Bien-être animal : une définition moderne - Le Point Vétérinaire n° 386 du 01/06/2018
Le Point Vétérinaire n° 386 du 01/06/2018

PROTECTION ANIMALE

Juridique

Auteur(s) : Christian Diaz

Fonctions : 7, rue Saint-Jean
31130 Balma

Le bien-être des animaux qui vivent sous la dépendance d’êtres humains, qu’ils soient d’élevage ou de compagnie, prend une place de plus en plus importante dans notre société.

Face à cette évolution sociétale, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) propose une nouvelle définition du bien-être animal qui prend en compte les aspects cognitifs.

Le big five, ou les cinq libertés

Le bien-être animal fait référence à « la qualité de vie telle qu’un animal individuel en fait l’expérience ». Au sens large, il englobe non seulement la santé et le bien-être physique, mais aussi le bien-être psychologique de l’animal et la possibilité qu’il a d’exprimer les comportements essentiels propres à son espèce.

Le bien-être peut être considéré comme satisfaisant si les animaux sont en bonne santé physique et psychologique, qu’ils se sentent bien et ne souffrent pas, selon les cinq libertés.

Ces principes ont été énoncés par le Farm Animal Welfare Council en 1992. Repris dans la définition du bien-être animal de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), ils font aujourd’hui référence dans le domaine. Voici ces cinq libertés dans ce qu’elles recouvrent :

1. Ne pas souffrir de la faim ni de la soif : accès à de l’eau fraîche et à une nourriture adéquate propres à assurer la bonne santé et la vigueur des animaux.

2. Ne pas souffrir d’inconfort : environnement approprié comportant des abris et une aire de repos confortable.

3. Ne pas souffrir de douleurs, de blessures ni de maladies : prévention ou diagnostic rapide et traitement.

4. Pouvoir exprimer les comportements naturels propres à l’espèce : espace suffisant, environnement approprié aux besoins des animaux et contact avec des congénères.

5. Ne pas éprouver de peur ni de détresse : conditions d’élevage et pratiques n’induisant pas de souffrances psychologiques.

L’Anses propose une définition intégrative

Le 25 avril 2018, l’Anses a proposé la définition suivante : « Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. »

Dans cet avis, une attention particulière est portée aux bases scientifiques de la notion de bien-être, qui repose sur les caractéristiques psychiques des animaux, qui sont des êtres sensibles doués de différents niveaux de conscience.

→ Un niveau de bien-être pour un individu particulier est déterminé dans un environnement donné. Le groupe fait partie de l’environnement de l’individu, objet de l’évaluation du bien-être.

→ Un besoin est une exigence de survie et de qualité de vie liée au maintien de l’homéostasie et aux motivations comportementales. Citons, par exemple, la soif, le couchage, l’exploration de l’environnement et les interactions avec les congénères (mentionnés dans les cinq libertés).

→ Une attente est un processus mental généré par l’anticipation d’un événement, auquel l’animal va se référer pour évaluer la valence de celui-ci, d’agréable à désagréable. Les attentes se traduisent par des réponses comportementales et physiologiques anticipatoires. Selon le niveau de satisfaction de ses attentes, l’individu ressent des émotions positives ou négatives. Bien que cette notion d’attente chez l’animal soit encore difficile à cerner en pratique, elle apparaît particulièrement intéressante pour appréhender le bien-être chez les animaux de compagnie et peut être corrélée à diverses affections comportementales associées à la frustration ou à la redirection.

→ La dimension mentale met l’accent sur le fait qu’une bonne santé, un niveau de production satisfaisant ou une absence de stress ne suffisent pas. Il convient aussi de se soucier de ce que l’animal ressent, de ses perceptions subjectives déplaisantes, telles que la douleur, mais aussi de rechercher les signes d’expression d’émotions positives.

Conclusion

L’étude des comportements et de l’état physiologique et sanitaire de l’animal donne une vision intégrée de son adaptation à l’environnement et de son bien-être. Dans cette démarche, le phénomène mental de l’attente est source d’informations.

Conflit d’intérêts

Aucun.

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