L’HYPERLIPIDÉMIE CHEZ LE CHIEN : PRÉSENTATION CLINIQUE, DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT - Le Point Vétérinaire n° 449 du 01/01/2024
Le Point Vétérinaire n° 449 du 01/01/2024

BIOCHIMIE

Biochimie

Auteur(s) : Hugo Kaufmann*, Ghita Benchekroun**

Fonctions :
*(DE médecine interne, résident Ecvim-CA)
**(PhD, dipEcvim-CA médecine interne)
École nationale vétérinaire d’Alfort
7 avenue du Général de Gaulle
94700 Maisons-Alfort

L’hyperlipidémie, rarement symptomatique, mérite d’être explorée pour identifier et traiter la cause primaire, si elle existe, et prévenir les complications. Primaire ou persistante, son traitement est simple et bénéfique.

L’hyperlipidémie chez le chien revêt un intérêt clinique grandissant en pratique courante, tant ses origines et ses conséquences potentielles sont vastes. Ce dysfonctionnement, différent chez l’humain, est de mieux en mieux connu chez le chien depuis une dizaine d’années, avec notamment comme modèle d’étude le schnauzer miniature. Les signes cliniques, non spécifiques, sont à relier à la cause primaire sous-jacente. Pourtant, la recherche d’une hyperlipidémie est essentielle et devrait être systématique dans certaines situations cliniques, afin de prévenir ses conséquences délétères et de la traiter, le cas échéant.

RÔLE DES LIPIDES ET GÉNÉRALITÉS

1. Tous les lipides de l’organisme

Les lipides jouent un rôle fondamental chez les mammifères : ils constituent une partie essentielle de la membrane et des organites des cellules (phospholipides, cholestérol), peuvent également être une source d’énergie (stockage sous la forme de triglycérides) et sont impliqués dans de nombreux carrefours métaboliques (rôle essentiel du cholestérol dans la synthèse de vitamine D ou des hormones stéroïdiennes, rôle de second messager). La classification des lipides est complexe et comprend, entre autres, les acides gras, les stérols (dont le cholestérol) et les acylglycérols (dont les triglycérides).

Hydrophobes, les lipides sont transportés dans le sang et la lymphe grâce aux lipoprotéines, des macroprotéines composées d’un cœur hydrophobe et d’une membrane extérieure amphiphile. Quatre classes de lipoprotéines sont distinguées, différenciées selon leurs tailles et leurs densités : les chylomicrons, les lipoprotéines de très basse densité (very low density lipoprotein, VLDL), les lipoprotéines de basse densité (low density lipoprotein, LDL) et les lipoprotéines de haute densité (high density lipoprotein, HDL). Les chylomicrons et les VLDL sont des lipoprotéines riches en triglycérides (triglyceride rich lipoprotein, TRL).

Le métabolisme des lipides est complexe et peut être divisé entre la voie exogène, qui correspond au métabolisme des lipides alimentaires permettant notamment la synthèse de triglycérides, et la voie endogène, qui est celle du métabolisme des lipides endogènes permettant notamment la synthèse de cholestérol (figure 1).

2. Triglycérides et cholestérol en particulier

En pratique, les triglycérides et le cholestérol sont les deux lipides d’importance clinique. L’hyperlipidémie se définit comme l’augmentation plasmatique ou sérique des triglycérides et/ou du cholestérol. Chez un animal présentant une hypertriglycéridémie modérée à élevée (généralement supérieure à 2,5 g/l), le sérum ou plasma est qualifié de lipémique, car il a une apparence trouble ou turbide [22]. Une hypercholestérolémie isolée ne modifie pas l’apparence macroscopique du plasma ou du sérum. L’intervalle de référence de la triglycéridémie varie entre 0,2 à 1,1 g/l, tandis que celui de la cholestérolémie oscille entre 1,3 à 2,7 g/l (à adapter selon l’analyseur utilisé). De manière physiologique, les chiens âgés affichent une triglycéridémie et une cholestérolémie plus élevées que leurs congénères plus jeunes, avec des taux situés dans la fourchette haute de l’intervalle de référence [18]. Bien que les études soient rares, l’hyperlipidémie toucherait 10 à 15 % des chiens [18].

