ÉTAPE 4 : GONADECTOMIE CHEZ LE CHIEN ET LE CHAT : À RÉALISER AU CAS PAR CAS - Le Point Vétérinaire n° 419 du 01/07/2021
Le Point Vétérinaire n° 419 du 01/07/2021

La consultation comportementale en 10 étapes

Auteur(s) : Emmanuelle Titeux*, Caroline Gilbert**, Claire Diederich***

Fonctions :
*(dipl. ECAWBM behavioural
medicine)
Service d’éthologie
ENV d’Alfort
Cabinet Akeovet
53, rue Lemercier
75017 Paris
**(dipl. ECAWBM science,
ethics and law)
ENV d’Alfort
7, avenue du Général de Gaulle
94700 Maisons-Alfort
***(dipl. ECAWBM science, ethics
and law)
Département de médecine vétérinaire
(Urvi-Narilis), faculté des sciences
de l’université de Namur
61, rue de Bruxelles
B-5000 Namur (Belgique)

Des données récentes viennent remettre en cause les bénéfices systématiques du recours à la gonadectomie chez le chien et le chat. Cet article fait le tour de la question et pointe les différences d’effets bénéfiques éventuels selon l’espèce et le sexe.

De nos jours, la gonadectomie est une intervention dite “de convenance” et elle est programmée presque automatiquement dès les premières visites des chatons ou des chiots, au même titre que la vaccination ou la vermifugation (encadré 1). Si, à l’origine, sa préconisation participait d’une volonté de limiter les portées non désirées, elle est présentée aujourd’hui comme une plus-­value pour la bonne santé et le comportement de ces animaux.

Certains vétérinaires, en lien avec des pratiques développées par d’autres pays (États-Unis, Royaume-Uni), peuvent la réaliser et la préconiser à un âge précoce (2 ou 3 mois). L’objectif de cet article est de fournir des clés au praticien pour recommander la gonadectomie aux propriétaires, au cas par cas et de manière argumentée.

AVERTISSEMENT

Les recherches relatives à la gonadectomie chez le chien et le chat n’ont pas été menées dans une perspective d’analyse du risque qu’elle induit. En effet, l’analyse du risque de la gonadectomie vise à identifier les conséquences délétères de sa pratique et les facteurs de risque qui modulent ces dangers, afin de pouvoir ensuite déterminer et évaluer les risques et prendre des mesures préventives adaptées. Ainsi, le lecteur doit être averti du fait que la littérature scientifique sur ce sujet présente un certain nombre d’incertitudes, sous forme de biais, qui rend la comparaison entre publications parfois difficile : usage de questionnaires complétés par les propriétaires des animaux versus examen clinique réalisé par un vétérinaire, modalités de recrutement des animaux variables (refuge, élevage, de propriétaires), différence d’âge au moment de la gonadectomie, intervalles de temps différents entre la gonadectomie et l’étude (de quelques mois à plusieurs années), taille des échantillons d’animaux étudiés variée, effets éventuels de la race, etc. Il convient donc de rester vigilant quant à l’interprétation des résultats et aux conclusions des publications. De surcroît, de nombreuses études citées font référence à des populations canines provenant des États-Unis, pour lesquelles l’âge de la gonadectomie, la génétique et l’environnement des animaux diffèrent parfois beaucoup de ceux appliqués ou connus en Europe [15]. Les travaux qui s’intéressent à l’espérance de vie et/ou aux effets à long terme de la gonadectomie sont donc à interpréter avec la plus grande prudence [32, 55, 56].

EFFETS DE LA GONADECTOMIE CHEZ LE CHAT

Un certain nombre d’études ont été menées pour identifier les effets de la gonadectomie chez le chat (Felis catus), sur sa santé et ses comportements (encadré 2).

1. Effets sur la santé

Les chats mâles castrés présentent un taux de mortalité inférieur à celui des chats mâles entiers [43]. La gonadec­tomie diminue le comportement de recherche de partenaires (vagabondage) et de bagarres (moins de blessures et d’infections). Le chat mâle castré occupe un domaine vital réduit de plus de moitié par rapport au chat entier (il passe de 8,2 à 3,2 hectares), évitant ainsi de nombreux accidents de la circulation [16].

