Prise en charge des principales infections bactériennes chez le cheval - Pratique Vétérinaire Equine n° 208 du 01/10/2020
Pratique Vétérinaire Equine n° 208 du 01/10/2020

Maladies infectieuses

Dossier

Lutte contre l’antibiorésistance

Auteur(s) : Albertine Léon*, Pierre-Hugues Pitel**

Fonctions :
*Labéo
1, route de Rosel
14280 Saint-Contest
**Université de Caen-Normandie (UniCaen),
U2RM
1, esplanade de la Paix
14000 Caen
***Labéo
1, route de Rosel
14280 Saint-Contest

L’identification de la bactérie responsable d’une infection est un préalable au traitement. Une antibiothérapie n’est pas toujours préconisée, un antibiogramme est recommandé lorsque celle-ci se révèle nécessaire.

Les bactéries composent naturellement le microbiote du cheval. À la faveur d’un stress ou d’une contamination extérieure (air, sol, cheval contact, etc.), certaines bactéries vont se multiplier de façon importante et conduire à une infection bactérienne (encadré 1 et figure). Elles sont classées selon le site atteint en infections respiratoires, digestives, génitales et cutanées(1). Les principaux signes cliniques d’une infection bactérienne sont une hyperthermie, une douleur et la présence d’un œdème, auxquels s’ajoutent d’éventuels autres symptômes plus ou moins spécifiques(2).

Les infections respiratoires

Les infections respiratoires sont caractérisées par de la fièvre, un jetage nasal et de la toux. Dans la sphère respiratoire, pour distinguer les microorganismes commensaux ou contaminants des agents pathogènes, le dénombrement des bactéries isolées est important. En effet, si une bactérie est retrouvée à une concentration supérieure à 10 000 UFC/ml, sa présence est considérée comme significative. Cependant, audelà de trois microorganismes (≥ à 10 000 UFC/ml), le prélèvement doit être considéré comme contaminé. Plusieurs agents sont considérés comme pathogènes dans les liquides respiratoires (encadré 2). La gourme et la rhodococcose constituent les deux maladies bactériennes contagieuses majeures des voies respiratoires équines.

Gourme

La gourme, une infection bactérienne des voies respiratoires supérieures, est due à la bactérie Streptococcus equi sbsp. equi. Elle se transmet par contact direct avec des sécrétions nasales, oculaires ou provenant de nœuds lymphatiques abcédés, voire indirectement par contact avec un milieu (écurie, pâturage, eau de boisson, etc.) ou du matériel (seaux, brosses, etc.) contaminés. La forme classique de la gourme se caractérise par une hyperthermie, un jetage mucopurulent et des abcès, le plus fréquemment localisés au niveau des nœuds lymphatiques rétropharyngiens et mandibulaires (photo 1). Des formes plus graves peuvent conduire à la mort de l’animal, notamment par étranglement. Les bactéries impliquées peuvent ensuite persister dans les poches gutturales, notamment sous la forme d’amas solides aussi appelés chondroïdes, et conduire à un portage asymptomatique, associé à une excrétion intermittente qui constitue le facteur de risque épidémiologique majeur de la gourme [3, 16]. L’administration d’antibiotiques à un stade précoce de la maladie n’est pas conseillée. Elle peut inhiber le développement d’une immunité protectrice qui peut durer jusqu’à 5 ans. Aucune résistance aux antibiotiques n’ayant encore été décrite pour les souches de S. equi, la pénicilline reste l’agent antimicrobien de choix à utiliser lorsque cela est nécessaire [3]. Même si un vaccin est actuellement commercialisé en France contre la gourme, l’immunité induite est de faible durée (plusieurs rappels nécessaires) et les effets secondaires engendrés sont nombreux. La prévention reste donc le moyen le plus efficace pour lutter contre cette affection. Celleci passe notamment par un choix approprié des prélèvements (lavage de poches gutturales) associé au test diagnostique pertinent (recherche de S. equi par polymerase chain reaction, PCR) et par une gestion optimale des foyers en séparant les chevaux sains des malades et de ceux ayant été en contact [7, 16].

