ÉTAPE 5 : PRENDRE EN CHARGE UNE GESTATION CHEZ LA CHIENNE - Le Point Vétérinaire n° 433 du 01/09/2022
Le Point Vétérinaire n° 433 du 01/09/2022

La reproduction en 10 étapes

Auteur(s) : Émilie Rosset

Fonctions : (dipECAR)
Université de Lyon, VetAgro Sup
1 avenue Bourgelat
69280 Marcy-l’Étoile

En plus de réaliser un suivi rigoureux de la gestation à l’aide de l’imagerie et des dosages de progestérone, le praticien peut prodiguer de nombreux conseils concernant les soins recommandés.

La gestation est souvent synonyme de stress pour le propriétaire, surtout s’il est peu expérimenté, voire pour le vétérinaire également. À l’image du Code de la santé publique qui établit un calendrier de suivi et des examens obligatoires, le rôle du praticien est de proposer un plan de suivi de la gestation afin d’anticiper et de limiter les complications éventuelles.

DIAGNOSTIC ET SUIVI DE LA GESTATION

Le propriétaire ou l’éleveur est souvent impatient de savoir si la femelle est gestante. Différents examens sont à la disposition du praticien, mais seuls seront évoqués dans cet article les plus pertinents et les plus couramment utilisés. En effet, si la palpation abdominale ou le dosage de relaxine sont possibles, ils ne permettent pas d’estimer la viabilité des fœtus et leur usage est aujourd’hui limité [5, 7].

1. Diagnostic de gestation

L’échographie

L’échographie est l’examen de choix pour établir un diagnostic de gestation, mais aussi pour en suivre le déroulement. Sûr, non invasif, rapide à mettre en œuvre, c’est l’examen qui permet le diagnostic de gestation le plus précoce à ce jour. La visualisation des vésicules embryonnaires est possible entre le 16e et le 18e jour après l’ovulation. Un examen échographique doit être systématiquement proposé pour effectuer le diagnostic de gestation par visualisation des ampoules fœtales entre 25 et 30 jours postovulation, ou au moins 30 jours après la dernière saillie (photo 1) [7].

La radiographie

Vers 50 jours après l’ovulation, un second contrôle de la gestation peut être proposé avec un examen radiographique de l’abdomen de la chienne. Cet examen permet de dénombrer les chiots via la visualisation des squelettes et de détecter d’éventuelles anomalies fœtales ou maternelles (bassin fracturé antérieurement, etc.) (photo 2) [7].

2. Traitements ou soins pendant la gestation

Soins recommandés

Une femelle gestante ou en lactation doit recevoir une alimentation adaptée équilibrée, à haute densité énergétique, et en quantité plus importante au cours du deuxième mois de la gestation : en moyenne, l’augmentation est de 10 % par semaine à partir de 35 jours de gestation, à adapter selon le gabarit de l’animal au départ. Une chienne nourrie avec des croquettes en quantité suffisante n’a besoin d’aucune supplémentation par ailleurs, notamment calcique, sous peine d’accroître le risque d’éclampsie.

Les traitements antiparasitaires sont recommandés au-delà de 40 jours de gestation [5, 7]. En effet, à ce stade, l’organogenèse étant terminée, le risque de toxicité fœtale est limité. Comme il est particulièrement difficile d’éliminer les larves d’ascaris enkystées dans les muscles des adultes, pour éviter toute transmission in utero, il convient de rompre le cycle parasitaire. L’administration de fenbendazole (Panacur® pendant trois à cinq jours) ou de milbémycine oxyme et de praziquantel (Milbemax®, en une prise dix jours avant et dix jours après la mise bas) limite le passage des larves aux fœtus par voie placentaire puis aux chiots par voie lactée. Quelques jours avant la mise bas et juste avant l’installation de la femelle en maternité, il est conseillé de la toiletter avec un shampooing antiseptique ou à l’eau de Javel diluée (à 0,5 %), afin de réduire le portage de parvovirus ou de Toxocara notamment, mais aussi de tondre la zone périnéale et les mamelles pour faciliter l’allaitement [1, 7].

