LES TRAITEMENTS CHIRURGICAUX LORS D’OTITE - Le Point Vétérinaire n° 448 du 01/12/2023
Le Point Vétérinaire n° 448 du 01/12/2023

DERMATOLOGIE

Dossier

Auteur(s) : Line-Alice Lecru

Fonctions : Clinique VetOlympe
205 route des Trois Lucs à la Valentine
13011 Marseille

Certains cas réfractaires nécessitent de recourir à une intervention chirurgicale. Plusieurs techniques opératoires sont décrites selon l’abord choisi.

Dans certains cas d’otite chronique, un traitement médical seul ne permet pas de contrôler l’affection. Différentes options chirurgicales sont alors à envisager selon l’indication.

QUAND RÉFÉRER EN CHIRURGIE ?

Les différentes indications pour une prise en charge chirurgicale sont :

- une otite réfractaire à tout traitement médical correctement mené ;

- des modifications anatomiques mises en évidence par le bilan d’extension, telles qu’une minéralisation irréversible, une sténose du conduit auditif ou une otite moyenne ne répondant pas au traitement médical ;

- une masse d’origine tumorale dans le conduit auditif ou dans la bulle tympanique ;

- un tympanokératome ;

- une atrésie partielle ou totale congénitale ou post-traumatique du conduit auditif.

QUELLE INTERVENTION POUR QUEL CAS ?

Ablation totale du conduit auditif et ostéotomie de la bulle tympanique

La technique la plus souvent utilisée est l’ablation totale du conduit auditif suivie d’une ostéotomie de la bulle tympanique (total ear canal ablation and lateral bulla osteotomy, ou Teca-LBO), même s’il s’agit aussi de l’intervention la plus invasive (figure 1). Fréquemment mise en œuvre dans un contexte d’otite externe chronique, associée ou non à une otite moyenne, elle permet l’exérèse de la totalité du conduit auditif atteint (inflammation, sténose, minéralisation) [1]. Les complications postopératoires comprennent une parésie du nerf facial dans 27 % des cas, une paralysie faciale dans 21 % des cas (définitive dans 10 % des cas), une infection bactérienne du site chirurgical et un syndrome vestibulaire [2].

Abaissement du conduit auditif

L’abaissement du conduit auditif consiste en une ouverture latérale du conduit vertical (figure 2). Cette technique est principalement utilisée pour faciliter le retrait d’un polype ou la réalisation de biopsies dans le conduit auditif. Dans le cadre de la prise en charge d’une otite externe, cet acte est considéré comme une méthode de prévention des récidives (aération, réduction de l’humidité et de la température du conduit auditif). Il doit nécessairement s’accompagner de la poursuite du traitement médical, et l’existence d’une hyperplasie constitue une contre-indication.

Une étude a montré une issue défavorable chez le cocker spaniel dans 86,5 % des cas [1, 3]. Les résultats sont généralement décevants et cette solution est rarement retenue aujourd’hui pour cette indication. En revanche, chez le shar-peï, qui présente une sténose canalaire physiologique, cette méthode permet des résultats plus probants [1, 3].

Ablation du canal vertical

L’ablation du canal vertical consiste à retirer la totalité du conduit et à créer un nouveau méat acoustique externe (figure 3). Les indications de ce type d’intervention sont strictement limitées aux affections du conduit vertical comme les traumatismes, les atrésies ou les tumeurs localisées à ce niveau [1].

Références

  • 1. Lanz OI, Wood BC. Surgery of the ear and pinna. Vet. Clin. North Am. Small Anim. Pract. 2004;34(2):567-599, viii.
  • 2. Spivack RE, Elkins AD, Moore GE et coll. Postoperative complications following TECA-LBO in the dog and cat. J. Am. Anim. Hosp. Assoc. 2013:49(3):160-168.
  • 3. Sylvestre AM. Potential factors affecting the outcome of dogs with a resection of the lateral wall of the vertical ear canal. Can. Vet. J. 1998;39(3):157-160.

Conflit d’intérêts : Aucun

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