Chez la chatte, les tumeurs mammaires occupent le troisième rang des néoplasies, en termes de fréquence, après celles de la peau et du tissu hématopoïétique [42]. Il s’agit dans 96 % des cas d’un carcinome mammaire dont l’issue est souvent fatale. Actuellement, pratiquer une ovariectomie entre l’âge de 6 mois et 1 an chez cette espèce semble un bon compromis entre développement comportemental complet et prévention du carcinome mammaire. En effet, la réduction du risque de tumeur est de 91 % si la femelle subit une ovariectomie avant l’âge de 6 mois, et de 86 % avant l’âge de 1 an [42]. En outre, la gonadectomie chez le chat peut induire une prise de poids, quel que soit le sexe (photo 1). En effet, les animaux gonadectomisés ont 3,4 fois plus de risques de devenir obèses en comparaison des animaux entiers [40]. Cette obésité s’accompagnerait d’un risque accru de diabète (multiplié par deux ou par neuf selon les auteurs) et d’arthrose [9, 33, 43]. Contrôler l’apport énergique de la ration devrait être une solution de choix mais, au regard de l’augmentation de la proportion des animaux obèses, le suivi de ces recommandations ne semble pas chose aisée et le maintien d’un poids de forme peut entraîner des frustrations alimentaires [10].

2. Effets sur les comportements

Chez 80 à 90 % des chats mâles, la gonadectomie supprime les comportements sexuels comme le marquage (élimination des urines en postures debout), mais aussi les agressions et le vagabondage (photo 2) [21]. Le marquage peut néanmoins persister chez certains animaux, traduisant une efficacité relative de la gonadectomie sur la réduction de l’expression de ce comportement [4]. Chez la chatte, le retrait des ovaires supprime les chaleurs et les comportements gênants associés.

3. Effets de la gonadectomie précoce

Depuis plusieurs années, certains auteurs et associations vétérinaires (Avma américaine et Bsava britannique) proposent de réaliser la gonadectomie avant l’âge de 5 mois [1, 8]. Dans certaines études à l’appui de ces recommandations, les animaux sont gonadectomisés dès l’âge de 2 à 3 mois, sans qu’il soit fait mention d’impacts négatifs sur la santé ou sur le développement comportemental [30, 39, 44, 52].

Il faut toutefois souligner les nombreux biais communs à ces études. Les animaux étudiés sont des chats de refuge, non représentatifs de la population générale (photo 3). L’âge de la gonadectomie précoce varie selon l’auteur de 16 à 26 semaines. Récemment, en 2021, Maniaki et ses collaborateurs ont utilisé le terme de “gonadectomie précoce” dans le titre de leur article, alors que la conclusion recommandait une stérilisation “avant 6 mois” [36]. Au sein de ces populations stérilisées précocement, la répartition des chats par âge (3 mois versus 6 mois) est rarement indiquée. Le suivi repose sur les réponses des propriétaires à des questionnaires en ligne, ce qui induit une grande subjectivité [44, 52]. Le sexe et l’âge des répondants à ces questionnaires sont biaisés puisqu’il s’agit majoritairement de femmes seules, âgées de moins de 40 ans [44]. Les études longitudinales suivent les chats jusqu’à l’âge de 5 ans, trop précocement pour détecter d’éventuels effets délétères chez les animaux mâtures [44]. Enfin, la taille des échantillons étudiés est parfois réduite (par exemple, six chats par groupe, certains ne participant pas à l’ensemble du protocole) [47]. Malgré ces lacunes (durée du suivi, taille de l’échantillon, généralisation aux diverses populations félines), les auteurs concluent souvent en faveur de la stérilisation précoce pour tous les chats.

