6 étapes pour une cession de parts en toute sérénité - La Semaine Vétérinaire n° 2028 du 05/04/2024
La Semaine Vétérinaire n° 2028 du 05/04/2024

Finances

ENTREPRISE

Auteur(s) : Par Françoise Sigot

La vente d’une entreprise relève d’un processus complexe, d’autant plus s’il s’agit de céder ses parts d’une clinique. Aussi convient-il de suivre plusieurs étapes pour passer ce cap en toute sérénité. Mode d’emploi détaillé.

Retraite ou envie de changement, quelle que soit la motivation à l’origine de la cession des parts d’une clinique, ce moment présente des risques pour le décisionnaire. D’abord parce que, bien souvent, vendre revient à laisser derrière soi l’aventure d’une bonne partie de sa vie. Ensuite parce que cela suppose une procédure qui peut être longue, pas toujours sécurisante et porteuse de nombreuses inconnues. Enfin, parce que se séparer du passé implique de réfléchir à l’avenir. C’est justement pour que ce parcours, qui prend parfois du temps, soit émaillé du moins de mauvaises surprises possible qu’il faut le préparer. L’anticipation permettra dans de nombreux cas de faire des choix éclairés et de déjouer quelques déconvenues. Le processus de cession sera toujours plus facile avec une stratégie claire en tête. Voici 6 étapes clés pour vous aider à sa concrétisation. Ce qui doit se faire en prenant en compte sa situation personnelle.

Étape 1 : prendre le temps de réfléchir à ce que l’on souhaite faire

Les raisons de vendre varient. Parfois, c’est l’heure de la retraite qui amène à cette décision. D’autres fois, il s’agit de motivations personnelles ou professionnelles qui, petit à petit, y conduisent. Dans tous les cas, il est important de mûrir sa réflexion et, donc, de prendre du temps pour anticiper le processus, mais aussi ses conséquences sur sa propre vie et sur celles des associés et des collaborateurs qui, d’une manière ou d’une autre, seront inévitablement affectés par la cession. Une première étape passe donc par prendre du temps pour analyser les incidences de cette action. Ce temps permettra non seulement d’être certain du bien-fondé de sa décision, mais aussi de réfléchir aux conditions que l’on associera à la vente et à son organisation. Elle peut en effet prendre différentes formes. Sur le plan juridique bien évidemment, mais aussi en termes de répartition des responsabilités. Certains préféreront rompre totalement avec leur « ancienne » vie professionnelle une fois l’acte de vente signé, alors que d’autres se donneront le temps de passer le relais en douceur. En la matière, la solution idéale n’existe pas. Il s’agit de trouver celle qui vous conviendra le mieux. Et surtout de le faire sans pression et à son rythme.

Étape 2 : annoncer son intention

Une fois que l’on sait précisément comment et, avec qui, le processus de cession peut se dérouler, il est indispensable de communiquer ses intentions à son ou à ses associés lorsqu’on en a. L’idée est, à ce stade, de simplement faire part de sa décision et de la façon dont on compte procéder. Aborder cette étape avec un schéma trop précis fixant déjà les règles et le calendrier pourrait être contreproductif. Cela laisserait en effet penser que le seul maître à bord du processus est le vendeur. En revanche, le faire avec détermination, mais en laissant les modalités exactes ouvertes à la discussion favorisera la réussite de ce projet qui nécessite une relation de confiance entre le cédant et le ou les repreneurs. À ce stade, la question d’annoncer son intention à l’équipe se pose aussi. Là encore, la règle du sans-faute est bien difficile à trouver. Certains préfèrent jouer carte sur table et réunir l’équipe pour les informer de leur décision de se retirer. D’autres estiment qu’attendre un peu et venir vers les collaborateurs avec un repreneur et un calendrier est de nature à être plus rassurant.

Étape 3 : réaliser un diagnostic de la situation de la clinique

Qui dit vente, dit évaluation. Le bilan financier, mais aussi organisationnel, est un préalable indispensable à la vente. Et ce, même si l’on sait que l’on cède ses parts à un ou plusieurs associés qui connaissent parfaitement la clinique et son fonctionnement. Passer en revue les comptes, identifier les points sur lesquels votre départ aura le plus d’incidence va permettre de dresser un état des lieux. Ainsi, la vente se fera avec en toile de fond les points forts et les points faibles de l’organisation et la valeur de l’entreprise sera bien plus facile à définir. Et, surtout, elle en sera d’autant plus objective. Cet examen approfondi est souvent optimisé par l’intervention d’un conseil extérieur à l’établissement qui aura une vision plus détachée et donc plus impartiale. Il se termine par l’évaluation du montant et permet de fixer la valeur des parts de chacun.

Étape 4 : analyser les conséquences de la vente

Une fois la valeur des parts, et donc du montant de la cession, établie, il est indispensable de prendre un peu de temps pour se projeter dans l’après. D’un point de vue personnel, cela permet d’analyser les conséquences fiscales de la vente et de les optimiser. D’un point de vue professionnel, cette étape va donner l’occasion aux repreneurs de voir eux aussi comment ils envisagent la suite. Chacun pourra ainsi réfléchir à son organisation future et entrer dans les négociations en ayant une vision claire de ce qu’il attend. Par ailleurs, si le choix de l’acheteur n’est pas encore acté, c’est le moment de se mettre en quête d’un repreneur.

Étape 5 : négocier

Voilà l’étape que beaucoup redoutent. À tort, si le processus en amont a bien été respecté. Négocier ne doit pas revenir à adopter une position purement mercantile de part et d’autre, mais bien à avancer ses propositions respectives et à chercher un terrain d’entente. Si l’analyse financière a bien été effectuée, la valorisation des parts est relativement précise laissant peu de place à l’inconnu et, donc, aux dissensions. En revanche, en matière d’organisation, les attentes peuvent être différentes, mais là aussi si chaque partie a été transparente sur ses envies et ses possibilités, l’accord devrait être assez facile à trouver.

Étape 6 : enclencher le processus et le suivre

Eh bien cette fois, le but est proche ! Mais la fin du chemin peut être néanmoins encore pavée d’embûches. C’est pourquoi il convient de suivre pas à pas le déroulement de la vente. Cela vaut pour le vendeur comme pour les acquéreurs et, là encore, la confiance et la transparence sont de mise. Si l’une des parties s’aperçoit que le calendrier ou qu’une condition sera difficilement tenable, il ne faut pas attendre pour le dire et trouver un consensus. Relecture des contrats, suivi des financements, écoute des équipes qui ont besoin d’être informées et rassurées sont des éléments indispensables à la réussite de la vente. Dans la mesure où les 6 étapes auront été respectées, la signature de l’acte de cession clôt cette aventure de longue haleine !

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