Le Point Vétérinaire n° 421 du 01/09/2021

ÉCHOGRAPHIE DES INTESTINS

Échographie des intestins : normalité et anomalies

PARTIE 2 : ANOMALIES

Bérangère Ravary-Plumioën

Chuv animaux de production
UP pathologie des animaux de production
ENV d’Alfort
7, avenue du Général de Gaulle
94700 Maisons-Alfort

L’exploration échographique du petit intestin des ruminants permet d’évaluer tout arrêt du transit ou défaut de péristaltisme, alors que celle du gros intestin est utile pour objectiver principalement une dilatation.

Résumé

Lors de signes cliniques d’un arrêt du transit digestif ou en l’absence de bruits intestinaux audibles à l’auscultation digestive chez un ruminant, l’échographie du petit intestin permet de vérifier la position anatomique de chaque segment et la présence ou non d’un péristaltisme intestinal, en observant la motilité des anses intestinales, mais aussi d’objectiver une dilatation en mesurant le diamètre des anses. Des images typiques ressemblant à une cible, un œil-de-bœuf, un oignon ou un sandwich doivent faire suspecter une intussusception jéjunale ou iléale, voire cæco-colique. Lors de syndrome hémorragique jéjunal, en plus de la dilatation des anses situées en amont de l’obstruction, un contenu luminal hyperéchogène, correspondant à un caillot de sang, peut être visualisé. Toutefois, la non-visualisation d’une anomalie intestinale, intraluminale ou pariétale ne permet pas d’exclure l’existence d’un syndrome intestinal occlusif ou obstructif, en cas de localisation trop profonde par rapport à l’exploration permise par la sonde utilisée. La visualisation d’une structure au contenu gazeux, sur une large zone du flanc droit, doit faire suspecter une dilatation du cæcum et/ou du côlon. À partir des seules images échographiques, la différenciation entre les différentes affections du cæcum (simple dilatation, torsion ou rétroflexion) est impossible, à moins de prendre en compte la projection anatomique de la structure dilatée. En plus de l’évaluation de l’aspect et de la localisation de chacun des segments intestinaux, il convient de rechercher la présence anormale d’un épanchement péritonéal ou d’autres anomalies, comme un épaississement pariétal ou de la fibrine.

Summary

ABNORMAL IMAGES AND THE VALUE OF EXAMINING RUMINANT INTESTINES

Ultrasonography of the small intestine is used to verify intestinal motility and dilatation in ruminants presenting with clinical signs of cessation of digestive transit or absence of audible intestinal sounds on digestive auscultation. The anatomical position of each segment can be identified, the presence or absence of intestinal peristalsis verified, and dilatation assessed by measuring the diameter of intestinal loops. Jejunal or ileal intussusception or even ceco-colic intussusception should be suspected if typical images resembling a target, bull’s eye, onion or sandwich are observed. In jejunal haemorrhagic syndrome, dilatation of the intestinal loops cranial to the obstruction and hyperechoic luminal contents corresponding to a blood clot are seen. However, the non-visualisation of an intraluminal or parietal abnormality does not exclude the presence of an occlusive or obstructive intestinal syndrome when the location is too deep for the probe used. Dilatation of the cecum and/or colon should be suspected if a structure with gaseous content over a large area of the right flank is visualized. Differentiation between the different conditions affecting the cecum (simple dilatation, torsion or retroflexion) is not possible using ultrasonography alone, unless the anatomical projection of the dilated structure is considered. The presence of abnormal peritoneal effusion or other abnormalities, such as parietal thickening or fibrin, should also be verified in addition to assessing the appearance and location of each of the intestinal segments.

Key words

ULTRASOUND, RUMINANTS, INTESTINES, JEJUNUM, CAECUM, OBSTRUCTION, OCCLUSION
Les affections intestinales chez les ruminants peuvent être de nature diverse, selon le segment affecté (duodénum, jéjunum, cæcum, côlon) et l’étiologie. Dans certains cas, elles s’accompagnent d’un arrêt du transit digestif d’origine mécanique, voire fonctionnelle, dû à une obstruction (par un caillot de sang lors de syndrome hémorragique jéjunal, par un phytobézoard ou trichobézoard), une occlusion (intussusception, volvulus ou rétroflexion du cæcum, atrésie intestinale, hématome pariétal, œdème pariétal lors de volvulus ou de torsion de la racine mésentérique, strangulation, incarcération ...

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