Les affections hépatiques chez le cheval : actualités - Pratique Vétérinaire Equine n° 197 du 01/01/2018
Pratique Vétérinaire Equine n° 197 du 01/01/2018

Edito

Auteur(s) : Stéphane Pronost*, Pierre-Hugues Pitel**

Chez le cheval, les affections hépatiques sont assez fréquentes. Néanmoins, environ 50 % des biopsies sont classifiées comme hépatopathies indéterminées. Le foie, dont une des fonctions essentielles est le nettoyage du sang, entre en contact avec de nombreuses substances potentiellement dangereuses. Mais sa grande capacité à se régénérer en réparant ou en remplaçant les tissus atteints peut paradoxalement rendre le diagnostic du praticien plus difficile. S’il convient de différencier les insuffisances hépatiques des maladies pour lesquelles le cheval présente peu ou pas de symptômes, l’absence de signes cliniques spécifiques dans la grande majorité des cas nécessite le recours à des tests biochimiques, à l’échographie et à la biopsie, très utile pour confirmer une affection hépatique et en déterminer la cause et le pronostic.

Les maladies hépatiques ne sont pas les plus étudiées dans les laboratoires de recherche des différents pays du monde. Cependant, ces 3 dernières années, la découverte d’un nouveau virus, au nom très évocateur d’hépacivirus, a suscité un grand intérêt. Associé aux “affections hépatiques” dans plus de 50 % des cas lors d’une recherche sur PubMed, il n’a pourtant pas livré beaucoup de ses secrets.

Ce dossier de Pratiqu e Vétérinaire Équine vous présente l’approche clinique des affections hépatiques chez le cheval à partir d’une description des signes cliniques souvent associés et d’une revue des enzymes hépatiques et des autres constantes sanguines, dont le dosage est indispensable lors de suspicion d’une atteinte hépatique. Un focus sur les toxines avérées et de nouveaux agents potentiellement toxiques est proposé, et les informations pratiques concernant les prélèvements à réaliser et les autres démarches à suivre vous guideront en cas de suspicion d’une hépatopathie toxique. Enfin, un état de l’art sur l’implication potentielle de virus récemment découverts, dont l’hépacivirus équin, est exposé, afin d’ouvrir des nouvelles pistes d’investigation lors d’atteintes hépatiques. Si les travaux de recherche sur l’hépacivirus doivent préciser davantage son implication dans la pathologie hépatique, nul doute que des échanges entre le praticien confronté à ces maladies et son laboratoire, qui connaît le virus, pourront accélérer les connaissances sur le rôle exact de ce dernier, dont le tropisme hépatique est désormais bien défini.

Nous vous souhaitons à tous une bonne lecture et espérons qu’une “foie” de plus ce numéro de Pratique Vétérinaire Équine vous aidera dans votre prise en charge au quotidien des affections hépatiques.

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