DIAGNOSTIQUER UNE HYPERLIPIDÉMIE

Le diagnostic d’hyperlipidémie repose avant tout sur le dosage quantitatif spectrophotométrique ou enzymatique du taux de triglycérides et/ou de cholestérol, après un jeûne d’au moins douze heures, voire seize heures selon certains auteurs [22]. Toutefois, une hypertriglycéridémie peut être suspectée en fonction de l’aspect du plasma ou du sérum : il est turbide lorsque la triglycéridémie est supérieure à 2,5 g/l, et lactescent quand la triglycéridémie dépasse 10 g/l (photos 1a et 1b). Un test dit “de crémage” permet de préciser l’origine de l’hyperlipidémie : après avoir laissé reposer douze heures au réfrigérateur un prélèvement lipémique, une couche de crème peut se former à la surface en cas d’augmentation de la chylomicronémie (photo 1c). Si, en dessous de cette couche, le sérum ou le plasma reste trouble, il est probable qu’une autre cause d’hyperlipidémie se surajoute à la chylomicronémie, comme la présence de VLDL en excès. Cependant, la sensibilité de ce test est considérée comme faible [25]. Lors de sérum ou de plasma lipémique, l’interprétation des paramètres biochimiques doit être réalisée avec précaution en raison des interférences avec les dosages de laboratoire (encadré). Une électrophorèse des lipoprotéines (“lipidogramme”) peut permettre une détermination semi-quantitative des lipoprotéines circulantes présentes (évaluation de chaque fraction de lipoprotéines, TRL, LDL et HDL), mais ne doit pas être utilisée pour diagnostiquer une hyperlipidémie. La disponibilité et l’intérêt clinique de ce dosage sont limités pour le moment, et son interprétation, délicate, doit être réservée à un spécialiste ou à des fins de recherche.

DÉTERMINER LA CAUSE D’UNE HYPERLIPIDÉMIE

En cas d’hyperlipidémie avérée, il convient d’explorer les causes secondaires, en s’appuyant sur les signes cliniques présentés par l’animal, lesquels peuvent orienter vers une dysendocrinie (figure 2).

Si aucune cause sous-jacente n’est mise en évidence (diagnostic d’exclusion) ou en présence d’une race à risque asymptomatique (schnauzer miniature ou berger des shetland), un diagnostic présomptif d’hyperlipidémie idiopathique (primaire) peut être établi. Il n’existe à ce jour aucun test génétique susceptible de confirmer l’origine génétique de l’hyperlipidémie.

1. Hyperlipidémie primaire

L’hyperlipidémie primaire, ou idiopathique, nécessite un diagnostic d’exclusion. Elle a été décrite pour la première fois en 1975 chez le schnauzer miniature [15]. Probablement à transmission héréditaire (support génétique), l’hyperlipidémie primaire touche principalement le schnauzer miniature, jusqu’à 30 % aux États-Unis, et le berger des shetland, jusqu’à 40 % au Japon. Elle est également rapportée dans d’autres races telles que le beagle, le berger de brie, le colley, le dobermann, le rottweiler, le west highland white terrier et l’épagneul breton [15, 20, 22, 26]. Ainsi, plus de 75 % des schnauzers miniatures nord-américains de plus de 9 ans sont atteints d’hyperlipidémie idiopathique, probablement due à une baisse de l’activité de la lipoprotéine lipase ou à un déficit en apolipoprotéine [26]. En Europe, aucune étude de prévalence n’est disponible, mais certains auteurs estiment qu’elle serait moindre [22].

