La goniométrie : un outil à la portée du praticien dans l’évaluation des affections locomotrices du veau - Ma revue n° 019 du 01/01/2019 - Le Point Vétérinaire.fr
Ma revue n° 019 du 01/01/2019

DIAGNOSTIC ET SUIVI

Membres et appareil locomoteur

Auteur(s) : Bérangère Ravary-Plumioën*, Florian Guigui**

Fonctions :
*Hospitalisation grands animaux
Pathologie des animaux de production
**École nationale vétérinaire d’Alfort
7, avenue du Général-de-Gaulle
94704 Maisons-Alfort Cedex
***École nationale vétérinaire d’Alfort
7, avenue du Général-de-Gaulle
94704 Maisons-Alfort Cedex

L’évaluation des amplitudes articulaires du carpe et du boulet au moyen d’un goniomètre peut être utilisée chez le veau à des fins d’évaluation initiale de la gravité de l’affection locomotrice, puis pour son suivi lors de la mise en œuvre de traitements.

En association avec l’évaluation du degré de boiterie et de douleur, l’évaluation de l’amplitude des mouvements articulaires est préconisée lors d’affections locomotrices à des fins diagnostiques, mais aussi pronostiques ou thérapeutiques. La technique de référence pour la mesure des angles articulaires est la radiogoniométrie, qui consiste en la mesure des angles articulaires à l’aide d’un goniomètre (sorte de rapporteur muni de deux branches) sur des clichés radiographiques. Cette évaluation précise présente cependant des risques (irradiation de l’individu radiographié, voire de l’opérateur réalisant les clichés), est coûteuse et assez chronophage. De plus, cette technique n’est pas toujours réalisable sur le terrain, notamment en médecine vétérinaire, par manque de disponibilité d’équipements radiographiques adaptés à des animaux de grande taille. La mesure des angles articulaires à partir de photographies des membres est également possible, mais entachée d’erreurs liées à la distance et à l’angulation du membre par rapport à l’appareil photo, ainsi qu’à la difficulté de localisation précise sur l’image des points de repère servant à définir l’axe des os. Au plus simple, une évaluation simplement visuelle des angles articulaires est souvent possible, mais moins précise. Une autre méthode de quantification, la goniométrie clinique, peut être mise en œuvre sur le terrain. Elle nécessite un goniomètre et consiste à quantifier les angles ou les amplitudes articulaires d’une articulation donnée sur un individu lors de mouvements actifs ou passifs. Des goniomètres manuels (à partir d’une dizaine d’euros) ou digitaux (50 à 300 €) existent dans le domaine médical. Pour une évaluation en position statique, des goniomètres manuels simples suffisent, notamment pour une utilisation chez le veau (encadré 1).

La goniométrie est couramment utilisée en médecine humaine par les chirurgiens et les kinésithérapeutes pour apprécier la gravité des maladies articulaires aiguës ou chroniques et réaliser leur suivi clinique à l’issue d’un traitement chirurgical ou d’un programme de rééducation. Cette méthode est considérée comme simple, fiable, rapide, de faible coût et facilement accessible ; elle permet surtout de fournir des données objectives, quantifiées, et des observations cliniques.

La goniométrie est également utilisée en médecine vétérinaire depuis plus de 10 ans chez le chien et le chat [2, 10, 13, 14]. Plus récemment, la technique a été évaluée chez le cheval et est apparue comme un outil fiable pour apprécier les angles articulaires des articulations du carpe, du tarse et des boulets antérieurs et postérieurs, surtout lorsque les mesures sont effectuées par le même opérateur tout au long du suivi [1, 16]. Chez les ruminants, très peu d’études de validation de cette technique ont été réalisées : une chez la brebis, deux chez le veau et une dernière chez la chèvre [5, 8, 9, 19, 22].

TECHNIQUE CHEZ LE VEAU

Chez le veau, les mesures d’angles articulaires sont réalisées sur animal vigile placé en décubitus latéral, avec le membre d’intérêt (sur lequel les mesures angulaires sont effectuées) placé au-dessus. Avant la réalisation des mesures, les articulations d’intérêt (boulet et/ou carpe) sont mobilisées manuellement (flexion et extension) pour détendre les structures arthro-tendino-musculo­squelettiques et éviter que le veau ne lutte contre la position imposée lors des mesures d’angle en flexion et en extension maximales. L’amplitude d’une articulation donnée est mesurée au cours d’une mobilisation passive de l’articulation imposée par l’opérateur. Cela nécessite de réaliser successivement deux mesures différentes d’angle articulaire à l’aide du goniomètre :

– la mesure de l’angle lors de l’extension maximale de l’articulation ;

– la mesure lors de la flexion maximale (encadré 2).