Bronchopneumonie à Rhodococcus equi

La bronchopneumonie à Rhodococcus equi est une infection pulmonaire qui affecte surtout les poulains de moins de 6 mois [12]. La contamination des poulains se fait à partir du sol, des crottins ou des poussières par l’inhalation ou l’ingestion de R. equi. La maladie peut se présenter sous la forme d’une pneumonie aiguë, entraînant une détresse respiratoire et la mort en quelques jours, ou à l’inverse se développer sans signe clinique apparent, les lésions pulmonaires étant alors découvertes à l’autopsie. L’animal infecté présente une hyperthermie, un jetage nasal et des difficultés respiratoires. L’auscultation révèle une atteinte profonde de l’appareil respiratoire qui prend, à terme, la forme d’abcès visibles à l’examen radiographique, échographique, ou lors de l’autopsie (photo 2). Le diagnostic définitif repose sur la culture bactériologique et l’amplification du gène VapA par PCR (mise en évidence du plasmide de virulence), à partir du lavage trachéal pratiqué chez un poulain présentant les signes cliniques d’une affection des voies respiratoires profondes associés à l’observation cytologique d’une inflammation septique des voies respiratoires ou à un examen radiographique ou échographique évocateur d’une bronchopneumonie [11]. L’association de la rifampicine et d’un macrolide (azithromycine) constitue le traitement de choix. L’utilisation de la rifampicine(3) (également indiquée pour le traitement de la tuberculose chez l’homme) doit se faire de façon raisonnée [24]. Dans un élevage, l’effet conjugué des facteurs de risque (taille, densité, climat, caractéristiques du sol et de l’air, gestion des crottins et virulence des souches) peut aboutir à une véritable contamination de masse. La stratégie vaccinale contre R. equi est compliquée par la nature intracellulaire de la bactérie et aucun vaccin n’a encore prouvé son efficacité totale face à la rhodococcose. La préparation d’autovaccins à partir de souches retrouvées dans les prélèvements analysés (et après une confirmation de la présence du gène VapA) est aujourd’hui une solution alternative à l’absence d’un vaccin commercialisé [23].

Les infections digestives

Les infections digestives sont principalement caractérisées par une diarrhée (encadré 3). C’est pourquoi la recherche des agents responsables est réalisée par coproculture. Elle est parfois complexe à interpréter en raison de la présence d’une flore bactérienne commensale.

Escherichia coli est une bactérie normalement présente dans la flore digestive. Dans des conditions d’infection, elle sécrète des toxines qu’il est important de typer (par PCR), puis un antibiogramme est réalisé uniquement sur les souches pathogènes pour mettre en place une antibiothérapie adaptée (tableau).

Les affections digestives dépendent de l’âge des chevaux. Ainsi, chez l’adulte, les salmonelloses et les clostridioses demeurent les causes les plus fréquentes de diarrhée, alors que les poulains sont plus souvent infectés par Lawsonia intracellularis ou R. equi (la forme intestinale de la rhodococcose, souvent à l’origine d’abcès abdominaux, survient moins brutalement que la forme respiratoire).

Salmonellose

La salmonellose est une maladie zoonotique dont l’agent pathogène responsable est Salmonella spp. Typhimurium et Enteritidis sont les sérotypes de Salmonella enterica les plus souvent isolés chez le cheval. La contamination se fait par voie orofécale. Les facteurs prédisposants sont l’âge, le stress, le transport, le changement d’alimentation, et les traitements antibiotiques qui modifient la flore digestive. Quatre formes cliniques sont généralement décrites :

– une forme asymptomatique ;

– un syndrome fébrile avec dépression, anorexie, mais sans diarrhée ;

– une entérocolite toxique avec une diarrhée profuse et aqueuse, de la fièvre, une dépression sévère, de l’anorexie, des douleurs abdominales, et une éventuelle bactériémie ;

– une forme septicémique avec fièvre, dépression et anorexie, dont l’issue est souvent fatale.

Le diagnostic repose sur la recherche des salmonelles par culture sur les matières fécales (plus rarement à partir d’une biopsie rectale). Pour augmenter la sensibilité de cette méthode, il est recommandé de réaliser des coprocultures sur trois prélèvements espacés de 24 heures. L’utilisation d’antibiotiques pour le traitement de la salmonellose est controversée, car elle implique également un déséquilibre de la flore intestinale normale. Elle doit donc être limitée aux adultes présentant un risque de septicémie (neutropénie sévère ou fièvre persistante), ainsi qu’aux poulains nouveaunés en raison du risque de bactériémie. Certaines souches de salmonelles étant multirésistantes, il convient de s’appuyer sur les résultats de l’antibiogramme pour le choix de l’antibiotique. La prévention chez les chevaux se fonde sur une réduction de leur exposition à cette bactérie : stockage de la nourriture à l’abri de la contamination par des fèces de rongeurs ou d’oiseaux, isolement de tout animal infecté, nettoyage et désinfection des locaux et du matériel en contact avec les animaux malades, etc. [19, 20].