Si l’origine génétique demeure inconnue à ce jour (absence d’identification de mutation génétique), l’hyperlipidémie peut se caractériser par une hypertriglycéridémie primaire (schnauzer miniature), une hypercholestérolémie primaire (berger des shetland) ou les deux (beagle) [29].

2. Hyperlipidémie secondaire

Iatrogénique

Une hypertriglycéridémie transitoire est physiologique après un repas, due à la formation de chylomicrons. Chez des chiens nourris avec une alimentation industrielle, le pic d’hypertriglycéridémie apparaît généralement entre deux à cinq heures après le repas, avec un retour à une valeur basale six heures après [16]. Le repas n’influence toutefois pas, ou très peu, la cholestérolémie, qui reste basale en période postprandiale. Une hyperlipidémie peut également être iatrogène, à la suite de l’administration de glucocorticoïdes, de propofol, d’émulsions lipidiques ou de phénobarbital [22]. L’obésité, surtout lorsqu’elle est marquée et chronique, est aussi une cause d’hyperlipidémie (augmentation des triglycérides et du cholestérol) [8].

Dysendocrinies et autres causes

Chez le chien, les principales causes d’hyperlipidémie secondaire sont des dysendocrinies, notamment par stimulation de la lipolyse et/ou réduction de l’activité de la lipoprotéine lipase : hypothyroïdie (75 % des chiens hypothyroïdiens sont hyperlipidémiques), diabète sucré (75 % des chiens) et hyperadrénocorticisme (90 % des chiens) [22]. Une pancréatite peut également conduire à une hypertriglycéridémie (30 % des chiens), mais celle-ci reste discrète et doit inciter à rechercher une autre cause [21]. Un syndrome néphrotique, par diminution de l’activité de la lipoprotéine lipase et de la lipase hépatique, peut aussi entraîner une hypercholestérolémie [7]. Enfin, des causes plus rares sont parfois responsables d’une hyperlipidémie, comme la cholestase, le lymphome, la leishmaniose, la parvovirose, le sepsis ou l’endotoxémie associés à une inflammation (tableaux 1 et 2) [22].

IDENTIFIER LES COMPLICATIONS D’UNE HYPERLIPIDÉMIE

1. Signes cliniques généraux

L’hyperlipidémie, qu’elle soit primaire ou secondaire, induit rarement des signes cliniques, mais peut être à l’origine d’une multitude d’affections (tableau 3). Certains auteurs rapportent des troubles nerveux (crises convulsives) et des accidents vasculaires associés à l’hyperlipidémie, mais cela reste exceptionnel en pratique [6]. En cas d’hyperlipidémie primaire, le chien est souvent asymptomatique tout au long de sa vie, sauf lors de complications. En cas d’hyperlipidémie secondaire, l’animal exprime généralement des signes cliniques en lien avec la cause primaire (polyuro-polydipsie, troubles dermatologiques, distension abdominale et polyphagie lors d’hyperadrénocorticisme par exemple) [22].

À la différence de l’humain, l’athérosclérose demeure très rare chez le chien hyperlipidémique, en raison du métabolisme particulier des lipoprotéines canines et à l’absence de protéine de transfert des esters de cholestérol dans cette espèce [25].

2. Complications pancréatiques et hépatiques

L’hyperlipidémie peut être un facteur favorisant ainsi que la conséquence d’une pancréatite. Il est montré que chez le schnauzer miniature, les chiens avec une hypertriglycéridémie ont 4,5 fois plus de risques de présenter une augmentation significative de la lipase pancréatique spécifique canine, compatible avec un diagnostic de pancréatite [28]. Un état d’insulinorésistance est aussi rapporté comme associé à une hyperlipidémie (30 % des cas chez le schnauzer miniature) et peut représenter un défi thérapeutique en cas de diabète sucré concomitant [24]. L’hyperlipidémie peut également être à l’origine d’affections hépatobiliaires, comme des hépatopathies vacuolaires, des mucocèles biliaires (par dysmotilité de la vésicule biliaire) ou des cholélithiases (via l’élévation de la clairance biliaire en cholestérol, augmentant le risque de boue biliaire). Ainsi, un chien sur deux atteints de mucocèle biliaire présente une hyperlipidémie (cause ou conséquence de la mucocèle biliaire). Les races prédisposées à l’hyperlipidémie primaire présentent un risque accru de développer une mucocèle biliaire (multiplié par 4,5 chez le berger des shetland, par 3,8 chez le schnauzer miniature) [1, 9, 10]. L’enzymologie hépatique est fréquemment augmentée chez les chiens hyperlipidémiques (50 % des cas chez le schnauzer miniature) [27].

