Le Point Vétérinaire expert rural n° 404 du 01/04/2020

PHYTOTHÉRAPIE EN ÉLEVAGE

Article original

Sébastien Perrot*, Olivier Fortineau**, Julien Daspet***


*ENV d’Alfort
7, avenue du Général de Gaulle
94700 Maisons-Alfort
**Clinique vétérinaire Sainte-Croix
23, rue Sainte-Croix
35410 Châteaugiron
***Clinique vétérinaire des Faluns
6, rue Antoine de Saint-Exupéry
35760 Saint-Grégoire

Face à la demande croissante des éleveurs et des consommateurs pour des médicaments à base de plantes, le vétérinaire prescripteur est confronté à un casse-tête réglementaire.

Résumé

→ Face à un consommateur qui aspire à “plus de naturel” et à la lutte nécessaire contre l’antibiorésistance, l’approche phytothérapeutique constitue une alternative de plus en plus sollicitée. Cependant, les outils réglementaires actuels ne sont pas en faveur de son développement. En effet, les dossiers d’autorisation de mise sur le marché des médicaments sont principalement conçus pour des principes actifs purifiés et standardisés et ne s’appliquent que très difficilement aux plantes. La nécessité de maîtriser le risque de résidus potentiellement toxiques dans les denrées animales est une contrainte supplémentaire, peu audible par les éleveurs, et qui limite aussi le recours aux préparations magistrales, pourtant particulièrement adaptées à l’approche phytothérapeutique moderne. De plus, la souplesse offerte par la réglementation des aliments complémentaires participe au faible développement d’une approche médicamenteuse de la phytothérapie. La plupart des produits à base de plantes présents sur le marché sont des aliments complémentaires dont la qualité, l’efficacité et l’innocuité sont moins contrôlées que celles d’un médicament.

Summary

The impact of plant-based veterinary medicinal products on public health

→ Phytotherapeutics are increasingly sought-after alternative medicines due to antibiotic resistance and because consumers of today expect « more natural » products. However, current regulatory tools do not favour the development of this field. The dossier to be completed to obtain a marketing authorisation for a medicinal product has been designed mainly for purified and standardised active ingredients and can only be applied with difficulty to plant-based products. The risk of potentially toxic residues in animal produce is an additional constraint which must be controlled, something that livestock farmers find difficult to understand, and which also limits the use of magistral preparations, which are particularly well suited to the modern phytotherapeutic approach. The flexibility offered by the regulation of complementary feeds contributes to the limited development of medicinal phytotherapeutics. Most herbal products on the market are complementary foods whose quality, efficacy and safety are less regulated than medicinal products.

Key words

Plants, herbal medicine, drug, MRLs, withdrawal periods, complementary foods, regulation.
Le recours aux plantes médicinales est une pratique ancestrale et culturelle, qui a accompagné l’évolution des civilisations humaines à travers les âges, depuis l’époque néolithique. Durant ces siècles d’utilisation, l’homme a expérimenté par et pour lui-même les vertus et les propriétés des plantes qui l’entouraient, créant progressivement une connaissance botanique et pharmacognosique empirique. D’abord utilisées en l’état, entières ou en parties, sous forme fraîche ou sèche, soit directement, soit en préparations extractives comme les tisanes ou les macérats, les plantes ...

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