Actes médicaux à éviter

Pendant la gestation, l’administration de médicaments est à évaluer au regard du bénéfice attendu. En effet, la femelle gestante est soumise à d’importantes modifications physiologiques (augmentation du débit cardiaque, diminution de la perfusion rénale, etc.), ce qui devrait conduire à modifier la posologie et le rythme d’administration employés pour garantir à la fois une bonne efficacité et une faible toxicité (diminution des doses). Les effets indésirables (effet tératogène ou embryotoxicité) peuvent être à l’origine d’une mortalité précoce (résorption embryonnaire), d’un avortement ou de malformations congénitales. Cependant, de nombreuses molécules peuvent être utilisées sans risque d’effet tératogène.

Les vaccinations sont également à éviter, surtout celles qui comportent des souches vivantes atténuées, afin de prévenir le développement d’une infection chez les femelles qui n’ont jamais été vaccinées et un potentiel avortement ou une tératogénicité. Il est donc recommandé, sauf exception, de vacciner la chienne avant la saillie, ce qui permet aussi de protéger les fœtus contre une éventuelle infection par les agents pathogènes contre lesquels elle a été vaccinée (en plus d’enrichir le colostrum en anticorps ciblés) [1, 7].

CONNAÎTRE LA DATE DU TERME

Connaître la date présumée pour la mise bas permet avant tout de s’organiser (présence auprès de la chienne si besoin), mais aussi d’identifier les dépassements de terme, d’éviter une intervention médicale ou chirurgicale trop précoce qui pourrait engendrer une prématurité des nouveau-nés. En outre, elle permet de programmer la réalisation d’une césarienne chez les chiennes à risque [8, 11].

La durée réelle de la gestation (c’est-à-dire l’intervalle entre l’ovulation et la mise bas) est comprise entre 61 et 63 jours. La durée apparente de gestation (intervalle entre l’accouplement et la mise bas) est comprise entre 57 et 70 jours. Ainsi, la date de la saillie ne peut pas être utilisée pour évaluer le stade de la gestation, donc pour définir la date de la mise bas, en raison de cette imprécision [1, 7].

PROGRAMMER UNE CÉSARIENNE

La programmation d’une césarienne est intéressante chez certaines chiennes à risque élevé de dystocie (tableau) [7]. Pour cela, il est indispensable de connaître la date de l’ovulation en réalisant un suivi des chaleurs incluant des dosages de progestérone et/ou des échographies ovariennes, afin de déterminer la date prévisionnelle de la mise bas avec précision [1, 4]. Néanmoins, dans les cas (fréquents) où la date de l’ovulation n’est pas précisément connue, il n’est pas possible de programmer la césarienne en garantissant la survie des chiots.

1. Chiennes dont la date d’ovulation est connue

Pour ces femelles, le suivi est simple si la gestation se passe bien. Les chiennes sont revues autour du 25e jour après l’ovulation pour une confirmation échographique de la gestation. Enfin, elles sont de nouveau examinées au 60e ou 61e jour postovulation pour un contrôle échographique et un dosage de progestérone sanguine. Suivant les résultats de ce dosage, la femelle reçoit ou non une injection d’aglépristone (à la dose de 15 mg/kg, Alizine®) :

– si la concentration sanguine en progestérone est supérieure à 4 ng/ml (soit au-dessus de 12 nmol/l), ce qui est le cas le plus fréquent, la chienne reçoit l’injection d’aglépristone et la césarienne est réalisée 18 à 24 heures après [4, 8, 11] ;

– si la concentration sanguine de progestérone est inférieure à 2 ng/ml (donc inférieure à 6 nmol/l), la progestéronémie est considérée comme basale et la mise bas devrait se déclencher seule au cours des 24 heures qui suivent [4]. La césarienne est alors effectuée immédiatement, sans nécessiter d’injection d’aglépristone. À 60 jours postovulation, il est rare d’être dans ce cas de figure, excepté lorsque les portées sont de très grande taille ;

– si la concentration en progestérone est comprise entre 2 et 4 ng/ml (soit entre 6 et 12 nmol/l), la progestéronémie est considérée comme douteuse. L’injection d’aglépristone est alors effectuée et la césarienne est programmée 18 à 24 heures après l’injection. Si la mise bas se déclenche (généralement au cours de la nuit), le propriétaire est invité à se rapprocher de la clinique dès les premiers signes du part, sans attendre la dystocie [4].

