Questionnements autour de la prise en charge d’une fièvre isolée par l’emploi de l’imidocarbe et des tétracyclines lors de suspicion d’une piroplasmose clinique - Pratique Vétérinaire Equine n° 0215 du 09/09/2022
Pratique Vétérinaire Equine n° 0215 du 09/09/2022

TRAITEMENT

DOSSIER

Auteur(s) : Isabelle DESJARDINS * ** *, Anne COUROUCÉ *, *****

Fonctions :
** Respe, 3 rue Nelson Mandela, 14280 Saint-Contest, France
**** VetAgro Sup, 1 rue Bourgelat, 69280 Marcy-l’Etoile, France
****** Cisco-Oniris, Route de Gachet, 44300 Nantes, France

L’usage de ces molécules doit être raisonné. L’imidocarbe est à réserver aux situations cliniques pour lesquelles un diagnostic de piroplasmose est établi ou lorsque cette maladie est fortement suspectée. En revanche, à l’heure actuelle, aucune preuve d’efficacité n’existe pour les tétracyclines, dans ce même contexte clinique.

En médecine équine, l’usage de l’imidocarbe et des tétracyclines pour la prise en charge thérapeutique du syndrome de fièvre isolée se développe depuis plusieurs années, particulièrement dans les pays où la piroplasmose et/ou l’anaplasmose sont endémiques. La piroplasmose est systématiquement incluse dans le diagnostic différentiel lors de fièvre isolée chez un équidé, car la plupart des pays européens sont des zones endémiques de la maladie [31, 43, 44]. Les signes cliniques de la piroplasmose sont variables et dépendent de la “charge infestante”, de l’état immunitaire de l’équidé et de sa “naïveté” vis-à-vis de l’infection, qui va d’une infection asymptomatique à une maladie mortelle [42-44]. Lors de piroplasmose aiguë à suraiguë, l’hyperthermie s’accompagne souvent (mais pas systématiquement) d’un ictère, d’une hémoglobinurie et d’œdèmes déclives [43]. Le tableau clinique est similaire lors d’anaplasmose [24]. Une infection virale aiguë peut aussi se présenter avec une hyperthermie comme unique symptôme. La piroplasmose chronique est, quant à elle, cliniquement impossible à distinguer d’une maladie inflammatoire chronique, avec des signes peu spécifiques également (dysorexie, perte de poids, baisse de forme). Dans ce contexte de symptômes peu distinctifs, de nombreux équidés sont traités en première intention avec une molécule piroplasmicide, en attendant les résultats de l’analyse sanguine.

Lors d’une demande d’examen pour un cheval qui présente une baisse de forme, dès la réception des résultats des analyses sérologiques et par polymerase chain reaction (PCR) visant à détecter la présence passée ou active d’agents pathogènes comme Borrelia burgdorferi, Leptospira spp., Anaplasma phagocytophilum, un traitement à l’imidocarbe et/ou aux tétracyclines est fréquemment mis en place, avec l’objectif de “traiter” ou de “stériliser” un cheval, même asymptomatique. Toutefois, ce type d’approche n’a aucune justification scientifique. Ces molécules doivent être utilisées avec précaution, parcimonie et à bon escient, du fait de leurs potentiels effets indésirables, mais aussi dans un souci de préserver leur activité antibiotique et/ou piroplasmicide. Cet article présente les différents questionnements autour de l’usage de l’imidocarbe et des tétracyclines dans le contexte d’une fièvre isolée et/ou d’une suspicion clinique de piroplasmose.

L’imidocarbe

L’imidocarbe possède-t-elle une AMM chez le cheval ?

L’imidocarbe est aujourd’hui la molécule de choix pour le traitement de la piroplasmose, car elle est considérée comme la plus efficace contre les hémoparasites (encadré 1). Elle fait partie de la famille des diamidines. L’imidocarbe (Carbesia®), qui disposait d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le cheval jusqu’en 2012, ne possède aujourd’hui qu’une AMM bovine et canine en France. Étant donné que c’est la seule molécule disponible sur le marché français pour le traitement de la piroplasmose équine, son utilisation est possible par le biais de la cascade thérapeutique.

