« L’objectif est de conduire une veille accrue et d’être extrêmement réactif et efficace » - La Semaine Vétérinaire n° 2037 du 07/06/2024
La Semaine Vétérinaire n° 2037 du 07/06/2024

Sécurité sanitaire alimentaire

EXPRESSION

Auteur(s) : Propos recueillis par Marine Neveux

Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire nous explique le dispositif de sécurité sanitaire mis en place pour garantir la sécurité alimentaire lors des JOP.


En avril dernier, vous avez présenté un dispositif de sécurité sanitaire dans la perspective des JOP, quels sont les points de vigilance pour cet événement exceptionnel ?

Cet événement exceptionnel, qui verra environ 13 millions de repas servis sur les différents sites des JOP et un afflux de visiteurs, fait en effet l’objet d‘une attention particulière des services du ministère, afin de garantir à la fois la santé de nos concitoyens et des nombreux visiteurs et athlètes.
Il s’agit d’inspecter les établissements de restauration qui assureront la restauration sur les sites olympiques. Cela permet de s’assurer que les professionnels ont bien anticipé les Jeux : certains augmentent fortement leur production ou sont amenés à adapter leurs recettes habituelles. Ils doivent donc adapter leur fonctionnement et leurs procédures de maîtrise sanitaire.
Il s’agit également de renforcer les contrôles des établissements de restauration (restaurants, boulangeries...) autour des sites olympiques (ou de sites touristiques majeurs ou des fan zones, etc.).
Pendant les Jeux, l’objectif est de conduire une veille accrue et d’être extrêmement réactif et efficace, tant au niveau de l’administration centrale que des services déconcentrés, pour intervenir en cas d’intoxications alimentaires ou encore d’alertes alimentaires.
Le respect de la chaîne du froid est bien entendu un point de vigilance accru s’agissant d’un événement estival.

Quelle organisation, quel système de surveillance avez-vous mis en place pour assurer la sécurité alimentaire des athlètes et celle du grand public ?

En amont des JOP, il a été demandé aux services déconcentrés de cibler des inspections dans les établissements de remise directe (restaurants, etc.) situés à proximité des sites des Jeux. Dans certains départements accueillant des épreuves, ces ciblages ont commencé depuis début 2023.
Des contrôles des prestataires des Jeux sont également mis en œuvre en amont de l’été. L’objectif est notamment de s’assurer que les professionnels ont bien anticipé les modifications de leur activité dans le contexte des JOP : augmentation de volumes, éventuelles modifications de leurs procédés de fabrication, l’adaptation de leurs procédures de gestion des non-conformités, etc. 

Depuis le début de l’année 2024, plus de 3 000 contrôles « ciblés JOP » ont ainsi déjà été réalisés en Île-de-France. Des échanges quotidiens ont par ailleurs lieu entre les services du ministère et les équipes de Paris 2024 chargés de l’organisation de l’alimentation des Jeux afin de partager l’organisation de la restauration prévue et de se préparer au mieux à intervenir en cas d’alertes alimentaires.
Ces échanges permettent également à Paris 2024 de mettre en place des installations de restauration conformes à la réglementation en matière de sécurité des aliments et de comprendre les procédures des autorités sanitaires en ce qui concerne la gestion des événements sanitaires d’origine alimentaire (que ce soit un danger identifié dans un aliment entraînant un retrait du marché ou encore des investigations conduites dans un contexte de cas humains pour lesquels une origine alimentaire est suspectée). Paris 2024 a ainsi pu le prendre en compte dans ses procédures d’urgence internes. La fluidité et la cohérence des actions de l’État et de Paris 2024 pendant les Jeux conditionnent l’efficacité de gestion des événements sanitaires pouvant survenir pendant les Jeux.

Pendant les JOP, en complément des mesures spécifiques d’autocontrôle prévues par les professionnels, les DDecPP prévoient des contrôles selon les analyses de risques.

Afin d’être extrêmement réactif et efficace, un appel national à renfort a été conduit dans le but d’identifier des agents des DDecPP volontaires qui viendront venir prêter main-forte aux départements accueillant les Jeux, en cas d’événement sanitaire majeur.


Par ailleurs, 31 agents supplémentaires ont été recrutés au ministère spécifiquement pour les JOP, ils sont pour la plupart déployés en Île de France.
Je tiens à remercier l’ensemble des agents qui sont ou seront mobilisés pour la préparation et pour le déroulement des Jeux, tant au niveau de l’administration centrale que sur le terrain, pour leur fort engagement au service de l’intérêt collectif et pour que cet événement exceptionnel soit une réussite.

Quelles missions seront renforcées pour les vétérinaires agents du service public à l’occasion de ces Jeux ?

Certains agents du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (MASA) contractuels ou titulaires, de formation initiale vétérinaire, seront amenés à être mobilisés sur les JOP non pas en raison de leur diplôme mais de par leurs fonctions au sein du ministère.
Toutefois, certaines missions particulières comme la certification à l’export requièrent un diplôme vétérinaire et nécessiteront la mobilisation de vétérinaires agents du service public.
En dehors des missions de contrôle assumées par l’État, plusieurs vétérinaires des écoles vétérinaires françaises vont exercer sur le site de compétitions équestres de Versailles afin de prodiguer tous les soins nécessaires aux chevaux compétiteurs.
Des vétérinaires de l’Anses assureront par ailleurs l’autopsie des chevaux compétiteurs si l’un d’entre eux venait à décéder ou devait être euthanasié pendant les épreuves (réglementation de la fédération équestre internationale).

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