Il faut aussi prêter attention à la population féline qui subit cette gonadectomie précoce, car il semble qu’elle concerne des individus qui auraient eu, d’après leurs conditions de vie, peu de chances de se reproduire : ils appartiennent à des propriétaires soucieux de la bonne santé de leur animal, vivant en ville, ne désirant pas faire reproduire leur animal [39]. En revanche, les chats à l’origine des portées non désirées appartiennent à des propriétaires réticents à dépenser de l’argent et du temps pour leur animal (pas de vaccination, pas de stérilisation, vie à l’extérieur) [39]. Ainsi, préconiser la stérilisation précoce en clientèle courante aurait un impact limité sur les naissances non désirées.

La seconde population féline gonadectomisée précocement est celle des chats de race. En effet, d’après une étude via un sondage en ligne, réalisée auprès de 999 éleveurs de chats en France, 49 % des éleveurs vendent leurs chatons stérilisés et, pour 83 % d’entre eux, dès l’âge de 3 mois [17]. Pour 94 % des éleveurs, cette intervention est décidée de leur propre initiative, la raison principale étant de rendre les animaux impropres à la reproduction.

Les promoteurs de la stérilisation précoce en élevage félin s’appuient sur les études menées chez des chats de refuge pour encourager cette pratique. Or, ces deux populations ne sont pas comparables et les motivations à la castration diffèrent : protection animale liée aux abandons et aux euthanasies en refuge versus réduction du nombre d’individus reproducteurs et moindre concurrence à la vente des chatons. Dans ce dernier cas, la conséquence serait une augmentation du risque de consanguinité et une perte de la diversité génétique [31].

EFFETS DE LA GONADECTOMIE CHEZ LE CHIEN

Un certain nombre d’études ont été menées pour identifier les effets de la gonadectomie chez le chien (Canis familiaris), sur sa santé et ses comportements (encadré 3).

1. Effets communs aux deux sexes

Sur la santé

Les avantages et les inconvénients de la gonadectomie pour la santé des chiens rapportés dans la littérature concernent l’espérance de vie, l’occurrence de néo­plasies, les maladies ostéoarticulaires, les problèmes immunitaires et la surcharge pondérale.

En ce qui concerne l’espérance de vie, Hoffmann et son équipe démontrent une augmentation de celle-ci chez les chiens stérilisés par rapport aux animaux entiers, ces derniers mourant plus tôt, de maladies infectieuses [25].

L’échantillon de chiens étudié dans cet article, souvent cité, est cependant critiquable car, aux États-Unis, les chiens entiers appartiennent soit à des éleveurs, soit à une population défavorisée chez laquelle les animaux ne sont ni identifiés ni vaccinés. A contrario, Waters et ses collaborateurs montrent que les femelles rottweilers stérilisées avant l’âge de 4,3 ans ont une espérance de vie plus courte que celles stérilisées ultérieurement [58].

Les animaux ayant subi une gonadectomie sont susceptibles de présenter davantage de néoplasies, plus précocement que les animaux entiers, sous la forme d’hémangiosarcomes, de mastocytomes, de carcinomes prostatiques, d’ostéosarcomes, de lymphomes et lymphosarcomes, de cancers spléniques et cardiaques [15, 25]. Cette situation serait la conséquence d’un taux d’hormone lutéinisante (LH) élevé en l’absence de rétrocontrôle négatif par les hormones sexuelles. La LH se fixerait sur des récepteurs et activerait la synthèse cellulaire et le relargage d’oxyde nitrique [15].

Parmi les animaux gonadectomisés, un plus grand nombre d’individus sont atteints d’affections ostéoarticulaires (rupture du ligament croisé, dysplasie de la hanche, luxation rotulienne) que chez les entiers [54]. Le cartilage est un tissu hormono-sensible et, en particulier, l’un des tissus cibles des hormones sexuelles. L’œstradiol augmenterait la quantité de protéoglycanes et de collagène de type Il de la matrice du cartilage, soit par la stimulation des synthèses, soit par la diminution de la dégradation de ces protéines [11]. Chez l’homme, l’épaisseur du cartilage du genou est corrélée au niveau de testostérone circulant [19]. Chez le teckel, une étude rétrospective concernant les hernies discales, incluant 1 964 chiens, conclut qu’il faut reconsidérer l’intérêt de la gonadectomie chez cette race (photo 4) [13]. Les femelles gonadectomisées seraient plus fréquem­ment atteintes, quel que soit leur âge au moment de l’intervention. Pour les mâles, la gonadectomie ne devrait pas être pratiquée avant 12 mois d’âge.