L’amplitude articulaire est ensuite déterminée en réalisant la différence (soustraction) entre la mesure de l’angle en extension et celle en flexion.

VALEURS NORMALES CHEZ LE VEAU

Actuellement, les valeurs angulaires normales ont été déterminées uniquement chez le veau prim’holstein (tableau 1).

RÉPÉTABILITÉ ET PRÉCISION DES MESURES

Chez le veau (sur animal couché) comme chez le mouton (sur animal debout), les mesures en extension maximale semblent plus répétables que celles en flexion maximale, pour la plupart des articulations des membres antérieurs et postérieurs. L’articulation pour laquelle les mesures sont les plus variables est le carpe (tant en flexion qu’en extension), voire l’épaule (en flexion) et le tarse (en flexion) [8, 22]. Chez l’homme également, la répétabilité des mesures est légèrement moins bonne en flexion qu’en extension, notamment au niveau du poignet [12].

Dans une étude de 2016, mesurant pour la première fois les angles articulaires du carpe et du boulet antérieur chez le veau, la reproductibilité intra- et interopérateur des mesures goniométriques est bonne, même lorsque les mesures sont répétées 3 jours de suite. Elle est toutefois moins bonne pour les mesures angulaires en extension, notamment au niveau du boulet, en raison de la difficulté à trouver un repère de force pour reproduire systématiquement la même extension articulaire du boulet [9, 19].

De nombreuses études, tant chez l’homme que chez l’animal, ont montré que la reproductibilité intra-opérateur des mesures goniométriques est souvent meilleure que la reproductibilité interopérateur [3, 12, 15, 16, 23]. Pour minimiser les erreurs, les mesures doivent donc être réalisées par un même opérateur et répétées (trois à quatre fois) afin d’obtenir une valeur moyenne [2, 3, 9, 13, 14, 16, 19, 23].

Les sources d’erreurs lors de la mesure d’angles articulaires peuvent être dues à l’opérateur ou aux animaux évalués [1, 12, 16].

→ À l’opérateur :

– centrage et alignement erronés du goniomètre par rapport à l’articulation et aux segments osseux ;

– application de forces externes différentes durant le mouvement passif entre deux mesures ou individus.

→ Aux animaux évalués :

– mauvais positionnement du goniomètre sur le membre lors d’affections (œdème, déformation périarticulaire, épanchement articulaire) si les repères anatomiques sont difficilement palpables ;

– limitation volontaire de l’amplitude articulaire lors du mouvement imposé en raison de douleur ressentie par l’individu ou d’un manque de coopération de ce dernier.

Ainsi, un opérateur expérimenté a généralement une meilleure reproductibilité des mesures qu’un novice.

Les quelques publications évoquant la précision de la goniométrie indiquent souvent qu’une modification de l’amplitude articulaire doit être de plus de 10° pour être détectable, toute variation inférieure à 10° pouvant être attribuée à la variabilité normale des mesures [14, 16]. Toutefois, cette précision des mesures dépend du modèle de goniomètre utilisé (précision de la graduation en degrés, longueur des branches du goniomètre, etc.) et de l’amplitude de l’angle mesuré. Ainsi, chez l’homme, pour le genou, une étude conclut que toute différence de plus de 14° avec un goniomètre manuel à branche de 30 cm de long (sans précision de la graduation en degrés) et de plus de 10° avec un modèle à branche de 50 cm peut être jugée significative [11]. Pour le poignet, la précision d’un goniomètre gradué tous les degrés est évaluée à 5°, tandis que celle d’un modèle gradué tous les 5° l’est à 10° [4].

INTÉRÊT CLINIQUE

La mesure de l’amplitude articulaire peut être intéressante lors d’affections articulaires ou tendineuses, comme des arthrites avec ankylose articulaire secondaire, fibrose de la capsule articulaire, contracture tendineuse (lors d’arcure-bouleture, de traumatisme, etc.) [6, 9, 17]. La mesure des angles articulaires peut aussi être conseillée dans le traitement par orthèse (contention externe au moyen d’une attelle ou d’une résine) de certaines fractures des membres [21]. Ces mesures permettent initialement d’objectiver la gravité de l’affection, puis de suivre son évolution à la suite de la mise en œuvre de traitements.

