Les affections du pied traitées chirurgicalement - Pratique Vétérinaire Equine n° 210 du 01/04/2021
Pratique Vétérinaire Equine n° 210 du 01/04/2021

Edito

Auteur(s) : Hervé Brünisholz

Le vieil adage bien connu, « pas de pied, pas de cheval », est toujours d’actualité. En effet, les pieds constituent une partie anatomique fondamentale pour le cheval. Depuis longtemps, le pied et plus particulièrement sa partie “émergée”, le sabot, ont été au centre des préoccupations des soigneurs, des hippiatres, des maréchaux-ferrants, puis plus tard des vétérinaires. Au cours de son évolution, le cheval n’a cessé d’améliorer son aptitude à la course : ses membres se sont allongés et ses pieds simplifiés, jusqu’à ne conserver que le strict nécessaire. Devenu un animal monodactyle, l’instinct de fuite, toujours plus vite, toujours plus loin, a prédominé dans son comportement. Ensuite, avec la domestication par l’homme de ce noble animal, ses qualités naturelles ont été recherchées et mises en avant par les systèmes de sélection et d’élevage. Le cheval est devenu plus performant, plus grand, plus fort, mais aussi plus lourd. Même si le sabot est parfaitement adapté à la course, il reste son réel talon d’Achille. La moindre petite atteinte à ses structures externes aussi bien qu’internes peut enrayer, voire arrêter complètement “la machine”.

Dès lors, ce n’est pas étonnant que la plupart des troubles de la locomotion observés chez le cheval trouvent leur origine dans le pied. Toutefois, il n’y a rien de nouveau. Toutes les affections localisées dans le pied du cheval étaient présentes aux prémices de la médecine vétérinaire, et sans aucun doute bien avant déjà. En revanche, nos connaissances se sont considérablement étoffées grâce à l’avancée de la science en général et des nouvelles technologies en particulier. L’introduction progressive du scanner et de l’imagerie par résonance magnétique a énormément contribué à documenter les diverses atteintes qui peuvent affecter le pied du cheval.

Ce dossier de Pratique vétérinaire équine fait la part belle à trois types de lésions localisées dans le pied (le kératome, les fractures de la troisième phalange et le clou de rue), mais aborde également les modalités d’imagerie diagnostique permettant une représentation tridimensionnelle. Ces outils, devenus pratiquement indispensables pour établir un diagnostic précis, sont aussi d’une grande utilité pour le praticien au moment de planifier les interventions chirurgicales. Grâce à la 3D, la chirurgie du pied est désormais plus précise et moins invasive, et le pronostic s’en trouve amélioré. Toutefois, la prudence et la modestie restent de mise. Le pied du cheval est une structure complexe, qui peut rapidement se déséquilibrer. Les complications relatives aux interventions sont fréquentes, même si elles sont exécutées avec la plus grande attention, et nécessitent souvent une longue période de convalescence. Si l’animal ne peut charger correctement son pied endolori, ce sont les autres pieds qui risquent d’en faire les frais et, comme le dit l’adage, « pas de pied, pas de cheval ».

Bonne lecture !

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