Deux études se proposent d’aider les praticiens dans la prise de décision concernant l’âge auquel il faudrait proposer la gonadectomie, selon le sexe et la race de l’animal, voire son poids, afin de limiter la survenue de cancers et d’affections articulaires [23, 24]. Il en ressort que les chiens de races de taille géante pourraient être stérilisés plus tardivement (1 à 2 ans). Pour les chiens croisés, un poids de 20 kg définirait le seuil pour décider d’une stérilisation avant ou après l’âge de 1 an.

Les animaux gonadectomisés seraient en outre plus sensibles aux affections secondaires à des désordres immunitaires [53].

Les chiens ayant subi une gonadectomie sont plus nombreux à présenter une surcharge pondérale, quel que soit l’âge de la stérilisation, par rapport aux animaux entiers [35]. Un contrôle de l’apport énergétique est souvent prescrit. La diminution de l’apport calorique, à aliment constant, nécessite d’en diminuer le volume quotidien. Pour certains chiens, la satiété n’étant plus atteinte, cela pourrait induire une frustration alimentaire. Bien qu’à ce jour aucun travail de recherche n’ait été consacré à ce sujet, cette absence de satiété pourrait conduire à la coprophagie, aux agressions autour de la nourriture ou à la recherche permanente de nourriture dans le foyer ou à l’extérieur lors des promenades. Une prise en charge nutritionnelle adaptée semble plus que nécessaire [57].

Sur le développement comportemental et le vieillissement cognitif

En 2001, une étude de Hart a montré que les chiens mâles entiers présentent une progression des déficiences cognitives plus lente que les animaux gonadectomisés [20].

En 2017, une étude de Mongillo a mis en évidence que les chiens ayant subi une gonadectomie sont moins compétents, pour une tâche de performance spatiale, que les animaux entiers [38]. Les femelles entières réussissent à 81 % versus 56 % pour les stérilisées, tandis que 62 % des mâles entiers réussissent versus seulement 50 % des mâles gonadectomisés.

Enfin, selon une étude récente, l’ovariectomie a un effet délétère sur les capacités sociocognitives des chiennes dans la race labrador retriever [50].

Sur la variabilité génétique

Canis familiaris présente une grande variabilité dans son aspect phénotypique, bien que la majorité des races aient émergé d’un pool de géniteurs limités [49]. Accentuée par la popularité de certains reproducteurs et les accouplements consanguins, la perte de la diversité génétique s’est intensifiée dans de nombreuses races [31]. Stériliser précocement et systématiquement la majorité des individus dans une race (à l’exception de quelques reproducteurs) conduit à la perte définitive d’une variabilité génétique indispensable à la sélection d’individus non porteurs de gènes responsables de maladies. De plus, les tests comportementaux effectués précocement ne sont pas prédictifs du tempérament à l’âge adulte. Ils ne permettent pas d’identifier, avant de les stériliser, les chiens les plus performants en matière de travail ou les plus adaptés à la vie de compagnie [46].

2. Effets de la gonadectomie chez la chienne

Sur la santé

La gonadectomie supprime ou diminue l’apparition de pyomètres et de cancers des ovaires. Ainsi, l’incidence (nombre de cas nouveaux par an) des tumeurs mammaires chez la chienne est de 3,4 %, dont 50,9 % peuvent être malignes [6, 7, 45]. Si la chienne est stérilisée avant ses premières chaleurs, le risque se réduit à 0,5 % ; après les premières chaleurs, le risque est de 8 %, puis de 26 % après les deuxièmes chaleurs [51]. Après 2,5 ans, il n’y aurait plus d’intérêt préventif à pratiquer la gonadectomie. Avant de fixer un âge idéal de stérilisation chez la chienne, encore faut-il mentionner que la vaginite de la femelle prépubère est une affection fréquente, qui rétrocède dans plus de 85 % après les premières chaleurs [29]. Il convient dès lors de laisser se dérouler les premières chaleurs chez les chiennes présentant cette affection, avant de pratiquer la gonadectomie.

