, de son attitude et de son comportement est riche d’informations. Ensuite, l’examen clinique doit être particulièrement minutieux d’un point de vue tant médical que locomoteur (4) afin de déceler toute anomalie même discrète. Il devrait notamment comprendre une auscultation cardiaque et respiratoire dans des conditions optimales.

Analyses sanguines

Les paramètres hémato-biochimiques d’un même cheval peuvent varier significativement à l’intérieur de l’intervalle de référence à différents moments de la saison, d’où l’intérêt de disposer d’une base de référence individuelle pour chaque cheval à laquelle comparer les résultats ultérieurs (encadré 1 en ligne). Une augmentation significative des paramètres de la fonction rénale, par exemple, même si ceux-ci restent dans l’intervalle de référence du laboratoire, peut être un signe précurseur de toxicité, de déshydratation ou de souffrance rénale. Les analyses de références devraient inclure un hémogramme complet et un panel biochimique couvrant les paramètres musculaires (créatine kinase, aspartate aminotransférase), rénaux (créatinine, urée) et hépatiques (gamma-glutamyl-transférase, aspartate aminotransférase, glutamate déshydrogénase), les protéines totales, les globulines et l’albumine, ainsi qu’une protéine d’inflammation comme la sérum amyloïde A (SAA) ou le fibrinogène et éventuellement la vitamine E. L’analyse dans un laboratoire de référence, où les appareils sont régulièrement contrôlés, nettoyés et calibrés, est préférable pour s’assurer de la précision et de la fiabilité des valeurs obtenues.

Test à l’effort adapté à la discipline

Objectifs

Selon les objectifs sportifs du cheval et les attentes du cavalier, un test à l’effort peut compléter les examens précédents. L’objectif est double :

- mettre en évidence une anomalie subclinique non détectable au repos mais susceptible de gêner le cheval à l’effort et d’entraver sa progression (asthme équin, douleur gastrique, douleur myo-arthro-squelettique, etc.) ou d’empirer avec l’entraînement et nécessitant des soins rapides et/ou une interruption de l’activité (tendinite débutante, par exemple) ;

- évaluer le niveau de condition physique du cheval en début de saison pour adapter son programme d’entraînement et suivre son évolution au cours de la saison.

Pour remplir ces objectifs, le test à l’effort doit être adapté à la discipline du cheval et reproduire le type d’effort que celui-ci va réaliser dans la suite de sa préparation. L’intensité de l’effort demandé devra de plus être adaptée à la fois au niveau de compétition du cheval (amateur/pro ; 100, 140 ; 1*, 4*, etc.) et à son niveau de condition physique au moment du test (arrêté depuis combien de temps, quel entraînement depuis la reprise, etc.). Plusieurs exemples de tests d’effort standardisés adaptés aux différentes disciplines sont décrits (tableau 1). Il convient d’ajuster ces modèles à chaque situation et surtout à l’objectif qui est ici d’obtenir des données dans le cadre d’un travail proche des habitudes du cheval (encadré 2, photos 3a à 3c).

Paramètres mesurés

L’observation visuelle du comportement du cheval au travail apporte de nombreuses informations, notamment sur l’expression de douleurs subcliniques. Récemment, Sue Dyson a proposé un éthogramme de la douleur, fondé sur les données d’éthologie mises en relation avec des douleurs myo-artho-squelettiques [6]. Bien que non spécifiques d’une affection en particulier, les expressions de douleur sont un indice d’inconfort du cheval et devraient inciter à réaliser des examens complémentaires afin d’en déterminer l’origine. Cette approche étant relativement nouvelle, de futures études devraient préciser la signification de ces signes de douleur dans les différentes situations. En effet, une étude récente n’a pas montré de lien entre le score de grimace et la présence d’ulcères gastriques [8].

La fréquence cardiaque à l’effort est un paramètre facilement mesurable grâce aux appareils connectés. Une fréquence anormalement élevée par rapport aux valeurs de référence peut indiquer une douleur ou une affection cardiaque, voire respiratoire (tableau 2 en ligne et figure 1). Mais elle peut également être due au stress, à des conditions de travail particulièrement éprouvantes (chaleur, humidité, terrain lourd, dénivelé), au surpoids du cheval ou à un manque d’entraînement. L’interprétation d’une fréquence cardiaque élevée doit donc se faire à la lumière de toutes les autres informations. L’enregistrement de la fréquence cardiaque en rapport avec le type d’effort demandé et la vitesse sert également de base au suivi du cheval à distance, le cas échéant. La réalisation d’un électrocardiogramme durant l’exercice lors de cette première visite permet de vérifier l’absence d’arythmies à l’effort, en particulier si des périodes de tachycardie sont observées durant le test. La vitesse, disponible sur la majorité des objets connectés, est un indicateur de l’intensité de l’effort demandé (avec la nature du sol et le dénivelé qui sont plus difficilement mesurables). À condition de réaliser les entraînements ultérieurs dans des conditions similaires de sol et de dénivelé, le couple fréquence cardiaque/vitesse permet d’évaluer l’évolution du cheval et sa réponse à l’entraînement.