Quel protocole choisir lors d’une suspicion de piroplasmose ?

Les pratiques et les objectifs de traitement dans les pays endémiques et non endémiques sont très différents. S’il est important d’éliminer complètement le parasite chez les chevaux dans les zones indemnes pour limiter la transmission de la maladie, dans les zones endémiques, il est courant de s’interroger sur le rapport bénéfice/risque avant d’entreprendre le traitement. En zone endémique, l’objectif thérapeutique est de limiter les signes cliniques et d’accélérer la guérison, alors qu’en zone “indemne” le traitement vise à l’élimination complète du parasite. Or celle-ci pourrait être considérée comme préjudiciable pour un équidé vivant dans une région endémique, car une protection immunitaire est supposée se développer lors de la persistance du parasite. Bien que le traitement puisse éradiquer Babesia caballi, il est difficile, voire impossible, d’éliminer complètement Theileria equi chez les chevaux infectés [19, 29, 43]. Le protocole thérapeutique contre B. caballi inclut deux injections d’imidocarbe dipropionate par voie intramusculaire, à la dose de 2,2 mg/kg à 24 heures d’intervalle [40]. Il permet à la fois une résolution des signes cliniques, de l’hyperthermie, et une “stérilisation” du cheval.

Le protocole thérapeutique contre T. equi le plus souvent utilisé comprend quatre injections d’imidocarbe dipropionate par voie intramusculaire, à raison de 4,4 mg/kg à 72 heures d’intervalle [40]. Theileria equi est résistant à la plupart des médicaments connus. La stérilisation semble difficile avec l’imidocarbe, en dépit d’efforts persistants et répétés. Plusieurs études ont échoué dans cette tentative [5, 10]. Les signes cliniques disparaissent grâce au traitement à l’imidocarbe, mais les animaux restent souvent porteurs, avec parfois une très faible parasitémie. Une étude menée par Grause et ses collaborateurs, utilisant quatre injections, est parvenue à la stérilisation complète de T. equi chez 5 des 6 chevaux infectés expérimentalement avec une même souche [14]. Une autre étude confirme, par résultat de PCR négative, l’élimination de T. equi chez 24 des 25 chevaux infectés naturellement. De plus, à la suite d’une transfusion de sang issu des animaux malades après le traitement piroplasmicide, la piroplasmose n’est pas transmise à des chevaux sains [39]. Wise et son équipe suggèrent des variantes à ce protocole contre T. equi [43, 44]. Une dose de 2,2 à 4,4 mg/kg par voie intramusculaire, administrée une seule fois, est généralement efficace pour la réduction des signes cliniques. Des doses plus faibles peuvent être répétées deux à trois fois toutes les 24 à 72 heures. À l’heure actuelle, il n’existe pas d’étude permettant de déterminer précisément quel protocole thérapeutique est le plus adapté pour un cas précis.

Lorsqu’un cheval présente une piroplasmose aiguë à suraiguë, accompagnée d’un syndrome hémolytique sévère, d’une réaction inflammatoire systémique et d’une défaillance multiorganique, un traitement intensif de support s’impose et inclut éventuellement une transfusion sanguine. Dans ce contexte, l’administration d’imidocarbe peut aggraver les complications hépatiques, rénales, et entraîner une mort rapide du cheval. Elle n’est donc à envisager que lorsque l’animal est stabilisé [2, 36].

Ainsi, le choix du protocole de traitement à l’imidocarbe est à raisonner en regard de la situation épidémiologique (zone endémique ou non), de la présentation clinique (animal symptomatique ou non), du piroplasme détecté par la PCR sanguine et de la tolérance au traitement d’après les effets indésirables observés.

Le traitement à l’imidocarbe peut-il échouer ?