Seules trois études utilisant la goniométrie dans le suivi d’affections locomotrices du veau sont disponibles dans les publications scientifiques. Ces études ont évalué, à l’aide de la goniométrie, l’efficacité de traitements pour les contractures tendineuses congénitales chez le veau (injection d’oxytétracycline seule ou associée à une immobilisation en extension au moyen d’une attelle de la partie distale du membre, injection d’un traitement à base d’acides gras) [1, 6, 9, 17].

Avant traitement, chez des veaux bouletés de moins de 1 mois, certains auteurs mesurent un angle médian du boulet de 152° (minimum 129°, maximum 169°), alors que d’autres rapportent une angulation moyenne comprise entre 48 et 51° (+/- 2 à 4°) [6, 17]. Cette différence de valeurs montre l’importance de la définition de l’angle mesuré et de la valeur lue. Dans les deux études, il s’agit vraisemblablement de l’angle palmaire ou plantaire du boulet mesuré chez le veau placé en décubitus latéral, en exerçant une légère extension du pied. Les angles articulaires mesurés dans la seconde étude seraient plutôt compris entre 129 et 132° lors de bouleture avant traitement [6]. Ces deux études ont pu objectiver une absence d’effet notable de l’oxytétracycline chez des veaux bouletés. Trois à 4 jours après traitement, l’étude allemande met en évidence une augmentation non significative de l’extension de l’articulation du boulet (augmentation médiane de 9,5° à 3 jours et de 7,5° à 4 jours), sans amélioration clinique complète [17]. Dans l’autre étude, les auteurs mesurent après 12 à 20 jours de traitement une angulation de boulet comprise en moyenne entre 4 et 7° (qui correspondrait à un angle de 173 à 176°), soit un gain d’extension de 42 à 47°, que les veaux aient reçu ou non de l’oxytétracycline en plus de l’immobilisation bilatérale en extension du boulet [6]. Un écart de seulement 3 % en termes de taux de guérison (83 versus 80 %) est observé entre le groupe recevant de l’oxytétracycline en plus de l’immobilisation des articulations en extension forcée et le groupe subissant seulement l’immobilisation articulaire. Quelques veaux conservent, à l’issue du traitement, une déformation angulaire, selon les auteurs, de 15 à 20°.

La goniométrie a été utilisée dans une étude préliminaire visant à objectiver l’efficacité d’un traitement médical à base d’acides gras chez des veaux bouletés ou arqués (photos 8a et 8b, tableau 2) [9].

Conclusion

Le recours à l’emploi d’un goniomètre universel en plastique permet d’évaluer facilement et rapidement les angles articulaires chez le veau. Il convient toutefois de prendre soin de bien standardiser les mesures, notamment celles d’angles en extension. À l’avenir, le vétérinaire pourra peut-être simplement utiliser son téléphone portable pour réaliser ces mesures, en ayant recours à certaines applications sur smartphone, comme cela se fait déjà chez l’homme et est testé sur cadavre chez le chien [7, 11, 20].

Pour l’instant, seules des normes chez le jeune veau holstein sont disponibles. Elles ne peuvent être extrapolées ni à d’autres races ni à des animaux plus âgés. En effet, chez le chien, des différences entre races (labrador, border collie, kangal) ont été relevées, probablement en partie liées à des différences de masse musculaire [2, 10]. Chez la chèvre, l’âge affecte les mesures goniométriques, avec notamment une réduction de l’amplitude articulaire en raison d’une flexion articulaire moindre [5]. Toutefois, même en l’absence de valeurs normales, la goniométrie peut être utilisée pour un suivi clinique, notamment en cas d’arcure-bouleture, afin d’objectiver toute amélioration éventuelle des amplitudes articulaires, le veau constituant son propre témoin et les valeurs d’angles articulaires étant comparées aux valeurs précédentes ou au membre controlatéral, si ce dernier est sain.

Références

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Conflit d’intérêts

Aucun.

ENCADRÉ 1

Goniomètre manuel

Un goniomètre est une sorte de rapporteur permettant de mesurer un angle (photo 1).

