CHIRURGIE AUTOUR DU CANAL RACHIDIEN - Le Point Vétérinaire n° 446 du 01/10/2023
Le Point Vétérinaire n° 446 du 01/10/2023

CAS CLINIQUE

Spécial 50 ans

Un bouledogue est présenté en consultation pour une sévère cyphose (photo 1). L’examen tomodensitométrique (CT scan) met en évidence un canal rachidien étroit (photos 2a et 2b). Le traitement chirurgical de la déformation est trop risqué sans une aide digitalisée car, pour corriger l’anomalie, une vingtaine de vis de 2 mm doivent être placées à proximité du canal rachidien sans le léser. Un décalage de 3 à 4° du passage des vis entraînerait une paralysie du chien. La déformation du canal rachidien est visualisée sur les clichés tomodensitométriques (photos 3a à 3c). Avant de réaliser le geste technique sur l’animal, le vétérinaire va pouvoir s’entraîner en amont de l’opération. Les images obtenues au CT scan sont envoyées à Vet3D, une entreprise basée au Royaume-Uni et aux États-Unis, qui peut ainsi imprimer en 3D le rachis déformé. Les ancillaires médicaux sont renvoyés directement à la clinique, accompagnés de fiches détaillant leur utilisation. Le chirurgien dispose alors de deux modèles d’entraînement (photos 4a à 4c). L’acte chirurgical est pratiqué une première fois sur la modélisation imprimée en 3D. Ensuite, la vraie intervention est réalisée sur l’animal et le bon positionnement des vis est vérifié grâce à un scanner postopératoire.

Cette procédure implique des heures de planification et d’échanges avec la société Vet3D. « La préparation et l’entraînement (quatre à cinq heures) prennent beaucoup de temps, reconnaît Thomas Cézard. Tout cela, le métavers va largement l’accélérer. Il va aussi nous permettre de réduire l’aspect digital, le recours aux ancillaires. Les interactions sont beaucoup plus faciles et beaucoup plus directes grâce au cloud qui sert de plaque tournante pour utiliser tous les outils. » Tout le processus est ainsi opérationnel beaucoup plus rapidement. En outre, dans le métavers, d’autres personnes peuvent apporter leur aide pendant l’intervention, il est possible d’imprimer les pièces en 3D et d’implémenter l’ensemble dans les lunettes, qui offrent alors une vision et une navigation holographiques via un “cockpit” pendant toute l’intervention.

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