IMAGES ANORMALES ET INTÉRÊT DE L’EXAMEN DE LA RÉGION DU RÉSEAU ET DU RUMEN - Le Point Vétérinaire n° 415 du 01/03/2021
Le Point Vétérinaire n° 415 du 01/03/2021

ÉCHOGRAPHIE

Échographie du réseau et du rumen : normalité et anomalies

Auteur(s) : Bérangère Ravary-Plumioën

Fonctions : Chuv animaux de production
UP pathologie des animaux de production
ENV d’Alfort
7, avenue du Général de Gaulle
94700 Maisons-Alfort

L’examen échographique du réseau ou du rumen permet avant tout de confirmer la présence d’une péritonite, d’en évaluer la gravité, puis éventuellement l’évolution, à la suite de la mise en place d’un traitement.

Les dysfonctionnements du réseau chez les ruminants sont principalement des affections septiques provoquées par l’ingestion de corps étrangers vulnérants, tels que des vis, des armatures de pneus qui servent à tenir les bâches en plastique protégeant les silos d’ensilage (photo 1), etc., puis la migration de ces derniers au travers de la paroi de l’organe, à l’origine d’une péritonite dans la région cranio-ventrale gauche. Toutefois, ces affections ont généralement une symptomatologie fruste et non spécifique, avec un abattement, une dysorexie, une baisse de la production laitière chez une vache en lactation, une hypomotilité, voire une atonie ruminale, une posture dos voussé, une tachycardie ou, éventuellement, une hyperthermie modérée (uniquement dans les cas aigus) [1, 8, 18, 20]. Une douleur dans la région xyphoïdienne peut être recherchée par la mise en évidence d’un gémissement ou d’une réaction de défense lors de la réalisation de divers examens (test du garrot ou du bâton, test de percussion du réseau). Mais, même en présence d’un corps étranger dans la région réticulaire, ces tests se révèlent négatifs chez presque un animal sur deux [14]. À l’aide de l’examen clinique et des tests de douleur, il n’est donc pas facile pour le vétérinaire d’établir un diagnostic de certitude et d’évaluer la sévérité de l’affection. L’examen échographique de la région du réseau constitue alors un examen complémentaire d’intérêt que tout praticien peut être amené à réaliser du fait du développement actuel de sondes adaptées sur les échographes portables(1). D’autres affections peuvent être recherchées par l’échographie des préestomacs, comme le syndrome de “buveur ruminal” chez de jeunes veaux ou la présence anormale chez un ruminant de tout âge d’organes déplacés ou d’éléments pathologiques entre la paroi du rumen et la paroi abdominale.

IMAGES ANORMALES DANS LA RÉGION DU RÉSEAU

Le réseau et les organes adjacents présents dans la région cranio-ventrale gauche (atrium et sac ventral du rumen, voire fundus de la caillette) doivent être évalués sur les images échographiques en termes de position, d’aspect, mais aussi de mobilité (encadré).

1. Anomalies de position

Le réseau, qui est normalement adjacent au péritoine et au diaphragme au repos, peut être déplacé dorsalement. Il se retrouve alors écarté de plusieurs centimètres du péritoine ventral en raison de la présence d’un épanchement péritonéal, d’une masse périréticulaire (abcès) ou d’adhérences péritonéales [2, 4, 8, 9, 10, 11, 24].

L’organe peut également être visualisé dans une position plus caudale que la normale, lors de certaines affections thoraciques, comme une péricardite (le sac péricardique distendu repoussant le réseau au travers du diaphragme) ou une pleurésie (avec un épanchement de gros volume dans l’espace pleural gauche). À l’inverse, il peut être dans une position plus craniale que la normale lors de gestation avancée, en raison du volume de l’utérus gravide, de la dilatation importante du rumen, d’un déplacement de la caillette à gauche ou encore de la présence d’une masse (abcès).

2. Anomalies d’aspect

La paroi du réseau peut paraître irrégulière et épaissie du fait d’un dépôt de matières échogènes (fibrine) sur la séreuse, d’intensité variable. Toutefois, la visualisation d’un contour normal ne suffit pas à exclure l’existence d’une péritonite localisée.