L’échec du traitement pourrait se définir comme la persistance (ou la récurrence) de signes cliniques, notamment l’hyperthermie, 48 heures après sa mise en place. Dans ce cadre, le premier paramètre à considérer est le sous-dosage de l’imidocarbe, qui a pu être choisi dans l’hypothèse d’une infection à B. caballi et non à T. equi. Néanmoins, il convient de garder à l’esprit que des comorbidités sont parfois présentes, ou que l’origine de l’hyperthermie n’est pas forcément une piroplasmose. De même, il est assez fréquent d’observer une réaction inflammatoire au point d’injection à l’origine d’une hyperthermie ponctuelle, car l’injection intramusculaire d’imidocarbe est très irritante, ou une thrombophlébite consécutive à l’administration concomitante d’un antipyrétique par voie intraveineuse. Dans les cas aigus graves, la mort de l’animal est possible après l’administration d’imidocarbe, mais souvent en lien avec l’état clinique fortement dégradé, notamment en cas de déshydratation, d’altération de la perfusion organique, de syndrome de réaction inflammatoire systémique, en particulier si un traitement de support adapté n’a pas été administré concomitamment [32, 38].

La “virulence” de la souche de piroplasme peut, en outre, être un facteur de réduction de l’efficacité thérapeutique : dans une étude in vitro, deux isolats distincts de T. equi ont présenté une sensibilité différente au dipropionate d’imidocarbe, avec l’un près de quatre fois moins sensible que l’autre [15]. La co-infection de T. equi et B. caballi est rapportée, ainsi que celle de plusieurs génotypes de T. equi. Des génotypes d’une troisième souche de piroplasme ont été identifiés aux États-Unis et au Niger. Il s'agit de Theileria haneyi qui est pathogène chez le cheval [17]. Une étude récente a évalué les résultats sanguins obtenus par PCR nichée (technique qui réduit l'amplification non spécifique de la matrice d'ADN) avant et après un traitement à l’imidocarbe à la suite de l’infection expérimentale avec T. haneyi seul ou en co-infection avec T. equi. L’imidocarbe n’a pas réussi à éliminer T. haneyi, mettant en évidence le manque d’efficacité de ce traitement contre cet agent pathogène, ainsi que la diminution de l’efficacité contre T. equi lorsqu’il est associé à T. haneyi [35].

Quels sont les effets indésirables potentiels de l’imidocarbe ?

La toxicité de cette molécule a été évaluée chez les chevaux après deux injections intramusculaires quotidiennes de 2, 4, 8, 16 ou 32 mg/kg de dipropionate d’imidocarbe. La DL50 (dose létale pour la moitié d’un groupe d’animaux témoins) est de 16 mg/kg, la mort survenant au cours des 6 jours qui suivent la première injection. Une néphrotoxicose et une hépatotoxicose dose dépendantes ont été observées, et la mort a été attribuée à une nécrose tubulaire corticale rénale aiguë et à une nécrose hépatique périportale aiguë induites par les doses de 16 et 32 mg/kg [29].

Bien que le traitement soit relativement peu toxique à la posologie préconisée, comme l’imidocarbe a une action parasympathomimétique, certains effets indésirables peuvent survenir, tels qu’une hypersalivation, une sudation, une hypermotilité intestinale et des coliques, une diarrhée et une bronchoconstriction [29, 40, 43, 44]. Il convient d’être encore plus prudent pour le traitement des ânes et des mulets, particulièrement sensibles à la toxicité de l’imidocarbe, avec une mortalité rapportée dès 4 mg/kg. Ainsi, la dose maximale est de 2 mg/kg, la dose létale est plus basse que chez le cheval et les réactions toxiques plus fréquentes (signes nerveux centraux) [12, 44].

Les chevaux traités à l’imidocarbe doivent être suivis, car des complications urinaires ou hépatiques peuvent survenir. Une urémie transitoire, un rapport gamma-glutamyl transférase/créatinine urinaire augmenté, ainsi qu’une élévation des enzymes hépatiques et biliaires (GGT, Asat, GLDH, acides biliaires) sont parfois observés. Toutefois, cela se résout en général spontanément à l’arrêt du traitement [29]. Enfin, les réactions locales au site d’injection sont fréquentes et peuvent être très sévères, particulièrement au niveau de l’encolure (photo 1).

Comment minimiser les effets indésirables de l’imidocarbe ?

