Le Point Vétérinaire n° 417 du 01/05/2021

ONCOLOGIE

Médecine canine

Eliot Gougeon*, Antoine Bernardé**


*CHV Saint-Martin
275, route Impériale
74370 Saint-Martin-Bellevue

La stérilisation est, en principe, un gage d’absence d’activité sexuelle. Il existe dans certains cas un échappement hormonal potentiellement délétère dont il convient d’identifier l’origine.

Résumé

Une chienne dogue allemand âgée de 9 ans, ayant subi une ovariohystérectomie à la suite d’un pyomètre à l’âge de 3 ans, est référée pour trouver l’origine de pertes vulvaires nauséabondes et brunes qui ne régressent pas malgré deux traitements antibiotiques. Des examens, échographique puis tomodensitométrique, révèlent deux masses dans le cadran abdominal moyen droit associées à une augmentation du volume du moignon utérin, ce qui motive la réalisation d’une laparotomie en vue de l’exérèse de ces trois structures. L’examen histologique met en évidence une tumeur ovarienne des cellules de la granulosa (TCG), un hématome péritonéal et une cervicite suppurée. Cette masse est située à distance de la fosse rétro-rénale où sont habituellement retrouvées les TCG qui se développent à partir d’un ovaire ou d’un résidu ovarien (rémanence ovarienne). Le bilan d’extension est négatif et l’intervention a permis la disparition totale des signes cliniques. Les tumeurs ovariennes canines sont relativement peu fréquentes et concernent essentiellement les chiennes entières âgées de 6 ans ou plus. Celles des cordons sexuels (tumeurs des cellules de la granulosa, lutéomes et thécomes) et les épithéliales sont les plus fréquentes, contrairement aux germinales. Elles sont toujours localisées au niveau du pédicule ovarien et il semble que le cas présenté soit la première description d’une tumeur ovarienne située à distance chez une chienne stérilisée. La sécrétion d’hormones sexuelles par les tumeurs des cellules de la granulosa est fréquente et provoque des signes cliniques associés au tractus génital. L’échographie et le scanner sont les examens complémentaires de choix pour l’exploration. La cytoponction sous contrôle échographique permet d’établir un diagnostic dans 95 % des cas, mais nécessite de tenir compte des risques de dissémination. Le pronostic est généralement bon après l’exérèse (en l’absence de métastases). Actuellement, aucun protocole de chimiothérapie ou de radiothérapie n’est validé de façon consensuelle.

Summary

ATYPICAL LOCATION OF A GRANULOSA CELL TUMOUR IN A SPAYED BITCH

A 9-year-old Great Dane bitch that had been neutered at the age of 3 years old, was referred to find the origin of a brown, foul-smelling vulvar discharge that did not regress despite two courses of antibiotics. Ultrasonography and CT scan revealed two masses in the right mid-abdominal quadrant associated with an increase in the volume of the uterine stump. A laparotomy was performed to remove the three structures. Histological examination revealed an ovarian granulosa cell tumour (GCT), a peritoneal haematoma and suppurative cervicitis. The mass was located at a distance from the retro-renal fossa where GCTs are usually found. These tumours develop from an ovary or an ovarian remanence. The assessment of tumour spread was negative, and the clinical signs regressed completely after the operation. Canine ovarian tumours are relatively uncommon and mainly affect entire bitches aged 6 years or more. Tumours affecting the sex cords (granulosa cell tumours, luteomas and thecomas) and epithelial tumours are the most frequent and germ cell tumours are rarer. These tumours are always located in the ovarian pedicle and this case appears to be the first description of a remotely located ovarian tumour in a neutered bitch. Sex hormone secretion by granulosa cell tumours is common and causes clinical signs affecting the genital tract. Ultrasonography and CT scan are the complementary examinations of choice for exploration. A diagnosis can be established in 95 % of cases using ultrasound-guided cytopuncture, but needs to take into account the risks of dissemination. The prognosis is generally good after exeresis in the absence of metastases. No protocol for chemotherapy or radiotherapy has been consensually validated to date.

Key words

GRANULOSA, NÉOPLASIA, PERSISTENCE, ECTOPIC OVARY, BITCH
Les tumeurs ovariennes représentent 1 % des néoplasies dans l’espèce canine. Les tumeurs des cellules de la granulosa (TCG) sont les plus fréquemment rencontrées (17 à 29 % des cas) après les adénomes papillaires (43 %) [25, 31]. Ces tumeurs sont principalement observées entre l’âge de 4 et 9 ans chez les chiennes entières, ou lors de rémanence ovarienne [31]. Classiquement localisées au niveau du pôle caudal du rein, elles sécrètent fréquemment des hormones stéroïdiennes (progestérone, testostérone, œstrogène, etc.) favorisant l’apparition d’affections hormonodépendantes ...

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