Clostridioses intestinales

Les clostridioses intestinales sont induites par les bactéries du genre Clostridium (encadré 4). Ces bactéries anaérobies font partie de la microflore intestinale du cheval, mais certaines espèces comme Clostridium perfringens et Clostridium difficile sont potentiellement entéropathogènes. Elles peuvent sporuler dans certaines conditions “hostiles” et produire des toxines à l’origine de la maladie.

Pour C. difficile, le mode de contamination est l’ingestion de la forme sporulée de la bactérie à partir de fèces contaminées ou de l’environnement (voie orofécale). L’infection apparaît lors de la multiplication des bactéries dans l’intestin avec une production de toxines (A et/ ou B). Le diagnostic repose sur la mise en évidence de la bactérie et de ses toxines dans les fèces, par la biologie moléculaire et/ou les tests immunoenzymatiques [10].

C. perfringens est ubiquitaire et reconnu comme un possible agent responsable des entérites chez les chevaux de tous âges. Il est peu présent dans l’intestin des adultes, mais se multiplie à l’occasion d’un déséquilibre de la flore (stress, changement d’alimentation, antibiothérapie, infections intercurrentes). Il est difficile de savoir si sa prolifération est la cause de l’entérite ou si elle en est la conséquence. Différentes toxines peuvent être produites par cette bactérie, à l’origine de lésions du tractus digestif, voire d’entérotoxémie (passage des toxines dans le sang) (photo 3). L’infection varie de modérée à sévère, voire mortelle (entérocolite nécrohémorragique fatale). L’animal présente généralement une diarrhée, des coliques, une hyperthermie et une anorexie. Parfois, la mort survient avant même l’apparition de la diarrhée. Le diagnostic repose sur une recherche de toxines par PCR. Le traitement symptomatique est primordial (réhydratation par perfusion, notamment). Les avis sont partagés sur la nécessité ou pas d’un traitement antibiotique, à réaliser selon le contexte clinique et de manière raisonnée.

Lawsonia intracellularis

L. intracellularis, une bactérie intracellulaire obligatoire, est responsable d’une entérite proliférative chez le poulain. Cette infection se manifeste par un amaigrissement, un œdème ventral, un gonflement abdominal et éventuellement une hyperthermie et des diarrhées, le plus souvent au moment du sevrage. Bien que de répartition mondiale, la prévalence de cette maladie est faible. Son diagnostic repose sur la détection directe de la bactérie, le plus souvent par PCR, associée à un examen échographique permettant de mettre en évidence un épaississement anormal de la muqueuse intestinale. La pathogénie exacte de cette infection est encore mal connue. Elle doit cependant être prise en compte dans le diagnostic différentiel des diarrhées du poulain [6, 13].

Les infections génitales

Les infections génitales se manifestent par des sécrétions anormales et conduisent à une réduction temporaire de la fertilité. Les principales bactéries responsables sont souvent sexuellement transmissibles lors du coït ou de l’insémination artificielle (encadré 5). Elles sont retrouvées dans le sperme ou transmises lors des manipulations indispensables à cette technique de reproduction.

Taylorella equigenitalis

Taylorella equigenitalis est l’agent responsable de la métrite contagieuse équine. Elle est classée comme danger sanitaire de deuxième catégorie à déclaration obligatoire [9, 21]. Face à un cas positif, la conduite à tenir est réglementée uniquement pour les races pursang, trotteur français et autres que pur-sang [2]. La métrite contagieuse équine est présente dans toutes les régions du monde, avec une incidence assez faible en France depuis quelques années, bien que des cas soient répertoriés tous les ans. L’étalon est un porteur asymptomatique, tandis que chez la jument, des pertes vulvaires grises ou blanchâtres sont observées au cours des 2 jours qui suivent la saillie infectante. Les sites de prélèvement sont la fosse urétrale, le fourreau, l’urètre et le sperme chez l’étalon, le sinus et la fosse clitoridienne, ainsi que le col utérin chez la jument (photo 4). L’identification directe de la bactérie par culture, par immunofluorescence ou par PCR doit être réalisée par une structure agréée et selon des techniques fixées par le laboratoire de référence (Anses Dozulé). Un traitement antibiotique (pommade à la gentamicine) est préconisé pour les chevaux chez lesquels la bactérie a été mise en évidence, car sinon ils peuvent rester porteurs de la bactérie. Une désinfection des parties infectées avec un antiseptique tel que la chlorhexidine ou la povidone iodée est également nécessaire. Avant la mise à la reproduction des animaux contaminés, les nouveaux tests réalisés doivent revenir négatifs.