Les abcès de la région réticulaire apparaissent sous la forme de masses rondes à ovalaires et circonscrites (photos 2 à 4). L’apparence de leur contenu varie selon la cellularité et la consistance du pus : homogène ou hétérogène (aspect granulaire, floconneux, avec cloisonnement par des travées ou logettes, etc.), anéchogène ou plus ou moins échogène, avec éventuellement des éléments figurés dedans. Ces abcès paraissent souvent délimités par une paroi échogène plus ou moins épaisse suivant la chronicité de l’affection. Leur diamètre est variable, de quelques centimètres à plus de quinze [1, 3, 4, 7, 8, 9, 23]. Lors de la visualisation d’un abcès en région réticulaire, il convient de vérifier s’il semble entraîné par les contractions réticulaires, ce qui indique qu’il s’agit d’un abcès accolé à la paroi du réseau (photo 3). Dans le cas contraire, l’abcès visualisé peut être adhérent à la paroi abdominale ou à un autre organe adjacent [8, 23]. Bien que résultant de la ponction ou de la perforation de la paroi du réseau par un corps étranger métallique vulnérant, l’origine traumatique des abcès dans la région du réseau ne peut jamais être établie avec certitude. En effet, comme le contenu des préestomacs n’est pas visible à l’échographie(1), les corps étrangers métalliques ou les aimants présents dans la cavité réticulaire ou ruminale ne sont pas détectés par cet examen. Exceptionnellement, un corps étranger métallique peut être identifié au sein d’un abcès ou d’un épanchement, sous la forme d’un trait rectiligne hyperéchogène, à l’image de l’aspect d’une aiguille visible lors de toute ponction échoguidée [7, 10]. Si un corps étranger vulnérant a partiellement perforé la paroi réticulaire, il est, là aussi, théoriquement possible de voir l’élément métallique (son extrémité sortie) qui émerge de la paroi du réseau. Les abcès seraient visibles à l’échographie dans un délai de quatre à dix-huit jours après l’ingestion d’un corps étranger vulnérant, d’après une étude expérimentale d’induction d’une réticulo-péritonite traumatique via l’administration orale de plusieurs corps étrangers [19].

Un épanchement péritonéal peut être visible sous la forme d’une accumulation anormale de liquide en périphérie du réseau. Ce liquide présente un aspect anéchogène à hypoéchogène, et plus ou moins hétérogène selon son contenu (cellules inflammatoires et fibrine) (photos 5 et 6) [3, 4, 7, 8].

Souvent, plusieurs anomalies signant une inflammation dans la région du réseau coexistent chez un même bovin, comme un épanchement péritonéal et un amas de fibrine, ou de la fibrine et un ou plusieurs abcès périréticulaires, etc. (photos 2 et 7). Selon Braun et son équipe, la lésion la plus souvent identifiée lors de réticulo-péritonite traumatique est l’association d’un dépôt de fibrine et d’un épanchement péritonéal (dans 76 % des cas chez 494 bovins). Les autres types lésionnels, beaucoup plus rares, regroupent les abcès réticulaires (22 % des cas), la fibrine sans épanchement (16 %) et les lésions hypoéchogènes sans précision (9 %) [7].

Ces anomalies sont le plus souvent visualisées en arrière du réseau (entre le réseau et l’atrium ou le sac ventral du rumen), mais elles peuvent être retrouvées cranialement, ventralement, dorsalement, voire à droite de l’organe. Des abcès sont notamment localisés entre le réseau et le diaphragme, la rate, le foie, le feuillet ou la caillette [3, 4, 7, 9, 10]. Il convient donc d’explorer largement cette zone pour ne pas passer à côté de telles lésions.

