Le Point Vétérinaire n° 422 du 01/10/2021

ÉCHOGRAPHIE DU FOIE

Échographie du foie : normalité et anomalies

PARTIE 1 : NORMALITÉ

Bérangère Ravary-Plumioën

Chuv animaux de production
UP pathologie des animaux de production
ENV d’Alfort
7, avenue du Général de Gaulle
94700 Maisons-Alfort

La position et la taille du foie, ainsi que son aspect et sa vascularisation peuvent être évalués facilement par l’échographie transcutanée chez les ruminants.

Résumé

L’exploration échographique du foie chez les ruminants nécessite de préparer les derniers espaces intercostaux en regard de la cavité abdominale droite (du 5e au 12e) et de disposer au minimum d’une sonde classiquement utilisée pour le suivi de la reproduction, voire d’une sonde de fréquence plus basse chez les animaux adultes de grand format. Chez les jeunes, l’examen peut être complété par une exploration en arrière de la dernière côte en raison d’une étendue relativement plus caudale de l’organe. L’examen s’effectue sur un animal debout, en balayant chaque espace intercostal (du 12e au 7e) de haut en bas avec la sonde positionnée parallèlement aux côtes. La limite dorsale d’exploration échographique du foie, dans chacun des espaces intercostaux les plus craniaux, correspond à la limite ventrale du poumon droit. Dans les espaces les plus caudaux, une grande quantité de parenchyme hépatique est visible, contrairement aux espaces plus craniaux où seule une portion ventrale du foie est accessible. Le parenchyme hépatique apparaît contre le péritoine comme une structure d’échogénicité homogène avec, en son sein, quelques structures au contenu anéchogène correspondant à des vaisseaux sanguins. La veine cave caudale et la veine porte, ainsi que la vésicule biliaire, peuvent être facilement reconnues. L’intégrité du foie peut être objectivée par l’appréciation de l’aspect du parenchyme, mais aussi par la mesure de la taille du foie, de ses principaux vaisseaux et de la vésicule biliaire. Cette appréciation de la position, de la taille et de l’aspect du foie, des vaisseaux et de la vésicule biliaire se révèle utile dans la démarche diagnostique lors de certaines affections hépatiques chez les ruminants. Il convient tout d’abord de connaître l’apparence normale, tant chez les bovins que chez les petits ruminants.

Summary

ULTRASOUND TECHNIQUE AND NORMAL IMAGES OF THE RUMINANT LIVER

For ultrasound exploration of the liver in ruminants, the last intercostal spaces (5th to 12th) of the right abdominal cavity are prepared and one or more probes conventionally used for reproduction monitoring are used. A lower frequency probe may be required in large adult animals. The organ extends relatively more caudal in young animals and the examination can extended to exploration caudal to the last rib. The examination is performed on a standing animal by scanning each intercostal space (12th to 7th) from top to bottom with the probe positioned parallel to the ribs. The dorsal limit of ultrasound exploration of the liver, in each of the most cranial intercostal spaces, corresponds to the ventral limit of the right lung. In the more caudal spaces, a large amount of liver parenchyma is visible, in contrast to the more cranial spaces where only a ventral portion of the liver is accessible. The liver parenchyma appears against the peritoneum as a homogeneous echogenic structure with, within it, some structures with anechoic content corresponding to blood vessels. The caudal vena cava and portal vein as well as the gallbladder can be easily recognised. The integrity of the liver can be assessed by evaluating the appearance of the parenchyma, but also by measuring the size of the liver, its main vessels and the gallbladder. The assessment of the position, size and appearance of the liver, vessels and gallbladder can be useful in the diagnosis of certain liver diseases in ruminants. It is important to be able to recognize the normal appearance of the liver in both cattle and small ruminants.

Key words

ULTRASOUND, RUMINANTS, LIVER, GALLBLADDER, PORTAL VEIN, CAUDAL VENA CAVA
Les ruminants peuvent être atteints d’affections hépatiques diverses par leur nature et leur gravité, telles que des abcès hépatiques, une stéatose, une hépatite (leptospirose, intoxication), une parasitose (douve, échinococcose), des calculs biliaires, un foie cardiaque, une thrombose veineuse, voire des tumeurs [9, 11, 12, 14]. Le diagnostic de telles affections est généralement difficile à établir faute de signes cliniques spécifiques (souvent une perte de poids, une anorexie, un abattement, une diarrhée, parfois une fièvre intermittente, un ictère ou une dermatite ...

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