Une étude conduite par Jitpean et ses collaborateurs en Suède, où la gonadectomie de convenance dans l’espèce canine est interdite, évalue le bilan des risques selon les races pour le pyomètre et les tumeurs mammaires [28]. Chez les femelles entières de races leonberg et dogue allemand, le risque est élevé de contracter ces deux affections. Chez les femelles springer anglais non gonadectomisées, le risque de tumeurs mammaires est élevé, mais pas celui de pyomètre. Dans la race bouvier bernois, les femelles entières présentent un risque élevé de présenter un pyomètre vers l’âge de 5 ans, mais un risque très faible de développer des tumeurs mammaires.

Quant à l’incontinence urinaire, elle apparaîtrait 7,8 fois plus souvent chez les chiennes gonadectomisées par rapport aux chiennes entières [26, 27]. Néanmoins, une méta-analyse remettrait en doute cette affirmation et ne confirmerait pas le lien causal entre gonadectomie et incontinence urinaire [5]. Bien que ce soit une affection bénigne, l’incontinence nécessite une prise une charge médicale à plus ou moins long terme (40 % de guérison), voire chirurgicale (50 % de guérison) [26, 27]. Pour certaines races (boxer, rottweiler, dobermann, setter irlandais, braque de weimar, épagneul springer, bobtail et schnauzer géant), le taux d’incontinence pourrait atteindre 65 % [2]. Certains auteurs rapportent que ce trouble urinaire est, dans 20 % des cas, la cause d’une mauvaise relation chien-propriétaire, allant parfois jusqu’à un sentiment de colère et de frustration pouvant conduire le maître à demander l’euthanasie de son animal [12].

Il est dès lors important d’informer le propriétaire du risque élevé d’incontinence urinaire après l’intervention, en particulier chez les chiens appartenant à ces races canines.

Sur le comportement

En ce qui concerne les modifications comportementales, une diminution de l’agressivité des chiennes après la gonadectomie est souvent évoquée. Néanmoins, les études convergent pour conclure à son augmentation vis-à-vis des congénères, mais aussi envers les personnes, familières ou étrangères [15, 41].

Une autre idée reçue, selon laquelle la gonadectomie “stabiliserait” l’humeur de la chienne, n’est pas confirmée. L’étude de Balogh montre plutôt l’inverse : chez le labrador retriever, les femelles stérilisées sont plus peureuses vis-à-vis des autres chiens, mais aussi des bruits et des objets insolites, que les chiennes intactes [3].

3. Effets de la gonadectomie chez le chien mâle

La croyance commune associerait volontiers le niveau d’agressivité d’un chien à son taux de testostérone. Ainsi, la gonadectomie conduirait à “pacifier” les mâles. A contrario, Farhoody et son équipe montrent que l’agressivité chez le chien n’est pas corrélée au taux de testostérone, mais plutôt à d’autres facteurs [15].

À titre d’exemple, la fréquentation de cours d’obéissance ou l’acquisition chez un éleveur diminueraient l’agressivité, alors que l’achat en animalerie ou le recours à la punition physique l’augmenterait. Il y a cinquante ans déjà, la gonadectomie avant la puberté n’avait pas eu d’effet sur le comportement de cour ou de chevauchement, ou même sur celui de garde d’un os chez les chiens étudiés [34].

En revanche, s’il a été observé que la gonadectomie chez le chien mâle diminuait le comportement de fugue chez 94 % des individus, a contrario, une étude plus récente, réalisée sur des chiens errants au Chili, conclut à l’absence ­d’effets sur le comportement de divagation et sur la superficie du domaine vital après la castration chirurgicale ou l’immunocastration [18, 22].

Enfin, l’étude de McGreevy et son équipe montre que plus les chiens sont gonadectomisés tardivement, plus le risque de présenter des comportements indésirables diminue [37]. Sur vingt-huit comportements indésirables, seuls le marquage urinaire et les hurlements lors de l’isolement sont davantage observés chez les chiens opérés tardivement. Les vingt-six autres comportements sont surtout constatés chez les animaux gonadectomisés précocement.

