CONDITIONS D’HOSPITALISATION DES CAVIOMORPHES - Le Point Vétérinaire n° 440 du 01/04/2023
Le Point Vétérinaire n° 440 du 01/04/2023

HOSPITALISATION DES NAC

Dossier

Auteur(s) : Audrey Palmero

Fonctions : (DE nouveaux animaux de compagnie)
Clinique Anidoc’
7 allée de la Dame Blanche
76550 Hautot-sur-Mer

L’hospitalisation des caviomorphes génère un stress qu’il est nécessaire de limiter grâce à un environnement adapté sécurisant et à la prise en charge de la douleur.

Les particularités comportementales du cochon d’Inde en font un petit mammifère de compagnie qui supporte particulièrement mal d’être hospitalisé (encadré 1). Retiré de son environnement habituel, séparé de ses propriétaires et malade, il stresse facilement [3, 4, 10, 18, 24]. Néanmoins, quelle que soit la maladie, le pronostic a tendance à être meilleur si le cochon d’Inde est socialisé et bien adapté à son environnement [5].

Le chinchilla et l’octodon, qui font partie de l’infra-ordre des caviomorphes comme le cobaye, sont des espèces sensibles aux bruits. Comme pour le lapin, il semble que la réduction du stress, et par conséquent de la réponse physiologique qu’il induit, donne lieu à une certaine tolérance vis-à-vis de l’hospitalisation, ou améliore celle-ci [1, 8]. Il est donc primordial de tout mettre en œuvre pour limiter le stress durant l’hospitalisation de ces animaux.

1. ENVIRONNEMENT

Le cochon d’Inde

Salle d’hospitalisation

Comme les bruits forts génèrent un stress chez les caviomorphes, ces animaux doivent être hospitalisés dans une pièce au calme, à distance des chiens et des chats [1, 4, 8, 9, 11, 13, 14, 15, 24].

Les conditions environnementales idéales sont une température entre 19 et 21 °C et une hygrométrie voisine de 50 % dans un local bien ventilé [4, 5, 13, 14, 17, 19, 20, 24]. L’installation de diffuseurs à base de plantes aux propriétés apaisantes (PetsCool®) est préconisée pour limiter l’anxiété chez ces espèces [2, 7, 16, 12]. Une formulation en spray peut également être utilisée tout au long de la journée. Aucune étude scientifique n’a évalué leur intérêt chez le cochon d’Inde, le chinchilla ou l’octodon, mais des travaux ont été réalisés chez le rat [2].

Box d’hospitalisation

L’installation en parc ou en box peut être plus stressante, car le cochon d’Inde se sent trop exposé, voire en situation de proie potentielle [3, 4, 5, 10, 18, 19, 24, 26]. Il se sent davantage en sécurité dans une longue cage avec une cachette. Lorsqu’il a peur et sursaute, il se met à courir rapidement en cercle ou s’enfuit en tous sens en couinant [3, 4, 5, 24]. Il est donc recommandé d’utiliser des cages carrées ou rectangulaires. Néanmoins, ces cages doivent être souvent remplacées et leur entretien n’est pas pratique pour l’équipe vétérinaire. Si le haut de la cage est en plastique et non grillagé, il faut faire attention au coup de chaleur, fréquent chez cette espèce, car la ventilation n’est pas optimale et la cage a tendance à surchauffer. L’idéal est la création de box sur-mesure, sans barreaux mais avec une vitre et un système de ventilation adapté. Il convient de respecter certains critères comme une taille (50 cm de large sur 80 cm de long) et une aération suffisantes (ouverture en haut et en bas sur les deux côtés opposés), une température contrôlée (19 à 21 °C mesurés grâce à un thermomètre sans contact avec pointeur laser) et un nettoyage facilité (surfaces lisses). Le coût de tels box est souvent non négligeable. L’installation d’un fond de cage à lapin classique (50 × 80 cm), placé sur un plan de travail surmonté d’une étagère à 50 cm au-dessus pour créer un environnement confortable, est également possible. Cependant, si le cochon d’Inde prend peur au moment où le manipulateur entre dans la pièce, il peut se mettre à courir et tomber du bac.