La concentration sanguine de lactates apporte deux types d’information (encadré 3 en ligne, photo 4) :

- des valeurs anormalement hautes de lactates sanguins par rapport à l’intensité de l’effort demandé peuvent être un signe indirect de dysfonctionnement respiratoire (figure 2) [16, 18, 19] ;

- la concentration sanguine en lactates à l’exercice est aussi un indicateur de l’adaptation de l’organisme à l’effort : avec l’entraînement, l’organisme est capable d’augmenter la quantité d’oxygène délivrée aux muscles (développement du muscle cardiaque, augmentation de la concentration en hémoglobine dans le sang, capillarisation des muscles sollicités) et utilisée par celui-ci (augmentation du nombre et de la taille des mitochondries, concentration des enzymes). Ces adaptations retardent la saturation de la voie aérobie et le cheval est capable de maintenir une concentration en lactates basse à des vitesses plus élevées [4].

Examens complémentaires

Selon les anomalies détectées lors de la récolte de l’anamnèse, de l’examen clinique ou du test à l’effort, des examens complémentaires peuvent être indiqués (photos 5a à 5c).

Bilan et recommandations

L’examen initial aboutit à un état des lieux médical du cheval. Si des affections ont été détectées, le traitement est mis en place au plus vite afin de ne pas retarder la reprise de l’entraînement. À l’inverse, le cheval ne devrait pas être mis au travail intensif avant que les anomalies aient été réglées, sous peine de favoriser les complications (par exemple, une hémorragie pulmonaire induite par l’exercice consécutive à des déplacements dorsaux du voile du palais), les comportements de rétivité en cas de douleur (ulcères gastriques, etc.) ou les blessures. C’est pour cela qu’une visite initiale tôt dans la saison est préférable. De nombreuses affections du cheval de sport étant liées à son mode de vie, la mise en place d’un traitement médical seul ne résoudra pas ou seulement de façon temporaire le problème (encadré 4).

Visites ultérieures

Une visite de contrôle à la fin du traitement éventuel prescrit permet de vérifier la résolution de l’affection, ou à l’inverse de recommander la poursuite du traitement. Elle est également l’occasion d’évaluer les mesures mises en place dans l’écurie et d’apporter des éclaircissements si nécessaire. Une visite à mi-saison est généralement programmée afin de répéter tout ou une partie des examens réalisés lors de la visite initiale. À ce stade, le cheval a repris les compétitions, a souvent été transporté sur de longues distances et a été hébergé dans des conditions plus ou moins idéales qui peuvent avoir déclenché des affections respiratoires ou digestives, par exemple, qu’il convient de traiter en prévision de l’objectif final de la saison. La répétition du test à l’effort incluant la mesure de la fréquence cardiaque et des lactates est une façon objective d’évaluer la réponse du cheval à l’entraînement et de mettre en évidence toute baisse de la condition athlétique qui pourrait être secondaire à un processus pathologique débutant ou un syndrome de surentraînement (encadré 5).

UTILISATION DES OUTILS CONNECTÉS

Intérêt

Le développement récent d’outils de santé connectés pour les chevaux permet de suivre certains paramètres physiologiques durant les entraînements. Ces données peuvent être partagées entre le cavalier et le vétérinaire, y compris si celui-ci n’est pas présent pendant les entraînements. Ces outils ont un double objectif :

- le suivi régulier de la fréquence cardiaque sur des entraînements similaires permet de détecter une éventuelle augmentation anormale de ce paramètre qui, lorsqu’elle ne s’explique pas par un facteur extérieur (terrain lourd, temps chaud, excitation), peut être un signe précurseur de douleur, d’affection débutante (respiratoire, cardiaque, digestive, etc.) ou de surentraînement. Cette observation devrait motiver des examens complémentaires. Ce suivi peut généralement être délégué au cavalier qui signale tout changement inhabituel dans les enregistrements à son vétérinaire ;

- la comparaison des données de fréquence cardiaque et de vitesse pendant l’effort et en phase de récupération (par exemple, à 2 minutes ou à 5 minutes posteffort) sur un entraînement type permet d’objectiver l’évolution de la condition du cheval avec l’activité au cours de la saison. Pour être comparées, les données doivent être récoltées dans des conditions similaires (piste, dénivelé, cavalier, etc.) afin de limiter au minimum les facteurs de variation extérieurs. Ces données peuvent être utilisées par le vétérinaire, le cavalier lui-même ou son entraîneur pour suivre la réponse à l’entraînement et l’adapter. Cette analyse prend du temps et demande des connaissances spécifiques qui, pour le moment, sont essentiellement extrapolées des données en médecine sportive humaine.