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Conflit d’intérêts : Aucun

Encadré 1 : STÉRILISATION ET GONADECTOMIE

Le terme de stérilisation définit le fait de pratiquer une intervention qui rend l’animal incapable d’avoir une descendance. Ainsi, ce terme recouvre à la fois la gonadectomie (retrait des gonades), l’hystérectomie (retrait uniquement de l’utérus) et les ligatures des canaux spermatiques (vasectomie, épididymectomie) et des oviductes. La stérilisation par hystérectomie, par ligature des trompes ou par vasectomie ne modifie pas la sécrétion des hormones sexuelles et laisse intacte l’expression du comportement de reproduction des animaux et du profil métabolique.

L’âge idéal pour pratiquer la stérilisation n’est, à ce jour, pas déterminé. Avant l’âge de 6 mois, les auteurs utilisent les termes de stérilisation précoce, prépubertale, juvénile, voire pédiatrique. Il s’agit alors d’une intervention chez un jeune animal, impliquant des risques qui lui sont propres, ainsi qu’une pratique adaptée.

La gonadectomie, aussi appelée castration, quel que soit le sexe, comprend l’orchiectomie (retrait des testicules), l’ovariectomie (retrait des ovaires) et l’ovariohysterectomie (retrait des ovaires et de l’utérus). La littérature scientifique en langue anglaise utilise le terme de « neutering ». La gonadectomie supprime la sécrétion des hormones sexuelles par les ovaires et les testicules.

Toutes les interventions de stérilisation par voie chirurgicale impliquent une hospitalisation et une anesthésie générale avec des effets éventuels sur le comportement, le vieillissement cérébral et le métabolisme. Ces effets, en eux-mêmes et couplés à ceux de la gonadectomie, n’ont pas encore été caractérisés.

Encadré 2 : EFFETS DE LA GONADECTOMIE CHEZ LE CHAT, SUR SA SANTÉ ET SES COMPORTEMENTS

Pour l’espèce féline, la gonadectomie chez les femelles et les mâles reste une intervention chirurgicale qui améliore la longévité et la santé, malgré ses conséquences délétères sur la prise de poids et les comorbidités associées. Son impact sur les comportements indésirables est prouvée (vagabondage, marquage). En revanche, la recommandation de la pratiquer précocement, pour atténuer les effets délétères du retrait des gonades ou pour contrôler les populations de chats errants, n’est pas étayée scientifiquement pour le moment.

Points clés

• Dans l’espèce canine, il ressort de la littérature scientifique actuelle que, chez la femelle, une analyse au cas par cas du bien-fondé de la gonadectomie est à envisager, plutôt que d’intervenir systématiquement.

• La gonadectomie pratiquée avant les premières chaleurs induirait la réduction maximale du risque de tumeurs mammaires et la suppression des pyomètres, un développement incomplet du vagin avec une altération de la population microbienne vaginale, l’absence d’apparition des comportements liés aux premières chaleurs qui définissent le passage à la maturité sexuelle [48].

• La gonadectomie pratiquée après les premières chaleurs permettrait le développement complet du vagin avec la conservation du microbiote vaginal, la réduction moindre du risque de tumeurs mammaires et la suppression des pyomètres, l’acquisition de l’ensemble des caractéristiques comportementales de l’espèce [48].

• La gonadectomie bien au-delà des premières chaleurs nécessite l’apport de connaissances scientifiques pour connaître la balance bénéfices/risques qui dépend fortement des caractéristiques raciales.

En concertation avec les propriétaires, une stérilisation au-delà de la première année pourrait être envisagée, surtout dans le cas des chiens de grande taille [23, 24].

• Chez le chien mâle, les preuves d’un bénéfice de la gonadectomie pour la santé sont insuffisantes. De même, un effet favorable sur le comportement ou les troubles du comportement des individus n’est pas démontré.

• Selon certains auteurs, la gonadectomie effectuée chez des individus craintifs (mâles ou femelles) n’est pas recommandée.