Le box doit être organisé avec une cachette, un espace de confort et de vie, et une zone d’alimentation [3, 4, 5, 24]. En effet, lorsqu’ils sont hospitalisés, les cochons d’Inde se sentent plus en sécurité s’ils ont à leur disposition une maisonnette, un abri ou une serviette pour se cacher ou pour dormir et s’y réfugier lorsqu’ils sont effrayés (photo 1). Les cachettes proposées ne doivent pas être en plastique ou en plexiglas, à l’origine d’une mauvaise ventilation ou d’une surchauffe, ni en bois tendre qui risque d’être rongé. Un linge peut également être installé sur une partie de la cage pour créer une pénombre. Le confort est très important pour cette espèce. L’utilisation de serviettes, de tapis épais ou d’alèses est essentielle pour son bien-être.

Hospitalisation avec un compagnon

Le cobaye est un animal très sociable. S’il vit habituellement avec un ou plusieurs congénères, leur absence peut générer un stress et des troubles physiologiques secondaires. Il est donc recommandé de le remettre le plus tôt possible avec ses compagnons. Après une intervention chirurgicale par exemple, il est conseillé de mettre l’animal opéré avec l’un de ses congénères dès qu’il se tient sur ses pattes : le vétérinaire hospitalise donc deux cochons d’Inde. Néanmoins, des agressions sont possibles lors de leur remise en contact. Si des signes de nervosité sont observés, il est préférable de les maintenir séparés. Cela dépend des animaux [3, 4, 5, 10, 24]. Les cobayes qui sont placés seuls dans un nouvel environnement émettent initialement des vocalisations et se mettent à courir en rond. Plus le temps passe, plus ils adoptent un comportement passif : ils restent tapis au fond du box, ferment les yeux et présentent une importante piloérection et une température rectale augmentée (encadré 2) [5, 10, 18]. Des études montrent que ce comportement maladif induit par le stress ne se produit pas chez les jeunes qui sont placés dans le nouvel environnement avec leur mère [5, 10, 18]. En pratique, il est cependant très rare de pouvoir hospitaliser un jeune cobaye en compagnie de sa mère.

Le chinchilla et l’octodon

Salle d’hospitalisation

Les conditions environnementales idéales sont une température de 19 °C et une humidité de 40 % au maximum dans une pièce bien ventilée [11, 13, 14, 15]. L’installation de diffuseurs à base de plantes aux propriétés apaisantes (PetsCool®) est également conseillée afin de limiter l’anxiété des caviomorphes [2, 7, 12, 16]. Comme tous les animaux qui sont des proies, il est important que ces deux herbivores stricts soient placés dans un local d’hospitalisation calme, loin de la présence de prédateurs [5, 9, 11, 13, 14, 15]. Les chinchillas et les octodons sont extrêmement sensibles aux menaces qu’ils perçoivent. Les sons forts et la modification de leurs habitudes sont très stressants [5, 9, 11, 13, 14, 15]. Le contact visuel, les bruits et les odeurs associées aux espèces prédatrices (chien, chat, oiseaux) peuvent également provoquer un stress [5, 9, 11, 13, 14, 15, 24].