Klebsiella pneumoniae et Pseudomonas aeruginosa

Klebsiella pneumoniae et Pseudomonas aeruginosa, deux autres bactéries transmises lors du coït ou de l’insémination artificielle, se développent à la suite de l’utilisation abusive de produits nettoyants, par exemple, qui déséquilibrent la flore de la vulve chez la jument et du pénis chez l’étalon. Une jument saillie ou inséminée par un étalon porteur présente ensuite une endométrite qui va empêcher le bon développement de l’embryon. Le portage chronique est également suspecté chez certaines juments au niveau du clitoris. Ces bactéries sont identifiées par une culture et la réalisation d’un antibiogramme permet un traitement ciblé. Concernant K. pneumoniae, il est décrit que seuls les types capsulaires K1, K2 et K5 sont sexuellement transmissibles. Ce typage par PCR est à réaliser avant tout traitement antibiotique. Des lavages et des instillations avec un antiseptique sont à mettre en place en première intention, l’administration d’antibiotiques étant envisagée en seconde intention, tant chez l’étalon que chez la jument.

Principaux agents abortifs

Streptococcus equi sbsp. zooepidemicus est l’agent abortif bactérien majeur (photo 5). D’autres agents, décrits comme abortifs en médecine humaine, ont été retrouvés dans des cas sporadiques d’avortement chez la jument : Neospora caninum, des leptospires, Coxiella burnetii et Chlamydophila abortus [14, 15, 17, 18].

Les infections cutanées

Les infections cutanées sont difficiles à diagnostiquer dans la mesure où la peau contient une abondance de bactéries commensales. Parmi les bactéries impliquées dans ces infections, Staphylococcus aureus et Dermatophilus congolensis sont des agents majeurs (encadré 6).

Staphylococcus aureus

Les staphylocoques sont des bactéries présentes naturellement dans la flore cutanéomuqueuse du cheval. S. aureus est l’espèce isolée dans la majorité des infections à staphylocoques, souvent localisées au niveau des tissus ou des muqueuses en contact avec le milieu extérieur. La maladie peut être due à l’inoculation de bactéries à la suite d’une lésion cutanéomuqueuse (blessure, acte chirurgical, infection, pose de cathéter). S. aureus a une capacité d’adhérence importante, notamment sur les supports inertes par la formation d’un biofilm. Certaines souches isolées présentent de hauts niveaux de résistance simultanés à plusieurs familles d’antibiotiques (bactéries multirésistantes, ou BMR). Lorsque la barrière cutanéomuqueuse est lésée ou que les défenses de l’hôte sont amoindries, les staphylocoques provoquent des infections cutanées, mais aussi génitales, osseuses, viscérales, voire des septicémies (photo 6). Leur gravité est liée à la sévérité des symptômes et à l’absence d’antibiotique efficace (BMR). La résistance la plus connue reste celle à la méthicilline (S. aureus résistant à la méthicilline, ou Sarm).

Le diagnostic de Sarm passe par la mise en évidence des souches de staphylocoques via une culture à partir d’un liquide biologique, d’une biopsie ou d’un écouvillonnage (selon le type d’affection), par la détermination du profil de résistance aux antibiotiques des souches ainsi isolées (la résistance à la méthicilline peut être déterminée par la résistance de la souche isolée à l’oxacilline et à la céfoxitine), et par la détection des gènes mecA et mecC à l’aide de la biologie moléculaire.

Le traitement des infections à staphylocoques dépend de la localisation et de la sévérité de l’affection. La prévention passe par des mesures d’hygiène strictes. Lorsque cellesci ne sont pas respectées, les staphylocoques provoquent de véritables infections épidémiques.