2. Chiennes dont la date d’ovulation est inconnue

Le plus souvent, ces chiennes sont vues pour la première fois au moment du diagnostic de gestation ou peu de temps avant la mise bas estimée, car les propriétaires sont demandeurs d’une césarienne programmée. Les signes annonciateurs de la mise bas sont inconstants d’une femelle à l’autre et parfois trop précoces pour être considérés comme des signes fiables de début de travail : un à trois jours avant le part, la chienne change de comportement, devient nerveuse et agitée (isolement, halètement, confection d’un nid, etc.). La montée de lait, la chute de la température rectale de 1 °C, le relâchement de la vulve ou l’écoulement de glaire cervicale (qualifié également de fonte du bouchon muqueux) sont des indices que la date du terme approche (dans les 24 heures), mais ils ne sont pas toujours présents. Il existe des formules de prédiction de la date de mise bas chez la chienne à partir de différents paramètres mesurés, mais la date du terme obtenue n’est pas assez fiable ou précise pour permettre la programmation d’une césarienne sans risque [2, 8, 10, 11]. Ce calcul est néanmoins intéressant pour décider du moment auquel commencer la surveillance.

Lorsque la date d’ovulation est inconnue, la femelle est suivie à l’approche de la mise bas, soit vers le 60e jour estimé de la gestation, tous les jours via un dosage de progestérone et une échographie abdominale, afin d’évaluer la date la plus appropriée pour opérer. Il est conseillé d’attendre la chute physiologique de progestérone (sous le seuil de 2 ng/ml) pour intervenir sans déclencher la mise bas médicalement (encadré).

DÉCELER UNE ANOMALIE GESTATIONNELLE

Plusieurs affections peuvent être associées ou exacerbées par la gestation. Leur diagnostic précoce semble réduire sensiblement les complications. Si une anorexie transitoire apparaît souvent en début de gestation ou au moment de la mise bas, une diminution prolongée de l’appétit doit alerter le vétérinaire et le propriétaire. Au-delà de deux semaines de jeûne au cours du deuxième tiers de la gestation, le risque de toxémie ou de diabète gestationnel devient non négligeable. Le diabète sucré gestationnel est une affection rare chez la chienne liée au développement progressif d’une insulino-résistance consécutive à la sécrétion de progestérone. L’éclampsie, ou tétanie puerpérale, est un syndrome convulsif aigu de la chienne en lactation dû à une diminution importante de la concentration en calcium circulant. Elle est essentiellement observée chez les chiennes de petit et moyen formats, après la mise bas et plus rarement en fin de gestation. Ces affections, très rares pendant la gestation, sont décelées via l’observation du tableau clinique (anorexie) et grâce à des analyses biologiques sur du sang et de l’urine. D’autres affections plus courantes sont diagnostiquées au moyen de l’imagerie ou par un dosage hormonal.

1. Par l’imagerie

Certaines affections du fœtus peuvent être détectées lors de l’examen échographique (notamment l’anasarque ou un excès de liquide amniotique) et/ou radiographique de la femelle gestante, sans atteindre cependant le degré de précision de la médecine humaine. Par échographie, les premiers signes de mort fœtale sont l’absence d’activité cardiaque ou de mouvements, un retard de croissance par rapport au stade annoncé (sous réserve que la date d’ovulation soit connue), une diminution de volume de la corne et une modification de l’échogénicité des liquides fœtaux. Avant la fin du premier mois de gestation, la mort du conceptus se traduit généralement par une résorption complète et peut être physiologique dans 30 % des cas. Lorsque la mort d’un fœtus survient après le 35e jour de gestation, elle se traduit par des pertes vulvaires. Il n’existe pas vraiment de signes d’appel échographiques antérieurs à l’avortement. À la radiographie, la mort fœtale est mise en évidence par le chevauchement des os du crâne (signe de Spalding), la présence d’air dans la cavité abdominale ou thoracique du fœtus ou encore la désorganisation progressive du squelette [7].