3. Anomalies de motilité

Un défaut de motilité du réseau, qui se traduit par une réduction du nombre ou de l’amplitude des contractions biphasiques du réseau ou par un ralentissement de la vitesse de contraction, peut être objectivé à l’échographie. Le plus souvent, lors de réticulo-péritonite traumatique, la fréquence des contractions du réseau apparaît normale, alors que leur amplitude est fortement réduite. Parfois, seules les phases de contraction et de relaxation du réseau apparaissent plus lentes, ou encore aucune motilité de l’organe n’est visible (tableau) [4, 8, 9, 18, 20]. Ainsi, Gallant et ses collaborateurs ont mis en évidence une réduction significative de l’amplitude de contraction du réseau lors de réticulo-péritonite traumatique chez des bovins, avec une amplitude moyenne de 1,5 cm (+/- 2,3) pour la première contraction versus 7,2 cm (+/- 1,6) chez les animaux sains, et de 2,3 cm (+/- 3,1) pour la seconde contraction au lieu de 17,5 cm (+/- 1,6) chez les sujets sains [16]. Ce défaut de motilité du réseau lors de réticulo-péritonite traumatique est souvent associé à des adhérences périréticulaires et rarement à une inhibition de l’activité motrice du nerf vague [8].

La motilité du réseau peut toutefois être anormale (réduite) en cas de fièvre ou de douleur. Des substances médicamenteuses sont aussi à l’origine d’une atonie temporaire du réseau, d’une durée variable selon la molécule, la dose employée et la voie d’administration (intramusculaire ou intraveineuse) : 3 à 9 minutes pour la scopolamine (à une posologie comprise entre 0,05 et 0,2 mg/kg), 15 à 20 minutes pour la xylazine (à raison de 0,05 à 0,15 mg/kg) et 18 à 111 minutes pour l’atropine (à la dose de 0,01 et 0,15 mg/kg). En revanche, la scopolamine administrée par voie intramusculaire n’aurait aucun effet inhibiteur [5]. Il est également possible de mettre en évidence une hypermotilité du réseau (contractions réticulaires trop fréquentes) lors d’un défaut d’évacuation des ingesta vers le feuillet [4, 13, 24]. Il convient de suspecter dans ce cas la présence d’un corps étranger (bâche de plastique, gant de fouille, ficelle, corde, placenta) obstruant l’orifice réticulo-omasal [13]. Toutefois, la présence du corps étranger ne pourra pas être établie par l’échographie, il faudra recourir à une ruminotomie. En outre, une hypermotilité (et non une hypomotilité) peut être observée chez certains bovins atteints de réticulopéritonite traumatique (tableau) [7].

Lors de syndrome de Hoflund (ou vagus), des anomalies diverses peuvent être relevées au niveau de la motilité du réseau : une atonie complète (aucune contraction), des contractions rares (une à deux en 3 minutes d’observation) ou, au contraire, trop fréquentes (cinq à douze en 3 minutes), des contractions biphasiques de faible amplitude ou uniquement monophasiques. Toutefois, selon Braun, il n’est pas possible de localiser précisément la gêne à l’évacuation du contenu des préestomacs (sténose proximale ou réticulo-omasale et sténose distale ou pylorique) à partir de ces seules anomalies de motilité du réseau [12].

4. Autres anomalies

Des organes, normalement non présents chez l’animal sain, peuvent être visualisés en contact avec le réseau dans la région cranio-ventrale gauche, comme le foie cranialement au réseau lors d’hépatomégalie (photo 8), ou les intestins lors de la sortie de ces derniers de la bourse supra-omentale (photo 9).

INTÉRÊTS DE L’EXPLORATION ÉCHOGRAPHIQUE DU RÉSEAU

L’échographie de la région du réseau permet d’infirmer ou de confirmer la présence d’une péritonite, après avoir recherché un certain nombre d’anomalies telles qu’un défaut de motilité du réseau (traduisant l’existence probable d’adhérences entre les parois réticulaire et abdominale), la présence de liquide périréticulaire ou encore un contour irrégulier de la paroi du réseau. Cette péritonite n’est toutefois pas toujours due à la migration d’un corps étranger vulnérant à partir du réseau. Elle peut aussi résulter d’un ulcère perforé de la caillette, par exemple [16, 18]. Il est alors conseillé d’étendre la zone d’investigation en déplaçant la sonde plus à droite (visualisation de la caillette) ou plus caudalement (visualisation de la paroi du rumen) [11].

