L’Avef se réinvente pour ses Journées annuelles en format digital - Pratique Vétérinaire Equine n° 208 du 01/10/2020
Pratique Vétérinaire Equine n° 208 du 01/10/2020

CONGRÈS

Cahier scientifique

Vu, lu, entendu…

Auteur(s) : Margherita Manfrin

Des orateurs à la pointe et une très bonne organisation ont permis à l’Avef de relever le défi avec son rendez-vous annuel en distanciel.

Cet automne, les événements habituellement organisés en présentiel ont pris une nouvelle forme sous l’élan digital imposé par le contexte sanitaire actuel de pandémie et de confinement. Ainsi, l’Association vétérinaire équine française (Avef) a proposé un format adapté, les webconférences, pour son rendezvous annuel des 5 et 6 novembre 2020. Les inscrits pouvaient participer activement en posant des questions par écrit tout au long de chaque présentation. Certes, il manquait l’aspect convivial des congrès en présentiel, les échanges en direct entre confrères ou avec les exposants commerciaux. Néanmoins, la qualité des contenus et de l’organisation a contribué à faire de cette édition digitale un succès.

L’œil et le pied mis à l’honneur

Sur le thème “Bon pied, bon œil”, les deux journées ont permis d’aborder des sujets d’ophtalmologie et de chirurgie du pied. L’œil a pris en effet une part importante dans ce e-congrès, avec des présentations riches en illustrations et recommandations pratiques sur l’uvéite et la retransmission des conférences sur la cornée proposées à Tours en 2019. De son côté, le pied a dominé la seconde matinée, au cours de laquelle la prise en charge du kératome, des fractures de la troisième phalange et du clou de rue a été présentée de façon claire et didactique, et illustrée par de nombreuses images de cas cliniques.

Communications courtes mais variées

Lors des sessions courtes, presque tous les domaines ont été abordés, de la cardiologie aux maladies infectieuses, de la chirurgie à la pathologie locomotrice, avec des présentations intéressantes qui mériteraient toutes d’être citées.

Néanmoins, seule une petite sélection peut être évoquée ici.

L’intérêt de la thérapie par pression négative dans la gestion des plaies graves des membres a été démontré par une étude. Ce traitement, qui favorise en effet une granulation et une épithélialisation précoces, ainsi qu’une réduction de la manipulation des lésions, donc du temps dédié aux soins, mérite sa place dans la prise en charge de ces plaies.

La validation d’un dispositif connecté pour l’analyse de la fréquence cardiaque, de la variabilité de cette dernière et de l’électrocardiogramme chez le cheval de course a fait l’objet d’une autre courte présentation. Cet outil permet de réaliser une analyse rétrospective des données lors de contre-performance ou de mort subite, ainsi qu’un suivi longitudinal à l’entraînement. L’étape de validation est fondamentale pour s’assurer de la fiabilité de ce type d’objet connecté.

L’emploi d’un implant résorbable pour le traitement des kystes osseux sous-chondraux, dont les résultats cliniques sont encourageants, a été présenté. Plusieurs clichés ont illustré la faisabilité de sa mise en place dans différentes localisations. De plus, aucune intervention n’est requise pour le retrait de la vis et il n’existe aucune interférence avec d’éventuels examens d’imagerie, le cas échéant.

Une thèse a évalué les effets secondaires lors de l’administration de tiludronate : dans de rares cas, une insuffisance rénale peut survenir au cours des 15 jours qui suivent. Il convient donc de mettre en place des mesures préventives telles qu’une administration lente du produit, aucune injection concomitante d’antiinflammatoires non stéroïdiens et une vérification de l’état d’hydratation du cheval. L’administration de la seule dipyralgine est envisagée pour prévenir l’apparition de coliques.

Deux symposiums dédiés aux avancées thérapeutiques

Un symposium partenaire a terminé chaque journée. Le premier était centré sur l’asthme équin et les nouveautés thérapeutiques pour cette maladie, dont notamment le ciclésonide, un médicament corticoïde de 3e génération qui n’aurait pas d’effets significatifs sur le taux de cortisol sérique et qui pourrait être administré grâce à un inhalateur spécialement conçu pour les chevaux. Le second symposium a fait un point sur les avancées scientifiques en pathologie locomotrice, et en particulier sur l’utilisation de cellules souches. L’orthobiologie, en orthopédie, est en plein essor et une standardisation des produits apparaît nécessaire. Il revient au praticien de bien connaître le contenu de ceux-ci afin de conseiller le plus adapté pour “son” cas clinique.

Le replay des conférences est accessible sur la plateforme de formation learnupon de l’Avef. Pour tout renseignement : secretariat@avef.com

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