Pour prévenir les effets secondaires digestifs de l’imidocarbe, il est recommandé d’administrer au moins 15 minutes avant des anti-inflammatoires non stéroïdiens (flunixine) par voie intraveineuse, associés ou non à un antispasmodique (butylscopolamine, à la dose de 0,3 mg/kg par voie intraveineuse) [29]. Une étude montre également que le glycopyrrolate (à raison de 0,0025 mg/kg) permet de prévenir ces effets indésirables sans prolongation du temps de transit orocæcal ni réduction significative de la motilité du gros intestin [18].

Afin d’éviter les réactions locales, il est conseillé d’injecter la solution en plusieurs points intramusculaires distincts (pas plus de 10 ml par site), dans des masses musculaires volumineuses, faciles à drainer en cas de formation d’un abcès (muscles semi-tendineux et semi-membraneux de la fesse). Les injections d’imidocarbe dans l’encolure sont à éviter.

L’imidocarbe peut-il être utilisé en prévention ?

Bien que le résumé des caractéristiques du produit (RCP) mentionne l’intérêt préventif de l’imidocarbe chez les bovins et les chiens, il n’existe aucune preuve scientifique permettant d’attester que son usage préviendrait les réinfestations ou une maladie clinique. Des expériences in vitro montrent que l’exposition continue au dipropionate d’imidocarbe peut multiplier par quinze la diminution de la sensibilité initiale à l’imidocarbe du variant de T. equi. De plus, dans la même étude, 4 poneys infectés par T. equi n’ont pas réussi à se débarrasser de l’infection par la souche Florida de T. equi inoculée, malgré deux séries de traitement au dipropionate d’imidocarbe. La variation observée de la sensibilité au dipropionate d’imidocarbe, la réduction supplémentaire de la sensibilité due à l’exposition au médicament in vitro et l’échec de l’élimination de l’infection à T. equi in vivo font craindre l’émergence d’une résistance au médicament, contre-indiquant un usage préventif de cette molécule [15].

Les tétracyclines

Les tétracyclines sont des antibiotiques bactériostatiques de la classe des cyclines, à spectre assez étendu (Gram positif et dans une moindre mesure Gram négatif). Le mécanisme d’action est l’inhibition de la synthèse protéique bactérienne (liaison réversible aux récepteurs de la fraction ribosomale 30S, et blocage de la liaison de l’aminoacyl-ARNt au site correspondant du complexe ribosome-ARN messager). Les tétracyclines se concentrent dans la plupart des tissus, à l’exception du système nerveux central (encadré 2).

Les spécialités injectables utilisées chez les équidés sont à base d’oxytétracycline à 10 %. Bien que le dosage mentionné dans l’AMM soit de 5 à 10 mg/kg une fois par jour, dans ce contexte pathologique précis, une dose de 10 mg/kg par voie intraveineuse deux fois par jour est recommandée [8, 9]. La doxycycline, disponible en poudre pour voie orale, n’a pas d’AMM équine. L’absorption digestive est limitée. Des interférences sont possibles avec l’absorption digestive de molécules comme les antiacides ou des cations divalents qui chélatent les tétracyclines [8, 9].

Les tétracyclines possèdent une bonne activité contre certains agents pathogènes équins tels que Anaplasma sp, B. burgdorferri, Leptospira spp., Lawsonia intracellularis, Mycoplasma spp., etc. [8, 9]. Dans un contexte de fièvre isolée où une infection bactérienne est suspectée, l’usage de l’oxytétracycline en première ligne est une pratique courante. Elles demeurent les molécules de choix dans le traitement de l’anaplasmose, de la leptospirose et de la borréliose.

L’efficacité de l’oxytétracycline pour traiter les piroplasmoses est-elle prouvée ?