Paramètres mesurables

Les paramètres mesurés sont variables d’un appareil à l’autre mais incluent en général la fréquence cardiaque, la vitesse et le dénivelé. Certains outils incluent en outre la cadence, la longueur de foulée et la symétrie des allures. Des études sont en cours chez les chevaux de concours complet pour juger de la pertinence de ces paramètres dans l’évaluation du niveau de forme du cheval et la détection précoce d’anomalies.

Importance de la validation scientifique

Les fabricants n’étant pas tenus de valider scientifiquement l’exactitude et la précision de leurs mesures avant la commercialisation, tous les appareils ne se valent pas et il est fréquent en pratique d’observer des valeurs aberrantes de fréquence cardiaque mesurée, particulièrement à allure rapide. Des appareils ont été scientifiquement validés pour la fréquence cardiaque à toutes les allures, y compris le galop allongé (tableau 3). La précision du GPS est également variable, certains appareils ayant un GPS incorporé et/ou un accéléromètre, d’autres utilisant le GPS du téléphone portable auquel l’appareil est connecté (généralement moins précis).

Suivi à l’entraînement

Après la réalisation d’un premier test à l’effort incluant vitesse, fréquence cardiaque et lactates en début de saison, les appareils connectés peuvent être utilisés par le cavalier lors des entraînements de fond consécutifs. Le vétérinaire peut alors avoir accès à distance aux données de vitesse et de fréquence cardiaque et contrôler leur évolution. Sur un exercice identique (terrain, météo), la fréquence cardiaque observée à une vitesse donnée devrait diminuer avec l’entraînement au cours de la saison. Si l’évolution des données ne correspond pas à cette évolution normale, un examen clinique associé à d’éventuels examens complémentaires est recommandé.

Suivi en compétition

L’utilisation des objets connectés est possible en compétition avec l’accord préalable du juge, à condition que le cavalier ne dispose pas d’un accès en temps réel aux données récoltées. L’enregistrement des valeurs de fréquence cardiaque et de vitesse fournit des informations précieuses sur l’intensité de l’effort demandé au cheval en compétition afin d’adapter au mieux l’entraînement. Une équipe allemande a par exemple pu enregistrer la fréquence cardiaque et la vitesse de chevaux de concours complet lors de compétitions nationales et internationales de niveau 2* à 5* au cours d’une saison. Elle a mis en évidence que lors de l’épreuve de cross 4*, la fréquence cardiaque des chevaux augmentait progressivement durant le parcours, et qu’elle était supérieure à 210 battements par minute pendant le dernier quart du parcours en moyenne. Les valeurs moyennes de lactates sanguins étaient encore supérieures à 10 mmol/l dix minutes après l’arrivée du cross de 4* et 5* [12].

CONCLUSION

Le suivi médical régulier du cheval de sport lui assure de se présenter à son objectif final de la saison au mieux de ses capacités physiques et mentales. Grâce aux examens cliniques réguliers, le vétérinaire connaît les particularités physiques, physiologiques et comportementales du cheval et peut détecter, en étroite collaboration avec les autres membres de l’équipe soignante, tout changement mineur dans son fonctionnement pouvant être un signe précoce d’atteinte pathologique, et le prendre en charge rapidement. Dans ce cadre, et en collaboration avec le cavalier et son entraîneur qui assurent la progression technique du cheval, le vétérinaire intègre l’équipe technique encadrant le cheval athlète afin de lui fournir toutes les chances d’atteindre les objectifs sportifs fixés. Les outils connectés, à condition d’être formé et de disposer du temps nécessaire, constituent un outil complémentaire intéressant pour le vétérinaire dans le suivi quotidien des chevaux, en permettant la détection précoce d’anomalies et le suivi de la progression du cheval à l’entraînement. Ils ne se substituent néanmoins pas à l’analyse globale de la santé du cheval assurée par le praticien.

  • (1) Voir la fiche « Les causes médicales de contre-performances chez le cheval de sport » dans ce numéro.