Box d’hospitalisation

L’installation en parc ou en box n’est pas possible pour ces espèces de rongeurs grimpeurs [5, 9, 11, 13, 14, 15]. Leur activité principale, lorsqu’ils sont en bonne santé, est de transporter leurs ressources alimentaires en hauteur et de monter et descendre dans leur cage plus haute que large. Ces rongeurs sont en outre particulièrement habiles pour s’échapper. Leur installation dans une cage à rongeur classique est possible pour des hospitalisations de courte durée (intervention chirurgicale ambulatoire), mais n’est pas idéale pour leur bien-être (photo 2). Pour un séjour de plus de 24 heures, l’idéal est d’installer ces animaux dans une volière (1,5 m de haut sur 70 cm de profondeur et 1 m de haut), mais il est alors plus difficile de les saisir et cela peut engendrer un stress supplémentaire. Les traumatismes contre les barreaux sont fréquents, et les rongeurs sont très exposés à l’environnement de la clinique. L’utilisation de couveuses est donc préférable pour offrir aux octodons et chinchillas un environnement confortable adapté au stress que va générer leur prise en charge par le vétérinaire. Comme le chinchilla est nocturne (à la différence du cochon d’Inde et de l’octodon), il est important de multiplier les cachettes dans le box d’hospitalisation et de respecter douze heures d’obscurité par nuit, ainsi que des moments de repos dans le courant de la journée [9, 11, 3, 13, 14, 15, 17]. Ces animaux étant en outre très sensibles à la chaleur, leur box doit être tenu à l’écart du soleil [9, 11, 13, 14, 15, 17]. Les cachettes en plastique de type igloo sont à proscrire, car elles génèrent une surchauffe et l’animal reste confiné dans ses excréments et son urine. De même, les abris en bois ou en plastique, rongés par les chinchillas mais surtout par les octodons, sont déconseillés.

Lorsqu’ils sont hospitalisés et affaiblis, ces animaux font beaucoup moins d’exercice qu’à l’accoutumée. Ils passent parfois la journée à dormir et s’activent uniquement lorsque le personnel de la clinique est moins présent. En restant prostrés dans leur urine, ils sont sujets aux pododermatites, malgré la présence de coussinets. Une installation sur des alèses ou des tapis épais permet de limiter ces complications (photo 3). Le chinchilla vivant souvent en harem (un mâle pour plusieurs femelles) et l’octodon en groupe (mâles et femelles mélangés), l’absence de congénères durant l’hospitalisation génère un stress [13, 14, 15, 24]. Hospitaliser aussi un compagnon peut dont aider l’animal pris en charge. Cependant, cela présente quelques inconvénients, comme exposer l’individu sain au stress ou à des maladies nosocomiales, rendre la surveillance du transit plus délicate et augmenter le temps des soins (nettoyage plus long).

2. CONDITIONS ENVIRONNEMENTALES POUR LES SOINS INTENSIFS

En cas d’état de choc, en période postopératoire ou lors d’un abattement sévère (traumatisme, syndrome de stase gastro-intestinale généralisée, etc.), les rongeurs caviomorphes doivent être installés dans un environnement où la température et l’humidité peuvent être contrôlées. Il s’agit le plus souvent de couveuses ou d’unités de soins intensifs spécialement conçues pour les petits animaux (photo 4). Si besoin, ces systèmes permettent également de placer les rongeurs sous oxygène et de réaliser des inhalations. La vitre frontale permet de les voir facilement sans avoir besoin de s’approcher ni de les stresser. Il est possible d’y installer des cachettes, mais l’eau de boisson ne peut être proposée que dans une gamelle lourde pour empêcher son renversement. Ces unités de soins peuvent aussi servir de box d’hospitalisation aussi longtemps que nécessaire, à la place des cages, car elles sont très confortables et rassurantes et restent à la même température que la pièce. En outre, l’animal très affaibli se déplace peu et n’a donc pas besoin de beaucoup d’espace. Lorsqu’il va mieux en revanche, il doit être installé dans un espace plus grand.

3. ALIMENTATION

Chez le cochon d’Inde

Alimentation classique

L’alimentation doit être semblable à celle habituellement distribuée par le propriétaire. Le foin doit être systématiquement proposé, dans un récipient ou en râtelier [3, 4, 5, 10, 24]. La verdure n’est mise à la disposition de l’animal (à raison de 80 g/kg par jour) que s’il y est habitué et ne souffre pas de diarrhée [3, 4, 5, 19, 24]. Dans le cas contraire, elle est à proscrire.