À l’instar d’autres antibiotiques comme l’enrofloxacine et le métronidazole, la doxycycline et la minocycline ont été évaluées en tant que molécules antiprotozoaires chez le chien atteint de babésiose, avec des niveaux d’efficacité variables, mais qui suggèrent qu’un effet thérapeutique est possible pour le traitement de la babésiose équine [3, 16, 22, 23, 26, 45]. Très peu de rapports de cas ou de recherches démontrent l’efficacité des tétracyclines en tant que piroplasmicides. Une diminution des signes cliniques, sans pour autant éliminer l’infection, est évoquée par Carbrey et ses collaborateurs en 1971 [6, 32]. Un rapport de cas décrit un succès thérapeutique chez un poulain nouveau-né atteint de babésiose, avec l’utilisation d’oxytétracycline combinée à l’imidocarbe une fois par jour pendant 2 jours consécutifs [4]. Une étude compare les effets thérapeutiques de l’oxytétracycline, de l’imidocarbe et du diminazène chez 105 chevaux, mais avec plusieurs limites et biais dans le protocole, ce qui rend peu interprétable l’hypothèse de l’efficacité des tétracyclines [27]. Enfin, un essai clinique, incluant des cas spontanés de piroplasmose clinique confirmée par PCR, décrit l’usage de l’oxytétracycline chez 4 chevaux : une résolution des symptômes est constatée chez 3 chevaux sur 4, le quatrième ayant dû être traité avec de l’imidocarbe [47]. Les auteurs suggèrent que ces chevaux auraient pu également être atteints d’anaplasmose vu la présentation clinique, et que l’usage de l’oxytétracycline en attendant les résultats de laboratoire était judicieuse [47]. Néanmoins, il n’est pas recommandé d’associer les tétracyclines à l’imidocarbe pour la prise en charge thérapeutique d’une suspicion de piroplasmose en raison des effets secondaires, mais aussi compte tenu d’un faible niveau de preuve scientifique permettant de confirmer ou d’infirmer l’efficacité des tétracyclines contre B. caballi et T. equi. Des études prospectives randomisées à grande échelle sont nécessaires pour étayer ces hypothèses. Enfin, le traitement d’une piroplasmose clinique par l’association imidocarbe-tétracyclines ne constitue pas une démarche antibioresponsable. L’usage de l’imidocarbe seul en première intention est la stratégie de choix.

Pourquoi le traitement empirique avec des tétracyclines aboutit parfois à une amélioration clinique ?

En médecine humaine, des effets anti-inflammatoires, antioxydants, immunomodulateurs, pro-anabolisants et anticatabolisants sont observés chez les personnes traitées avec des tétracyclines [28]. C’est peut-être le cas chez le cheval. Le mécanisme d’action exact qui sous-tend les activités non antibiotiques n’est pas encore totalement élucidé. L’inhibition des cytokines pro-inflammatoires (comme le TNF-α, l’IL-1β et l’IL-6), l’inhibition des enzymes pro-inflammatoires (telles que l’oxyde nitrique synthétase inductible et les métalloprotéinases matricielles), la régulation à la baisse de l’expression du complexe majeur d’histocompatibilité de classe II dans la microglie et les macrophages, la suppression de la prolifération et de l’activation des lymphocytes T et l’induction de cellules dendritiques sont autant d’hypothèses émises par les chercheurs [28]. Une étude chez le chien montre que l’administration prophylactique de doxycycline réduit la sévérité de l’ostéoarthrite canine dans le modèle de section du ligament croisé antérieur canin [46].

La liste des maladies chroniques humaines pour lesquelles l’usage des tétracyclines à dose non antibiotique est suggéré est longue : allergies, maladie périodontique, asthme, cancers, arthrite rhumatoïde, kératites, arthropathies, maladies cardio-vasculaires, neurodégénératives et traumatiques, etc. [11, 13, 28, 33, 37]. Chez l’humain, les dosages antibiotiques usuels de doxycycline peuvent exercer une pression de sélection, en altérant la microflore commensale normale et en augmentant le risque de résistance bactérienne. Cet “effet secondaire” n’a pas été détecté, même pendant un traitement à long terme, en utilisant de faibles doses (20 à 40 mg par jour), celles-ci étant suffisantes pour exercer une activité anti-inflammatoire sans altérer la sensibilité des bactéries aux antibiotiques [11]. Aucune étude n’a été conduite à l’heure actuelle dans l’espèce équine.

Quels sont les effets indésirables potentiels des tétracyclines chez le cheval ?