2. Par l’hormonologie

L’insuffisance lutéale se définit comme une réduction de la durée de vie du corps jaune entraînant une chute anormalement précoce de la concentration plasmatique de la progestérone [6, 7]. Cette chute favorise la mise en place d’un processus lutéolytique qui se traduit par une infertilité ou un avortement selon le moment du cycle où il se produit. Chez la chienne, comme il n’existe pas de relais placentaire à la synthèse de progestérone, l’insuffisance lutéale peut survenir à n’importe quel moment de la gestation. L’incidence de l’insuffisance lutéale est peu connue et sans doute sous-estimée. Le diagnostic d’insuffisance lutéale est suggéré par exclusion. Trois conditions sont nécessaires à l’établissement du diagnostic : la confirmation d’une gestation, l’observation de l’avortement et l’exclusion de toutes les autres causes d’interruption de la gestation, qu’elles soient infectieuses (bactéries, virus), nutritionnelles (régime déséquilibré), endocrinologiques (Cushing, hypothyroïdie) ou le résultat d’interférences médicamenteuses (se référer au résumé des caractéristiques des produits avant de traiter pendant la gestation). Outre la difficulté d’établir un diagnostic, ce dernier est souvent trop tardif, l’ensemble de la portée étant perdu. Dans ces cas-là ou lors d’avortements précédents ou de chaleurs rapprochées tous les quatre mois, la chienne est suivie au cours de sa gestation dès le 21e jour avec des dosages réguliers (hebdomadaires ou bihebdomadaires) de la progestéronémie. Ainsi, l’éventuelle chute précoce du taux plasmatique de progestérone est facilement et rapidement mise en évidence [6, 7]. Une insuffisance lutéale est généralement suspectée et un traitement proposé en cas de :

– chute de la progestéronémie supérieure à 30 % entre deux dosages hebdomadaires ;

– progestéronémie inférieure à 15 ng/ml le premier mois de gestation ;

– chute de la progestéronémie sous un seuil de 8 ng/ml lors du deuxième mois de gestation.

Si l’un de ces cas se produit, un traitement substitutif avec de la progestérone naturelle est entrepris. Par voie orale, le traitement actuellement préconisé repose sur l’utilisation d’une spécialité à usage humain à base de progestérone micronisée (Utrogestan®), à la dose de 100 mg pour 30 kg toutes les huit heures (en raison la demi-vie de la molécule, les intervalles sont à respecter strictement) jusqu’au 58e jour postovulation (lorsque la date de l’ovulation n’est pas connue, l’arrêt du traitement sera forcément moins précis). Des contrôles de la progestéronémie après l’instauration du traitement sont recommandés. Ils consistent en des dosages réalisés juste avant la prise d’une des gélules, une à deux fois par semaine, jusqu’à la fin du traitement. Les effets indésirables sont rares avec Utrogestan®. Certaines chiennes, notamment de petit format, tolèrent mal de fortes doses (les gélules sont dosées à 100 mg) et peuvent manifester de l’inconfort. En répartissant de plus petites doses dans la journée, les effets secondaires (nausées, polyuro-polydipsie, etc.) disparaissent rapidement [6, 7].

Des dystocies sont également plus fréquemment observées après un traitement à base de progestérone par voie orale, du fait d’une dilatation du col insuffisante et/ou d’une atonie utérine. Enfin, une perturbation de la lactation (lait en quantité insuffisante) est parfois rapportée chez des chiennes atteintes d’une insuffisance lutéale et venant de mettre bas, sans doute en raison de l’inhibition de la sécrétion de prolactine. Pour limiter les effets secondaires, il convient d’arrêter la supplémentation de progestérone exogène à 58 jours de gestation, de suivre la chienne par échographie tous les deux jours afin de s’assurer de la viabilité des fœtus, et enfin de réaliser une césarienne si la mise bas ne se déclenche pas spontanément après l’arrêt du traitement (attendre d’être à J63) [6-8].