3. Complications oculaires

Des affections oculaires, parmi lesquelles des uvéites lipémiques, des kératopathies lipémiques ou des infiltrations lipidiques des vaisseaux rétiniens ou du globe oculaire, sont moins fréquemment décrites (photos 2a et 2b) [3, 19].

4. Complications urinaires

Une néphrotoxicité des lipides (risque de thrombo-embolie lipidique glomérulaire) est évoquée pour expliquer la protéinurie sans azotémie souvent associée à l’hyperlipidémie (60 % des cas chez le schnauzer miniature) [17]. Enfin, il a récemment été montré qu’il existe un risque plus élevé de développer une maladie lithiasique à oxalate de calcium chez le chien hypertriglycéridémique, probablement en lien avec une modification de la composition urinaire (baisse du pH, augmentation de la calciurie, diminution de la citraturie) [14].

PRISE EN CHARGE DE L’HYPERLIPIDÉMIE

1. Traiter ou non ?

Chez le chien, la question se pose de traiter ou non l’hyperlipidémie, selon son origine. En cas d’hyperlipidémie secondaire, il est recommandé de traiter en premier lieu l’affection primaire avant d’envisager un traitement spécifique de l’hyperlipidémie, hormis si celle-ci est marquée (triglycéridémie supérieure à 5 g/l), ou en présence de complications [22]. La persistance d’une hyperlipidémie après le traitement de la cause primaire incite à rechercher une autre origine sous-jacente, bien que dans de rares cas une hyperlipidémie persiste et doive être prise en charge. Une perte de poids, vivement recommandée chez les animaux obèses, permet une diminution de la lipidémie avant même qu’un amaigrissement significatif soit observé [8].

En cas d’hyperlipidémie primaire, il demeure recommandé de traiter l’animal même lorsqu’il est asymptomatique afin de prévenir les risques de complications, d’autant plus si l’hyperlipidémie est marquée ou quand une hypertriglycéridémie prédomine (schnauzer miniature) [22].

2. Principaux axes thérapeutiques

En pratique, la gestion médicale de l’hyperlipidémie chez le chien repose essentiellement sur trois axes (tableau 4) :

- une alimentation à teneur réduite en matières grasses ;

- une complémentation en oméga 3, tels que les acides eicosapentaénoïque (EPA) et docosahexaénoïque (DHA) ;

- un traitement médical, qui inclue notamment la prescription de fibrates.

Alimentation

Selon la gravité de l’hyperlipidémie et les comorbidités de l’animal, il est recommandé d’adopter une démarche thérapeutique graduée, en commençant par une alimentation pauvre en matières grasses. Cela correspond à une ration contenant moins de 25 g de matières grasses par mégacalorie (Mcal), soit généralement moins de 10 à 12 % de matières grasses dans un aliment industriel sec [22]. En trois mois, l’alimentation seule permet de réduire significativement la lipidémie chez la totalité des chiens de race schnauzer miniature hyperlipidémiques, et de la normaliser dans plus d’un cas sur deux [23].

Oméga 3

En cas de persistance de l’hyperlipidémie après la transition alimentaire, une complémentation en oméga 3 peut être initiée (gélules ou via une ration ménagère), tout en poursuivant l’alimentation réduite en matières grasses [2]. Les doses recommandées étant élevées, l’utilisation d’une formulation humaine, plus concentrée, est préférable.