Dermatophilus congolensis

La dermatophilose à Dermatophilus congolensis survient en hiver et par temps humide. La région affectée est dépilée, enflammée et suintante, avec la formation de croûtes. Les lésions sont douloureuses [4]. Le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence de la bactérie à l’examen cytologique (aspect typique en “rails de chemin de fer”). La prise en charge de cette infection repose avant tout sur des mesures visant à réduire l’humidité présente dans l’environnement de l’animal. Les soins locaux comprennent une désinfection de la zone atteinte, notamment avec des shampoings antiseptiques, et l’application d’une pommade grasse après un séchage rigoureux. La dermatophilose se guérit ainsi dans 90 % des cas, mais dans les autres situations, il est nécessaire de mettre en place un traitement antibiotique par voie générale à base de triméthoprimesulfaméthoxypyridazine ou de pénicilline.

Les infections bactériennes zoonotiques

Deux infections bactériennes équines sont potentiellement zoonotiques et à déclaration obligatoire, la morve et la brucellose. Elles sont très rares en France.

La morve est une maladie hautement contagieuse, due à la bactérie Burkholderia mallei, et transmissible à l’homme [22]. La brucellose est due à des bactéries de différents biovars appartenant au genre Brucella, notamment B. abortus. Elle peut être à l’origine d’avortements.

Conclusion

Une bonne connaissance des infections bactériennes qui peuvent atteindre le cheval permet de réaliser des prélèvements appropriés et de choisir les examens de laboratoire adaptés (notamment de mise en évidence de la bactérie par des méthodes directes ou indirectes). Une fois la bactérie responsable isolée et identifiée, un antibiogramme permet de déterminer in vitro sa sensibilité aux antibiotiques, afin d’entreprendre ou d’ajuster une antibiothérapie ciblée.

  • (1) Les autres infections (ostéo-articulaires, urinaires, etc.) ne sont pas abordées dans cet article.

  • (2) Voir sur le site internet Avef antibio les recommandations de bon usage des antibiotiques chez le cheval https://www.avefantibio.com/recommandations-avef

  • (3) Antibiotique critique dont l’usage en médecine vétérinaire est autorisé parce qu’il appartient à la liste des substances essentielles aux équidés et dans la seule indication de rhodococcose.

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CONFLIT D’INTÉRÊTS : AUCUN

Éléments à retenir

→ Une bonne connaissance des infections bactériennes permet de réaliser un ou des prélèvements appropriés et des examens de laboratoire adaptés, afin d’entreprendre ou d’ajuster un traitement antibiotique ciblé.

→ Avant de conclure à une infection bactérienne, la flore résidente physiologique d’un compartiment biologique (nez, sphère génitale, digestive, etc.) doit faire partie des éléments modérateurs.

→ Les facteurs favorisants les infections bactériennes sont l’âge, le stress, le transport, le climat, le changement d’alimentation et, paradoxalement, même les traitements antibiotiques.

ENCADRÉ 1 : L’EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE

Lors d’un examen bactériologique, il est important de déterminer si la bactérie isolée est responsable de l’infection, ou s’il s’agit d’une contamination ou d’une bactérie commensale. Pour qu’un examen bactériologique soit interprétable, les prélèvements adaptés à l’affection doivent être effectués dans des conditions d’asepsie optimales, avant tout traitement antibiotique et acheminés au laboratoire dans un contenant stérile et sous couvert du froid dans les 24 à 48 heures après leur réalisation.

Le diagnostic d’une infection bactérienne peut être établi par :

– des méthodes indirectes, essentiellement via des techniques de sérodiagnostic ;

– des méthodes directes, par la mise en évidence de la bactérie (examen sous microscope, isolement sur gélose, etc.), de ses antigènes (technique d’immunofluorescence) ou de fragments de son génome (biologie moléculaire).

La mise en culture est effectuée par isolement direct, après l’étalement du prélèvement sur des milieux sélectifs ou non, selon l’agent pathogène recherché et la nature de l’échantillon. Parfois, des bouillons d’enrichissement se révèlent nécessaires, parce que la culture de la bactérie recherchée est difficile ou que cette dernière est en très faible quantité.

L’identification est effectuée à partir d’une culture pure de bactérie. La durée de cette étape est aujourd’hui considérablement réduite grâce à l’utilisation d’un instrument, le Maldi-TOF (matrix-assisted laser desorption/ ionization-time of flight), qui permet de comparer le profil protéique obtenu à ceux disponibles dans une base de données, en quelques minutes, et identifie la “signature” d’une bactérie donnée. Cet outil, mis au point pour la médecine humaine, nécessite néanmoins des incrémentations de profils spécifiques aux espèces bactériennes observées en médecine vétérinaire. En l’absence de tels profils, les tests biochimiques et/ou morphologiques classiques sont toujours utilisés.