Plusieurs modèles de goniomètres manuels à deux branches existent sur le marché dans le domaine médical. Ils se composent de deux branches plus ou moins longues (20 à 30 cm), en plastique ou en métal, et d’un système de lecture des angles, circulaire (de 0 à 360°) ou demi-circulaire (0 à 180°), avec une précision de 5°, 2°, voire 1°, selon la finesse des graduations. La valeur lue sur le système gradué correspond à l’angle entre les deux branches. Le goniomètre utilisé chez le jeune veau est le modèle Cochin, en plastique, avec des branches longues de 20 cm et larges de 4,5 cm, et une graduation des angles de 0 à 180°, tous les deux degrés.

Points forts

→ La goniométrie est une méthode objective et répétable, mais aussi simple, non invasive, rapide, peu coûteuse et utilisable à la ferme pour quantifier l’amplitude articulaire des articulations des membres chez le veau vigile.

→ Les mesures goniométriques sont très reproductibles lorsqu’elles sont réalisées par un même opérateur.

→ Lors de l’évaluation d’une affection touchant un seul membre, les mesures réalisées sur le membre controlatéral peuvent servir de référence, sous réserve qu’il soit sain.

→ La principale difficulté de la technique est de standardiser les conditions de mesure pour avoir des mesures reproductibles d’un animal à un autre ou d’une séance à une autre chez un individu donné lors d’un suivi clinique.

ENCADRÉ 2

Technique de mesure de l’amplitude articulaire du carpe et du boulet à l’aide d’un goniomètre

Mesure de l’amplitude articulaire du carpe

L’articulation du carpe du veau est mobilisée amplement afin de repérer l’axe articulaire, c’est-à-dire l’axe de rotation de l’articulation (photo 2). Le goniomètre est placé en face latérale du membre, avec son centre (charnière) positionné en regard du centre articulaire, l’une des deux branches selon l’axe longitudinal du radius (ligne médiane passant par le processus styloïde du radius et l’épicondyle huméral latéral) et l’autre suivant l’axe longitudinal du métacarpe (ligne médiane). Il est impératif de placer les branches du goniomètre parallèlement aux axes longitudinaux des deux os respectivement, au risque d’induire une erreur dans la mesure de l’angle articulaire (de plus d’une dizaine de degrés [18]).

→ En flexion maximale

L’articulation du carpe est fléchie en position maximale d’amplitude par l’opérateur. Le goniomètre est placé comme précédemment décrit, la valeur de l’angle articulaire en flexion est lue directement sur l’échelle circulaire du goniomètre, correspondant à l’angle entre les deux branches du goniomètre (photo 3).

→ En extension maximale

L’articulation du carpe du veau est étendue manuellement par l’opérateur jusqu’à atteindre l’amplitude maximale d’extension. Lorsque celle-ci est atteinte, le goniomètre est replacé en regard du centre articulaire et selon les axes longitudinaux des os ; l’angle d’extension maximale du carpe est lu (photo 4).

La valeur de l’amplitude articulaire du carpe est obtenue en soustrayant l’angle mesuré en extension de l’angle mesuré en flexion.

Mesure de l’amplitude articulaire du boulet antérieur

→ En flexion maximale

L’articulation du boulet du veau est mobilisée pour trouver l’axe de rotation de l’articulation, puis fléchie par l’opérateur en position maximale de flexion (photo 5). L’angle maximal de flexion est mesuré en positionnant la charnière du goniomètre en regard du centre articulaire du boulet, puis chacune des branches du goniomètre est alignée selon l’axe longitudinal du métacarpe (ligne médiane) et de la première phalange (ligne médiane) respectivement. Il convient de bien aligner le goniomètre selon l’orientation de la première phalange et non du pied (sabot) (photo 6).

→ En extension maximale

L’articulation du boulet du veau est étendue manuellement par l’opérateur, jusqu’à atteindre l’amplitude maximale d’extension. Comme précédemment pour la mesure de l’angle en flexion, le goniomètre est replacé et l’angle d’extension maximale du boulet est lu (photo 7).

La valeur de l’amplitude articulaire du boulet est obtenue en soustrayant l’angle mesuré en extension de l’angle mesuré en flexion.

REMERCIEMENTS

Les auteurs tiennent à remercier Vincent Plassard et Clémence Gaudebout, sans lesquels l’iconographie de cet article n’aurait pu être aussi complète.

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