Il est important de disposer de deux gammes d’extrudés à la clinique, afin de proposer à l’animal celle qu’il consomme à domicile. Les mélanges de graines ne sont pas recommandés pour les cochons d’Inde, mais pour ceux qui sont nourris avec ce type d’aliment, il peut être utile de leur proposer quand même pour favoriser la prise alimentaire, notamment lors d’hospitalisation pour dysorexie [3, 4, 5, 19, 24]. Si l’animal est hospitalisé en cage, l’eau est mise dans un récipient lourd et stable et/ou un biberon, selon ses habitudes, et changée tous les jours.

Gavage

Les animaux malades et hospitalisés sont généralement anorexiques. Il est alors nécessaire de les nourrir. Lors d’une intervention chirurgicale, le cobaye doit être réalimenté le jour même, dès qu’il est capable de déglutir. En plus de lui laisser du foin à disposition, de l’eau et son alimentation habituelle, des solutions de gavage pour herbivores peuvent compléter sa ration afin d’assurer une bonne hydratation et de relancer le transit intestinal [3, 4]. Le volume à administrer trois à quatre fois par jour varie selon le poids de l’animal. En moyenne, il est de 15 à 20 ml pour un cobaye, dont la capacité stomacale est de 15 à 25 ml. Ce nourrissage est également réalisé en soins intensifs lors d’anorexie de plus de 24 heures [6, 8, 21, 22, 23, 25]. Les aliments complets adaptés aux herbivores sont faciles à administrer à la seringue. Ces poudres sont diluées dans de l’eau tiède et la solution de gavage est présentée à l’animal à l’aide d’une seringue placée en arrière des incisives. La quantité à administrer par repas est calculée suivant les besoins énergétiques de l’animal et l’énergie par millilitre de l’aliment choisi. Pour limiter le stress, la solution de gavage peut aussi être proposée dans une coupelle ou à l’aide d’une cuillère si l’état du cochon d’Inde le permet. Pour cela, l’opérateur doit être bien installé, avec l’animal placé sur une alèse propre sur la table de soins. Lorsque le cobaye est incapable de boire la solution par lui-même, un gavage est nécessaire [6, 8, 20].

Chez le chinchilla et l’octodon

Comme le chinchilla et l’octodon sont des herbivores stricts, du foin de bonne qualité, vert et non poussiéreux doit systématiquement leur être proposé durant l’hospitalisation. L’ajout de compléments alimentaires (Cunipic®, Fibafirst® ou VetCare Urinary®) est également intéressant pour apporter des fibres (photo 5). Comme pour les cochons d’Inde, s’ils sont habitués aux extrudés et/ou aux mélanges de graines à leur domicile, cette alimentation peut aussi être proposée afin de favoriser la prise alimentaire et limiter le risque d’arrêt du transit en raison du stress. Ces rongeurs sont souvent habitués à boire au biberon dans leur environnement familial. Néanmoins, cet accessoire favorise les malocclusions dentaires chez les cobayes, chinchillas et octodons. Il est donc préférable d’utiliser des gamelles. Ils acceptent généralement de boire dans un récipient, qui doit être lourd afin d’éviter qu’ils le renversent [4].

Pour l’entretien de leur pelage, l’utilisation de terre à bain à base de silice est nécessaire tous les jours (photo 6). Si l’état de santé de l’animal le permet (absence de plaie, d’affection oculaire, de fracture, etc.), une séance de bain peut être proposée en installant dans le box un récipient ouvert à bords arrondis, rempli de terre à bain, pendant dix minutes [13, 14, 15, 17]. Ce temps d’hygiène quotidienne améliore le bien-être de l’animal hospitalisé.