La souche pure sert également à réaliser l’antibiogramme, afin de cibler l’antibiothérapie. Elle est ensuite conservée pour des analyses complémentaires (réalisation d’autovaccin, etc.) ou des études de type épidémiologie moléculaire.

ENCADRÉ 2 : PRINCIPALES BACTÉRIES À L’ORIGINE D’INFECTIONS RESPIRATOIRES

– Actinobacillus equuli

– Bordetella bronchiseptica

– Enterobacter spp.

– Escherichia coli

– Klebsiella pneumoniae

– Stenotrophomonas maltophilia

– Pasteurella multocida

– Pseudomonas aeruginosa

– Rhodococcus equi

– Staphylocoques coagulase positive

– Streptococcus pneumoniae

– Streptocoques β-hémolytiques

– Mycoplasmes bactéries anaérobies :

– Bacteroides spp., Fusobacterium necrophorum (lors de pleurésie).

ENCADRÉ 3 : PRINCIPALES BACTÉRIES À L’ORIGINE D’INFECTIONS DIGESTIVES

→ Diarrhées :

– Escherichia coli ;

– Clostridium perfringens, C. difficile ;

– Rhodococcus equi (poulain) ;

– Salmonella spp. (surtout les sérotypes Typhimurium et Enteritidis de S. enterica) ;

– Lawsonia intracellularis ;

– Campylobacter jejuni, Campylobacter coli.

→ Péritonites :

– bactéries anaérobies (Bacteroides spp., Clostridium spp., Fusobacterium spp.) ;

– entérobactéries ;

– streptocoques β-hémolytiques.

→ Abcès hépatiques :

– bactéries anaérobies ;

– streptocoques β-hémolytiques ;

– leptospires.

ENCADRÉ 4 : LES AUTRES INFECTIONS DUES AU GENRE CLOSTRIDIUM

→ Le tétanos est une maladie neurologique provoquée par la toxine de Clostridium tetani, présente en France et à laquelle les chevaux sont extrêmement sensibles. C’est une maladie mortelle dans 80 % des cas, il est donc essentiel de vacciner les équidés. Le tétanos ne fait pas partie des maladies légalement réputées contagieuses et n’est pas soumise à une déclaration obligatoire [5].

→ Le botulisme est une maladie causée par les exotoxines produites par la bactérie anaérobie C. botulinum [1]. L’espèce équine est l’une des espèces les plus sensibles. il existe trois formes de botulisme :

– d’origine alimentaire par l’ingestion de la toxine préformée (le plus souvent à partir de fourrages contaminés) ;

– toxico-infectieuse chez le poulain par l’ingestion de spores et production de la toxine dans le tractus gastro-intestinal ;

– consécutive à une plaie par contamination et développement de spores et de toxines à partir de celle-ci.

ENCADRÉ 5 : PRINCIPALES BACTÉRIES À L’ORIGINE D’INFECTIONS GÉNITALES

→ Endométrite, pyomètre, infertilité :

– Actinobacillus equuli ;

– Actinomyces pyogenes ;

– Enterobacter spp. ;

– Escherichia coli ;

– Klebsiella spp. ;

– Pseudomonas aeruginosa ;

– staphylocoques coagulase positive ;

– streptocoques β-hémolytiques ;

– Taylorella equigenitalis ;

– bactéries anaérobies (Fusobacterium necrophorum, Bacteroides spp., Clostridium spp.).

→ Avortement :

– Actinobacillus equuli ;

– Enterobacter spp. ;

– Escherichia coli ;

– Klebsiella spp. ;

– Pseudomonas aeruginosa ;

– Salmonella spp. ;

– staphylocoques coagulase positive ;

– streptocoques β-hémolytiques.

ENCADRÉ 6 : PRINCIPALES BACTÉRIES À L’ORIGINE D’INFECTIONS CUTANÉES

– Dermatophilus congolensis

– Escherichia coli

– Proteus spp.

– Pseudomonas aeruginosa

– Staphylocoques coagulase positive

– Streptocoques β-hémolytiques

– Corynebacterium pseudotuberculosis (lors de lymphangite)

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