• Dans l’espèce féline, il ressort de la littérature actuelle qu’un bénéfice de la gonadectomie sur la santé est observé vers l’âge de 6 mois. Si elle est plus précoce, aucun bénéfice pour la santé n’est mentionné et l’absence d’effets délétères doit encore être démontrée sur le long terme, d’autant que l’âge minimal auquel la gonadectomie est pratiquée peut être très variable selon les sources (entre 6 semaines et 4 mois). Chez les chats de race, la pratique de la gonadectomie à grande échelle risque d’augmenter la consanguinité du fait de la réduction du nombre de reproducteurs disponibles et, par conséquent, de celle du pool génétique.

Encadré 3 : EFFETS DE LA GONADECTOMIE CHEZ LE CHIEN, SUR SA SANTÉ ET SES COMPORTEMENTS

• Chez la chienne, la gonadectomie permet de diminuer le risque de tumeurs mammaires et de pyomètre [14]. Il faut informer les propriétaires que ces affections peuvent être rares dans certaines races mais qu’en revanche, l’incontinence urinaire, l’obésité ou l’agressivité pourront nécessiter une prise en charge médicale, diététique et comportementale.

Vu la variabilité des conséquences défavorables consécutives à la gonadectomie selon les races, il devient complexe de recommander un âge pour cette intervention chez la chienne. L’honnêteté scientifique conseille de prendre en considération les attentes du propriétaire, tout en lui expliquant qu’en l’état actuel des connaissances, il est impossible d’affirmer que la stérilisation de sa chienne à 6 mois offre un bénéfice garanti pour la santé de celle-ci. Il est néanmoins possible de proposer une consultation “prégonadectomie” afin d’évaluer les avantages et les inconvénients pour l’animal. La décision finale sera le fruit d’une concertation entre le praticien et le propriétaire, comme c’est déjà le cas au sein de certaines cliniques.

En ce qui concerne les chiens de refuge ou en l’absence de contrôle de la gestation, la gonadectomie vers l’âge de 6 mois demeure le seul moyen de prévenir des naissances non désirées. À ce stade, il faut noter que les effets de cette intervention pratiquée avant l’âge de 4 mois n’ont pas été évalués scientifiquement, ce qui ne permet pas de la recommander.

• Chez le chien mâle, la gonadectomie pratiquée par “convenance” présente un avantage discutable pour la santé de l’animal et a un impact aléatoire sur son comportement. La pratique de la vasectomie semble une solution alternative intéressante à conseiller, afin de limiter le nombre de portées non désirées (chiens de refuge). Dans le contexte de la prise en charge d’une affection hormono-dépendante (hyperplasie bénigne de la prostate, circumanalomes, etc.), la gonadectomie sur “prescription” reste un traitement efficace. Enfin, pour les troubles du comportement, une prise en charge au cas par cas semble être la meilleure option.

CONCLUSION

Dans l’espèce féline, si la gonadectomie à l’âge de 6 mois est un réel avantage pour la santé de tous les individus, la recommandation pour la pratiquer bien avant 6 mois (gonadectomie précoce) semble prématurée. Les effets sur le long terme de la gonadectomie précoce sont mal connus et les animaux qui la subissent ne seraient pas ceux qui sont à l’origine de portées non désirées. Dans l’espèce canine, au regard des récentes publications, il est aujourd’hui difficile d’affirmer que la gonadectomie doit être pratiquée chez tous les individus à l’âge de 6 mois. Cette intervention reste une exérèse d’organes qui ont un rôle dans la physiologie, le comportement social et les relations interspécifiques des carnivores domestiques. Il conviendrait ainsi de peser les avantages et les inconvénients de la gonadectomie pour chaque animal selon son sexe, sa race, son tempérament et l’environnement dans lequel il vit (présence de congénères des deux sexes dans un même foyer, par exemple). Dès 2012, des praticiens américains, britanniques et danois s’étaient concertés pour généraliser cette pratique au cas par cas [43]. Une position consensuelle(1) des collèges américains (ACT) et européen (Ecar) des vétérinaires spécialistes en reproduction animale existe en ce sens également.

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