L’échographie peut également être utilisée pour réaliser une paracentèse transcutanée, en cas de doute sur la nature de l’épanchement visible dans la région du réseau. L’analyse du liquide ainsi prélevé (aspect, odeur, densité, dosage des protéines, du glucose, voire cytologie) permet de différencier un exsudat d’un transsudat, donc de confirmer ou non la nature septique de l’épanchement [8].

L’échographie de la région abdominale craniale se révèle utile lors du traitement d’un abcès périréticulaire, pour réaliser une ponction transcutanée échoguidée lorsque ce dernier est adjacent à la paroi musculaire, et suivre sa régression après sa vidange ou la mise en place d’une antibiothérapie [3, 7, 8, 10]. Si une ruminotomie est effectuée et qu’une masse est palpée au travers de la paroi du réseau, il est possible de glisser la sonde échographique dans la lumière du rumen, puis du réseau, pour vérifier la nature abcédative de la masse et, éventuellement, localiser le site d’incision de la paroi du réseau et de l’abcès, lorsqu’un drainage de ce dernier vers la cavité réticulaire doit être entrepris [8]. Peu d’études sont disponibles concernant l’intérêt pronostique de l’examen échographique lors de réticulo-péritonite traumatique. Néanmoins, il faut retenir que la présence d’adhérences dans la région du réseau, même associées à l’absence de motilité de ce dernier, n’induit pas nécessairement un pronostic sombre. Une étude montre que six mois après le traitement chirurgical d’une réticulo-péritonite traumatique, via le retrait du corps étranger et le drainage éventuel de l’abcès, les lésions inflammatoires de la région du réseau peuvent disparaître complètement (aucun signe d’adhérences) ou au moins régresser (adhérences moins marquées) [17].

LIMITES

Lors de l’examen échographique du réseau, il n’est pas possible de déterminer si un éventuel corps étranger est présent et, lorsqu’il est vulnérant, s’il est seulement pénétrant ou au contraire perforant à travers la paroi du réseau. Ainsi, le choix du traitement (administration d’un aimant ou retrait du corps étranger par ruminotomie) ne peut pas être uniquement dicté par les conclusions de l’échographie. Il faudrait, pour cela, recourir à une radiographie du réseau, un examen rarement réalisé en pratique courante, pour apprécier la position du corps étranger par rapport à l’aimant dans la cavité réticulaire [7, 15].

IMAGES ANORMALES DU RUMEN

1. Chez le veau

Du lait peut être anormalement présent dans le rumen du veau à la suite d’un défaut de fermeture de la gouttière œsophagienne, de l’administration de lait par sondage ou encore d’un reflux de la caillette vers le rumen. Dans ce cas, à l’échographie, le sac ventral du rumen contient un liquide à l’aspect hétérogène (nombreux points échogènes, voire amas hyperéchogène correspondant à du lait caillé) et le sac dorsal du gaz, à l’origine d’artefacts de réverbération. Un contenu hétérogène est également visible au sein du réseau si ce dernier peut être échographié : il est alors repoussé cranio-dorsalement juste après un repas de lait par la caillette, volumineuse, et se trouve donc masqué par les poumons [6].

2. Chez l’adulte

Dans la région du rumen, des anomalies de position ou d’aspect peuvent également être observées chez le ruminant adulte. Lors d’inflammation péritonéale, la paroi du rumen présente des anomalies comparables à celles du réseau (aspect irrégulier ou épaississement dus au dépôt de fibrine). Le rumen peut aussi paraître déplacé, sans contact avec la paroi abdominale, lors d’un épanchement péritonéal (espace anéchogène en cas d’ascite ou hétérogène lors de péritonite), d’un dépôt de fibrine (photo 10), d’un abcès (photo 11) ou d’un déplacement de caillette (photo 12).

INTÉRÊTS DE L’EXPLORATION ÉCHOGRAPHIQUE DU RUMEN

Chez les ruminants, les principales affections détectables à l’échographie dans la région du rumen sont les péritonites (fibrineuse, fibreuse et abcédative) et le déplacement de caillette à gauche(2). En revanche, comme le contenu ruminal n’est pas visible(1), la nature précise d’une météorisation (gazeuse ou spumeuse) ne peut pas être appréciée par cet examen. En outre, l’échographie se révèle utile pour déterminer la cause d’une déformation abdominale gauche ou d’un “ping” (son tintinnabulant ou métallique perceptible à l’auscultation lors de la réalisation de pichenettes sur la paroi abdominale) audible au niveau de l’abdomen à gauche. Il est possible de différencier une météorisation d’un déplacement de caillette à gauche, d’un gros abcès partiellement gazeux, d’un hématome sévère, d’une hernie pariétale ou encore d’un épanchement abondant, responsable de la modification du profil abdominal gauche et/ou du “ping” anormal.