Références

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Conflit d’intérêts : Aucun

Encadré 1 : PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES DU COCHON D’INDE ET DES CAVIOMORPHES À PRENDRE EN COMPTE LORS DE L’HOSPITALISATION

– Les cochons d’Inde sont dans la majorité des cas des animaux passifs et sans agressivité. Après des manipulations douces et fréquentes, ils deviennent des animaux de compagnie très affectueux et sensibles. Ils émettent des sifflements de joie pour accueillir leur propriétaire et recherchent du réconfort auprès de lui lors d’événements stressants [3, 4, 5, 14, 19, 20, 24]. Extrêmement sociables, de nombreuses études ont prouvé que la vie en groupe, chez cette espèce, diminue le stress face à des situations difficiles [3, 5]. Ils ont besoin de soutien. Isolé de ses congénères, le cobaye adulte devient silencieux [3, 4]. Il peut être amené à donner des coups de tête pour plusieurs raisons : colère, ennui ou dominance. Par exemple, dans sa cage, le fait de renverser les accessoires (gamelle, cachette, etc.) est un signe d’irritation. Lorsqu’il donne des coups de tête sous la main du propriétaire ou sous la tête d’un congénère, il s’agit plutôt d’un comportement de dominance ou d’ennui [3].

– Le chinchilla et l’octodon sont sensibles aux bruits et sursautent facilement [13, 14, 15]. Le chinchilla est crépusculaire et nocturne. Néanmoins, il peut s’habituer aux sons familiers et dormir durant la journée malgré les bruits émis par les membres du foyer. L’octodon est diurne [13, 14, 21]. Ces deux espèces très sociables ont besoin de vivre en groupe (généralement un mâle pour plusieurs femelles) [13, 14, 15]. Lorsqu’ils sont élevés seuls, ils ont besoin d’interactions sociales quotidiennes avec l’humain. Sans cela, des comportements de stéréotypie peuvent apparaître [26]. Parfois territoriaux (les femelles plus que les mâles), ils peuvent présenter des signes d’agressivité face à un intrus [13, 14, 15]. Cependant, la majorité des chinchillas et des octodons sont dociles et non agressifs. Correctement socialisés, ils apprécient d’être caressés, mais pas d’être pris dans les bras. Comme toute espèce proie, ils sont stressés par les allées et venues, l’agitation et les bruits forts. S’il est prolongé, ce stress peut engendrer une anorexie, une stase gastro-intestinale, un manque de sommeil et parfois des épisodes d’arrachage des poils [13, 14, 15, 26].

Encadré 2 : ATTITUDES OBSERVÉES CHEZ LE COCHON D’INDE HOSPITALISÉ

Au début de leur hospitalisation, il est courant que les cochons d’Inde stressés et non socialisés paniquent et courent partout dans leur cage. Lorsque le personnel soignant s’approche d’eux, ils se figent, signe d’une peur extrême (état passif). Il est indispensable de leur parler à voix basse et de les attraper avec douceur au moment de prodiguer les soins. Quand ils sont hospitalisés à deux, cette attitude est moins fréquente, car les animaux se blottissent l’un contre l’autre. Si le cobaye hospitalisé adopte un comportement passif (il reste tapi, garde les yeux mi-clos et présente une importante piloérection), en dehors de toute manipulation, son installation doit absolument être revue. Une sortie anticipée doit même être planifiée si son état le permet. Par ailleurs, le cochon d’Inde possède une vision dichromate : il voit les couleurs, même si son acuité visuelle est globalement faible. C’est pour cette raison qu’il peut s’immobiliser facilement, par exemple quand le vide lui semble important, notamment lorsqu’il se trouve sur la table de consultation [3].

CONCLUSION

L’hospitalisation du cochon d’Inde, du chinchilla et de l’octodon n’est pas sans conséquence : elle génère un stress qui favorise l’apparition de complications médicales graves pouvant aller jusqu’à la mort de l’animal. Le cochon d’Inde reste le plus sensible et une hospitalisation la plus courte possible est recommandée. Il est donc primordial, pour prendre en charge correctement ces espèces, d’aménager les cages d’hospitalisation, d’investir dans les équipements nécessaires et de créer un environnement sécurisant, tout en soulageant correctement la douleur. Cependant, l’objectif est aussi de sensibiliser les propriétaires de ces animaux au medical training et à une bonne socialisation, afin de réduire le stress provoqué par leur hospitalisation.

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