Les tétracyclines sont des molécules néphrotoxiques chez des animaux déshydratés, en hypovolémie, en pigmenturie, en toxémie ; la nécrose tubulaire rénale est dose dépendante [8, 9]. L’oxytétracycline par voie intraveineuse est irritante au site d’injection (nécrose musculaire et/ou phlébite, photo 2), l’utilisation d’un cathéter est donc préférable pour cette voie. Des cas de collapsus cardio-vasculaire sont rapportés, particulièrement lorsque l’injection est effectuée rapidement. Des cas de “mort sous la seringue” lors d’une administration intraveineuse d’oxytétracycline sont décrits, probablement liés à l’effet hypotenseur de l’excipient (le propylène glycol), voire à l’effet chélateur de calcium qui peut être à l’origine d’une augmentation du péristaltisme intestinal et de l’apparition fréquente de crottins ramollis, parfois de diarrhée profuse.

Une dysbiose intestinale et une entérocolite aiguë sont possibles, tant avec la voie intraveineuse qu’orale. Chez les équidés, des formes mortelles foudroyantes sont décrites. Même si la pratique est courante, l’administration orale de doxycycline ou intraveineuse d’oxytétracycline, non justifiée par une maladie bactérienne avérée et responsable du tableau clinique, reste fortement controversée [9, 41]. Les facteurs de risque identifiés d’entérocolite associée à l’usage de tétracyclines chez le cheval sont l’emploi concomitant d’autres antibiotiques ou un stress (chirurgie, transport, etc.).

Dans un contexte de fièvre isolée ou accompagnée de symptômes frustes et/ou non spécifiques, le praticien doit mettre en relation les aspects épidémiologiques, les risques encourus par le cheval si celui-ci n’est pas traité, les risques d’effets secondaires non négligeables, et interpréter avec prudence les résultats d’analyses d’infectiologie. Concrètement, pour un cheval présentant un simple examen sérologique positif pour Anaplasma phagocytophilum, Leptospira spp ou B. burgdorferi sans signes cliniques et sans qu’une séroconversion soit démontrée, le traitement par des tétracyclines n’est pas indiqué. En revanche, un résultat de PCR sanguine positif pour A. phagocytophilum peut justifier l’usage de ces antibiotiques, notamment dans le cas de signes cliniques associés à de la fièvre. Par ailleurs, les tétracyclines sont retrouvées dans le lait maternel, et s’accumulent dans les dents et l’os. La sécurité du produit n'a pas été évaluée chez les juments gestantes ou en lactation [8, 9].

L’apparition d’une antibiorésistance est-elle à craindre avec les tétracyclines ?

La résistance acquise aux tétracyclines est répandue. Elle survient grâce à un mécanisme plasmidique et via la production cytoplasmique d’une protéine qui protège le ribosome de l’action de la tétracycline [8, 9]. L’usage croissant des tétracyclines dans le cadre de suspicions cliniques non avérées d’anaplasmose, de leptospirose ou de borréliose est à l’origine d’une pression de sélection et contribue à augmenter l’antibiorésistance(1). L’antibioprévention pour ces maladies est inutile et inappropriée. Le rapport Résapath 2021 (Anses) mentionne un pourcentage de résistances non négligeable concernant des souches d’E. coli, de Streptococcus spp. et de Staphylococcus aureus pour les tétracyclines. En Europe, des études rétrospectives sur l’usage des antibiotiques chez les chevaux confirment également l’augmentation des profils de résistance aux tétracyclines pour plusieurs agents pathogènes [1, 7, 20 , 25, 34].

Conclusion

L’usage de l’imidocarbe et des tétracyclines lors de fièvre isolée ou accompagnée de signes frustes et peu discriminants doit être raisonné. La prise en compte de l’historique de l’animal, l’analyse de la courbe de température, la réponse aux antipyrétiques, la nature des signes cliniques apparus ultérieurement, le degré de contagion éventuel et le choix judicieux des examens complémentaires, y compris en infectiologie, augmentent la pertinence du raisonnement clinique. Le traitement antibiotique est réservé aux formes cliniques avérées. Le praticien doit évaluer le rapport bénéfice/risque d’instituer une telle thérapeutique. L’information du propriétaire des dangers potentiels du traitement est indispensable. Si l’emploi d’imidocarbe et/ou de tétracyclines se révèle nécessaire, les effets indésirables peuvent être limités, dans la plupart des cas, par le traitement de support concomitant.