Traitement médical

En cas d’hyperlipidémie réfractaire, l’ajout de médicaments hypolipémiants reste possible. Les fibrates, dont le fénofibrate et le bézafibrate, présentent une sécurité et une efficacité avérées, et doivent donc être privilégiés [5, 10, 11]. Les effets indésirables possibles sont rares, avec en premier lieu une diarrhée transitoire ou des flatulences. Chez l’humain, une toxicité hépatique, musculaire, rénale ou une hypersensibilité (toxidermie médicamenteuse) sont rapportées, mais ne sont pas décrites chez le chien. Les autres traitements hypolipémiants (niacine, statines, phytostérols, acide ä-aminolévulinique, etc.) sont à utiliser avec précaution chez le chien, en raison de leurs effets secondaires (hépatotoxicité et myotoxicité notamment) et du manque de données dans la littérature scientifique [22].

Un contrôle régulier de la lipidémie est recommandé chez les chiens traités, tous les mois en début de traitement. En cas d’emploi de fibrates, un contrôle trimestriel des paramètres hépatiques (phosphatases alcalines, alanine aminotransférase, bilirubine), mais également rénaux (urée, créatinine) et musculaires (créatine kinase), est conseillé.

Références

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Conflit d’intérêts : Aucun

Encadré
CONSÉQUENCES ANALYTIQUES D’UNE HYPERLIPIDÉMIE

Les lipides interfèrent de manière chimique ou physique avec les immunodosages (interférences avec les anticorps et les antigènes), les migrations d’électrophorèse ou les dosages spectrophotométriques (les lipides peuvent absorber la lumière) [13]. La lipémie est également une cause de non-homogénéité du prélèvement, avec la phase aqueuse du plasma ou du sérum qui se retrouve sous la phase lipidique et n’est donc pas prélevée par l’automate, lequel pipette la partie superficielle. Ainsi, l’interprétation de tous les paramètres biochimiques et du ionogramme d’un prélèvement lipémique doit être effectuée avec précaution, notamment lorsqu’il s’agit d’évaluer la créatinine, le phosphore, le calcium et les protéines totales [4]. En pratique courante, il est vivement recommandé, avant de réaliser ce prélèvement chez un chien, de respecter une période de jeûne de douze heures, afin de limiter le risque d’hyperlipidémie physiologique postprandiale.

Points clés

• L’hyperlipidémie se définit comme l’augmentation dans le sang de la concentration en lipides (triglycérides, cholestérol, acides gras, etc.) au-dessus de la valeur supérieure de l’intervalle de référence.

• Ce trouble peut être primaire et familial (schnauzer miniature, berger des shetland, etc.) ou secondaire (dysendocrinie, pancréatite, syndrome néphrotique, obésité, iatrogène).

• Les conséquences sont multiples : affections hépatobiliaires, pancréatite, affections oculaires, maladies lithiasiques oxalo-calciques, troubles nerveux, etc.

• Le diagnostic repose sur un dosage quantitatif après douze heures de jeûne et la recherche d’une cause primaire.

• En cas d’hyperlipidémie primaire, ou secondaire persistante après le traitement de la cause primaire, une alimentation pauvre en matières grasses, une complémentation en oméga 3 ou l’administration d’un xénobiotique hypolipémiant (fibrates) peuvent être proposées.

CONCLUSION

La recherche d’une hyperlipidémie chez le chien à jeun revêt une importance clinique et peut conduire à la mise en évidence d’affections concomitantes primaires ou secondaires multiples. En cas de persistance de l’hyperlipidémie ou d’hyperlipidémie idiopathique, un traitement spécifique peut être mis en place, fondé sur une alimentation à teneur réduite en matières grasses, une complémentation en oméga 3, voire la prescription de fibrates. Généralement simple à traiter, l’hyperlipidémie correctement prise en charge bénéficie d’un bon pronostic.

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