  • (2) Voir l’article « Surentraînement, douleur subclinique : intérêt des découvertes en éthologie dans le suivi du cheval de sport » dans ce numéro.

  • (3) Voir l’article « Prévention des maladies infectieuses chez le cheval de sport » dans ce numéro.

  • (4) Voir l’article « Le suivi locomoteur du cheval de sport de CSO » dans ce numéro.

Références

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Conflit d’intérêts

Aucun

ENCADRÉ 2
TESTS À L’EFFORT

Dans le cadre du suivi sportif, l’objectif du test à l’effort est d’évaluer la santé et l’état de forme du cheval sans perturber outre mesure son programme d’entraînement et sans le mettre dans une situation où il serait susceptible de se blesser. Le protocole doit pouvoir être répété au cours de la saison afin d’évaluer la progression du cheval. À l’inverse, dans le cadre de l’investigation d’une contre-performance, le vétérinaire tente de reproduire au maximum les conditions dans lesquelles le trouble apparaît (cavalier, harnachement, mors, obstacles, position de la tête, type de mouvement, etc.). Enfin, dans le cadre de protocoles de recherche, le tapis roulant est encore souvent utilisé pour standardiser au maximum les conditions d’exercice et comparer les chevaux entre eux. Le protocole est alors souvent éloigné du travail habituel du cheval (pas d’obstacles, vitesse ou inclinaison croissante, pas d’intervention du cavalier, etc.).

ENCADRÉ 4
TRAITEMENT ET PRÉVENTION

L’espèce équine s’est adaptée depuis des millions d’années à une vie en extérieur, en troupeau, à une alimentation majoritairement composée de fibres longues consommée durant la majorité du temps de veille, à des déplacements quasi constants sur de longues distances et à faible vitesse. Les systèmes respiratoire, digestif et musculosquelettique se sont “optimisés” pour ces conditions de vie. Or, la vie du cheval de sport, plus encore à haut niveau, est le plus souvent fort éloignée de ce mode de vie, ce qui peut être source de maladies. L’asthme équin est essentiellement provoqué par la poussière de foin ou de paille à laquelle le cheval est exposé, notamment lorsqu’il vit dans une écurie fermée et peu ventilée. Les ulcères gastriques sont la conséquence de multiples facteurs, dont une alimentation riche en sucres, une distribution intermittente et/ou insuffisante de fibres longues (foin, herbe), ou encore un stress provoqué par l’isolement des congénères ou une vie confinée en box. Ces facteurs devraient être analysés par le vétérinaire et corrigés autant que possible afin de favoriser la guérison et réduire le risque de récidives. Les corticoïdes et les bronchodilatateurs utilisés pour le traitement de l’asthme sont non seulement interdits en compétition, mais aussi délétères lorsqu’ils sont administrés sur de longues périodes. Ce dernier point est également vrai pour les inhibiteurs de la pompe à proton comme l’oméprazole chez l’humain et le chien (pas de donnée disponible chez le cheval).

ENCADRÉ 5
SURENTRAÎNEMENT

Lors d’un entraînement adapté, chaque séance d’exercice intense est suivie d’une phase de récupération. Durant celle-ci, les microdommages causés aux cellules et aux organes sont réparés au-delà de leurs capacités initiales (phénomène de surcompensation). À terme, cette alternance conduit à une augmentation de la performance physique. Lorsque les phases de récupération sont insuffisantes par rapport à la charge d’entraînement cumulée sur une longue période, le syndrome de surentraînement survient. Il se traduit chez l’humain par une stagnation ou une diminution des performances malgré l’entraînement, des changements d’humeur (fatigue, anxiété, irritabilité, perte de motivation) et un risque accru de maladies et de blessures [3]. Le diagnostic repose sur l’anamnèse (incluant un questionnaire sur le ressenti de l’athlète), l’exclusion d’autres affections et la réponse à une période de repos prolongée. Malgré les nombreux travaux de recherche, aucun test unique ne permet de diagnostiquer ce syndrome. Cela s’explique par la complexité de l’interaction des différents systèmes (hormonal, immunitaire, neurologique, digestif, etc.) dans l’organisme [3]. Chez les chevaux surentraînés, outre la baisse de performance objectivée sur tapis roulant, des changements de comportement, une perte d’état et des modifications des fonctions endocrines sont décrits [7, 20]. En revanche, aucune modification hémato-biochimique n’est rapportée [20]. Une augmentation des valeurs de la fréquence cardiaque et des lactates sanguins lors d’un test à l’effort répété à l’identique au cours d’une saison d’entraînement, en l’absence d’autre processus pathologique, peut être un indice de surentraînement [17].

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