L’antibiothérapie en pratique - Pratique Vétérinaire Equine n° 199 du 01/07/2018
Pratique Vétérinaire Equine n° 199 du 01/07/2018

PHARMACOLOGIE

Cahier scientifique

Vu, lu, entendu…

Auteur(s) : Margherita Manfrin

Quelques règles essentielles pour que la lutte contre l’antibiorésistance continue sur la bonne voie.

L’antibiorésistance est une question d’importance mondiale qui concerne l’homme comme les animaux. Les vétérinaires jouent donc un rôle indispensable pouvant influencer son développement dans les deux sens.

Lors de la journée européenne de l’Association vétérinaire équine française qui s’est tenue fin juin à Roissy-en-France (Val-d’Oise), notre confrère Philippe Ciantar a rappelé les aspects les plus importants pour mettre en place une antibiothérapie raisonnée.

Est-elle nécessaire ? Est-elle adaptée ?

Avant tout, il convient de se demander si l’antibiothérapie est vraiment nécessaire ou s’il existe éventuellement une solution alternative. Lorsque l’administration d’un antibiotique est justifiée, le choix de la molécule doit alors être adapté selon la bactérie identifiée ou supposée comme responsable de l’infection, mais aussi selon les propriétés pharmacologiques de l’antibiotique même, pour s’assurer, par exemple, que celui-ci atteindra le foyer infectieux.

Vite, fort et le moins longtemps possible

Une fois la molécule choisie, il conviendra de “traiter vite, fort et le moins longtemps possible” pour optimiser l’efficacité du traitement et limiter l’antibiorésistance. “Vite” parce que les bactéries pathogènes et les mutants résistants au sein du foyer infectieux se multiplient dans le temps. “Fort”, donc à doses élevées ou plus fréquemment (dans la limite d’une toxicité) selon le type d’antibiotique. En effet, la concentration sérique de ce dernier devrait atteindre la concentration préventive de mutants (CPM) et, même si les données relatives à celle-ci ne sont pas connues pour le cheval, la CPM est toujours supérieure à la concentration minimale inhibitrice (CMI). Enfin, “le moins longtemps possible” pour limiter au minimum l’inévitable sélection des mutants résistants au sein de la flore commensale, notamment la flore digestive.

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