Chez un jeune veau préruminant souffrant de ballonnements, un contenu anormal dans le rumen (lait) peut être objectivé, permettant ainsi d’établir un diagnostic de “buveur ruminal”.

Il est également possible d’apprécier toute hypermotilité ou hypomotilité, voire atonie du rumen, en évaluant les mouvements de glissement de sa paroi contre le péritoine pariétal, même si aucune étude scientifique ne s’est intéressée à cet aspect pour le moment. Enfin, comme dans la région du réseau, la réalisation d’une ponction échoguidée peut permettre d’identifier la nature de l’épanchement péritonéal détecté ou de drainer un abcès.

  • (1) Voir la partie 1 de cet article (techniques et images normales) dans Le Point vétérinaire n° 412, décembre 2020.

  • (2) Ces affections feront l’objet de prochains articles.

Références

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Conflit d’intérêts : Aucun

Encadré : PARAMÈTRES À ÉVALUER LORS DE L’ÉCHOGRAPHIE DE LA RÉGION DU RÉSEAU

• Nombre de contractions cycliques biphasiques (voire triphasiques) du réseau durant une période de trois à quatre minutes et appréciation de l’amplitude des deux contractions successives d’un même cycle (première et seconde)*.

• Contour du réseau (aspect de la paroi).

• Contour des organes adjacents au réseau (péritoine pariétal, diaphragme, atrium et sac ventral du rumen, rate, foie, caillette, feuillet).

• Présence ou absence de liquide périréticulaire (épanchement).

• Présence ou absence de dépôts fibrineux (flammèches, amas).

• Présence ou absence d’adhérences supposées, par appréciation de la motilité du réseau (les adhérences se manifestent sous la forme d’un défaut de contraction optimale du réseau et/ou d’une position anormale trop dorsale).

– Présence ou absence d’une masse périréticulaire (abcès).

* Voir la partie 1 de cet article (techniques et images normales) dans Le Point vétérinaire n° 412, décembre 2020. D’après [22].

Points clés

• L’échographie de la région du réseau vient confirmer ou infirmer l’hypothèse d’une réticulo-péritonite traumatique suspectée à l’examen clinique via l’observation de lésions compatibles ou non avec une péritonite.

• Elle ne permet pas de détecter la présence d’un corps étranger vulnérant, ni d’un aimant.

• L’examen est également utile pour évaluer l’étendue de l’atteinte, diriger le traitement (ponction échoguidée) et en contrôler le résultat.

• L’échographie du réseau vise surtout à mettre en évidence une anomalie de position, secondaire à un déplacement de caillette ou à la présence d’un abcès ou d’un épanchement.

• Chez le veau, la présence anormale de lait dans le rumen peut également être recherchée.

CONCLUSION

L’exploration échographique de la région abdominale gauche, chez les ruminants, revêt un intérêt diagnostique vis-à-vis des affections inflammatoires des préestomacs (péritonite en région du réseau ou du rumen), voire alimentaires (syndrome du “buveur ruminal” chez le veau). Elle permet aussi d’apprécier toute hypomotilité ou atonie des préestomacs, de préciser la cause d’un "ping" anormal ou d’une déformation abdominale gauche. En plus de ces intérêts diagnostiques, l’échographie peut être utilisée à des fins thérapeutiques pour drainer un abcès ou un épanchement, ou au contraire pour écarter ou arrêter un traitement en cas de mise en évidence d’une péritonite sévère. Cet examen complémentaire non invasif constitue donc une aide notable pour le vétérinaire, dans une démarche diagnostique et thérapeutique des affections abdominales gauches, sous réserve de disposer d’une sonde adaptée.

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