Encadré 1

Pharmacocinétique de l’imidocarbe

L’imidocarbe, après une injection intramusculaire stricte, est absorbée au cours des 10 minutes qui suivent, atteignant rapidement un plateau à sa concentration plasmatique maximale. Ce plateau, maintenu pendant 2 heures, décroît ensuite rapidement puis plus lentement au cours des 10 à 12 heures suivantes. Ainsi, 12 heures après l’injection initiale d’imidocarbe, la molécule n’est plus détectable dans le plasma. En revanche, elle l’est dans l’urine moins de 3 heures après l’injection et reste détectable à des concentrations élevées plus de 36 heures plus tard. Elle est détectable dans les fèces de 30 minutes à 3 heures postinjection et reste détectable jusqu’à 10 jours postadministration. L’imidocarbe a également été détectée dans le lait de juments 2 heures après l’injection [4]. Elle traverse en outre la barrière placentaire et est retrouvée dans le sang fœtal à des concentrations équivalentes à celles du sang de la mère [21].

Encadré 2

Pharmacocinétique des tétracyclines

L’absorption, la distribution et l’élimination des tétracyclines dépendent de plusieurs facteurs (poids moléculaire, liaison aux protéines plasmatiques, acidité des milieux biologiques, exposition aux cations multivalents). La dissolution dans les fluides gastriques est l’étape critique de l’absorption des formes orales solides de tétracyclines. La doxycycline administrée par voie orale a une biodisponibilité limitée. L’absorption digestive des tétracyclines est altérée par les antiacides contenant des sels d’aluminium ou autres cations multivalents, par les préparations contenant du fer et par le sous-salicylate de bismuth. La distribution des tétracyclines est la plus élevée dans les organes richement perfusés ; elles traversent le placenta, et sont sécrétées dans le lait. En revanche, elles traversent difficilement la barrière hématoméningée. La liaison des tétracyclines à l’albumine sérique est plus élevée pour la doxycycline que pour l’oxytétracycline. Les tétracyclines sont excrétées par la filtration glomérulaire, par la sécrétion biliaire et par l’excrétion intestinale. Elles subissent une circulation entéro-hépatique, une grande partie du médicament excrété dans la bile étant réabsorbée dans l'intestin. Une altération de la fonction rénale peut augmenter leur demi-vie [9].

Résumé/Summary

L’imidocarbe et les tétracyclines sont de plus en plus employées pour la prise en charge thérapeutique du syndrome de fièvre isolée. Les tétracyclines demeurent les molécules antibiotiques de choix dans le traitement de l’anaplasmose, de la leptospirose, de la borréliose. Néanmoins, l’état clinique du cheval et une confirmation par des analyses d’infectiologie doivent justifier ce traitement. Dans de nombreux cas, sa mise en place peut attendre les résultats des analyses, pour confirmer la décision thérapeutique. Un effet clinique général bénéfique des tétracyclines est souvent rapporté et, malgré un niveau de preuves scientifiques faible, généralement évalué comme un succès thérapeutique. L’imidocarbe et les tétracyclines administrées par voie systémique peuvent occasionner des effets indésirables parfois mortels. De plus, l’émergence de résistances des bactéries aux tétracyclines et la moindre sensibilité des piroplasmes à l’imidocarbe doivent conduire à un usage raisonné de ces molécules.

Issues concerning management of isolated fever using imidocarb and tetracyclines in suspected clinical piroplasmosis

Imidocarb and tetracyclines are increasingly used in the therapeutic management of fever of unknown origin. Tetracyclines remain the antibiotic of choice for the treatment of anaplasmosis, leptospirosis and borreliosis. Treatment should be justified according to the clinical condition of the horse and confirmed by infectious disease tests. In many cases, treatment is initiated while waiting for the test results to confirm the treatment decision. Despite a low level of scientific evidence, general beneficial clinical effect of tetracyclines is sporadically reported and generally evaluated as a therapeutic success. Systemic imidocarb and tetracyclines can sometimes cause fatal adverse effects. Rational use of these drugs is mandatory with the emergence of bacterial resistance to tetracyclines, and the reduced sensitivity of some strains of piroplasms to imidocarb.

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