Références

  • 1. Arlt S. The bitch around parturition. Theriogenology. 2020;150:452-457.
  • 2. Beccaglia M, Faustini M, Luvoni GC. Ultrasonographic study of deep portion of diencephalo-telencephalic vesicle for the determination of gestational age of the canine foetus. Reprod. Domest. Anim. 2008;43(3):367-370.
  • 3. Boroffka SA. Ultrasonographic evaluation of pre- and postnatal development of the eyes in beagles. Vet. Radiol. Ultrasound. 2005;46(1):72-79.
  • 4. De Cramer KGM, Nöthling JO. The precision of predicting the time of onset of parturition in the bitch using the level of progesterone in plasma during the preparturient period. Theriogenology. 2018;107:211-218.
  • 5. Johnson CA. Pregnancy management in bitch. Theriogenology. 2008;70:1412-1417.
  • 6. Johnson CA. High-risk pregnancy and hypoluteoidism in the bitch. Theriogenology. 2008;70(9):1424-1430.
  • 7. Johnston SD, Root-Kustritz MV, Olson PNS. Canine and Feline Theriogenology. Philadelphia: WB Saunders Company. 2001:592p.
  • 8. Levy X, Fontaine E, Segalini V et coll. Elective caesarean operation in the bitch using aglepristone before the pre-partum decline in peripheral progesterone concentration. Reprod. Domest. Anim. 2009;44(Suppl. 2):182-184.
  • 9. Lopate C. Gestational aging and determination of parturition date in the bitch and queen using ultrasonography and radiography. Vet. Clin. North Am. Small Anim. Pract. 2018;48(4):617-638.
  • 10. Luvoni GC, Beccaglia M. The prediction of parturition date in canine pregnancy. Reprod. Domest. Anim. 2006;41:27-32.
  • 11. Roos J, Maenhoudt C, Zilberstein L et coll. Neonatal puppy survival after planned caesarean section in the bitch using aglepristone as a primer: a retrospective study on 74 cases. Reprod. Domest. Anim. 2018;53(Suppl. 3):85-95.

Conflit d’intérêts : Aucun

Points clés

• L’échographie est l’examen de choix pour diagnostiquer ou suivre la gestation.

• Le suivi de la gestation, par échographie et grâce aux conseils prodigués (alimentation adaptée, connaissance de la date du terme, etc.), permet d’anticiper les difficultés éventuelles de la mise bas.

• Ce suivi permet aussi de limiter les pertes de gestation (totales ou partielles) en cas d’insuffisance lutéale par exemple.

• Le dosage de la progestérone a de nombreuses indications : il permet de dater l’ovulation, de suivre la gestation (diagnostic et correction de l’insuffisance lutéale) et de connaître la date du terme (valeur basale de progestérone).

ENCADRÉ : SIGNES ÉCHOGRAPHIQUES À L’APPROCHE DU TERME

Si la date d’ovulation n’est pas connue, la date de la mise bas ne peut être déterminée précisément et il convient d’estimer approximativement le stade de gestation. Lorsque la date du terme approche, une échographie biquotidienne doit être pratiquée et associée à un dosage de la progestérone. D’autres éléments échographiques peuvent aussi être pris en compte. Tout d’abord, l’artère hyaloïde, dans la chambre postérieure de l’œil, arbore une structure triangulaire à l’approche du cristallin (photo 5a). Elle régresse à partir du 45e jour de gestation et à J61, elle n’est plus visible à l’échographie en raison de la vasoconstriction induite par la mise bas imminente (photo 5b) [3]. Lorsque du péristaltisme intestinal est présent, la gestation a dépassé 56 jours postovulation, mais il est souvent encore trop tôt pour intervenir. En outre, la vitalité des fœtus doit systématiquement être contrôlée lors de l’échographie via une mesure de leur fréquence cardiaque, qui est un bon indicateur de la souffrance fœtale. Physiologiquement, elle est comprise entre 180 et 240 battements par minute (bpm), ou est au moins quatre fois supérieure à la fréquence cardiaque de la mère. Au-dessous de 150 bpm, une intervention obstétricale est nécessaire : il est démontré que le taux de survie des nouveau-nés diminue en parallèle du délai de prise en charge. Au-dessous de 120 bpm, une intervention immédiate est indispensable, car les chances de survie des nouveau-nés sont réduites [7].

CONCLUSION

Un suivi rigoureux de la gestation est nécessaire pour anticiper les éventuelles complications. L’imagerie, et en premier lieu l’échographie, reste incontournable pour le diagnostic et le suivi de la gestation. Les éleveurs étant de plus en plus procéduriers, connaître la date d’ovulation pour pouvoir programmer une césarienne devient indispensable. Enfin, la détection précoce de l’insuffisance lutéale permet de la traiter sans risquer de perdre la portée. De nombreuses incertitudes subsistent en reproduction canine sur le suivi de la gestation, et notamment la prédiction de la parturition pour limiter les risques de prématurité. Des études restent à mener pour pouvoir s’appuyer davantage encore sur les examens d’imagerie, à l’instar de la médecine humaine.

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