Bravecto injectable pour chiens : le premier antiparasitaire externe systémique pour une protection pendant 12 mois - La Semaine Vétérinaire n° 2022 du 23/02/2024
La Semaine Vétérinaire n° 2022 du 23/02/2024

Antiparasitaire

PHARMACIE

Auteur(s) : Mylène Panizo

Dix ans après la mise sur le marché du premier Bravecto (comprimés pour chien), MSD Santé Animale propose une formulation inédite de fluralaner. Bravecto 150 mg/ml poudre et solvant pour suspension injectable pour chiens a reçu une autorisation de mise sur le marché le 25 janvier 2024. Ce nouvel antiparasitaire a été présenté lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 8 février 2024 dans les locaux du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL) à Paris.

Véritable révolution sur le marché des antiparasitaires, MSD Santé Animale ambitionne de professionnaliser la prévention antiparasitaire. L’objectif est triple : améliorer la qualité de vie du chien en fournissant une protection continue sur une année contre les puces et les tiques, assurer la tranquillité d’esprit du propriétaire et replacer le vétérinaire au centre de la prévention.

Une protection contre les puces et les tiques assurée pendant 12 mois

Les ectoparasites peuvent être présents tout au long de l’année et transmettre des maladies graves (piroplasmose, anaplasmose, bartonellose, etc.). Le fluralaner est un antagoniste spécifique des canaux chlorure (récepteurs GABA et glutamate) présents dans le système nerveux des arthropodes. La molécule induit une excitation prolongée qui entraîne une paralysie spastique provoquant la mort du parasite. Bravecto injectable assure, en une seule administration :

- Une activité insecticide immédiate et persistante sur les puces (Ctenocephalides felis et Ctenocephalides canis) pendant 12 mois ;

- Une activité acaricide persistante sur les tiques à partir du 3e jour et pendant 12 mois pour Ixodes ricinus, Ixodes hexagonus et Dermacentor reticulatus, et à partir du 4e jour et pendant 12 mois pour Rhipicephalus sanguineus ;

- Une réduction du risque d'infection (action contre le vecteur) par Babesia canis canis transmis par Dermacentor reticulatus à partir du 3e jour et jusqu’à 12 mois, et une réduction du risque d'infestation par Dipylidium caninum transmis par Ctenocephalides felis pendant 12 mois.

Bravecto injectable peut également être prescrit dans le cadre d’un plan de traitement de la dermatite par allergie aux piqûres de puces.

Une innovation technologique

Plus de dix ans de recherche et de développement ont été nécessaires pour présenter cette nouvelle formulation. La révolution technique provient de la cristallisation du fluralaner. Ses cristaux en suspension se dissolvent lentement après son administration et diffusent dans la circulation sanguine progressivement, ce qui permet de maintenir des concentrations plasmatiques efficaces pendant 12 mois. La concentration plasmatique maximale est atteinte en 37 jours et le temps de demi-vie plasmatique est de 130 jours.

Un profil d’efficacité et d’innocuité démontré

Le fluralaner est commercialisé depuis 10 ans, plus de 300 millions de doses de Bravecto® ont été distribuées dans le monde. L’efficacité et l’innocuité de la molécule ont été démontrées par des essais cliniques, des études de terrain et par la prise en compte des remontées de la pharmacovigilance. Les études en laboratoire démontrent l’efficacité du Bravecto injectable (études sur 10 chiens ayant reçu une administration de Bravecto injectable et 10 chiens constituant le groupe contrôle, suivis pendant un an, et infestés à intervalles réguliers par des puces et des tiques). L’efficacité se définit par au moins 95 % de puces (et 90 % des tiques) initialement présentes tuées dans les 24 h (48 h pour les tiques) après l’administration, et au moins 95 % des puces (et 90 % des tiques) nouvellement présentes tuées dans les 24 h (48 h pour les tiques) pendant la durée d’activité (critères établis par l’Agence européenne des médicaments). Le seuil d’efficacité se maintient pendant 12 mois lors de réinfestations répétées. Aucun œuf de puce n’a été trouvé sur les chiens traités avec Bravecto injectable sur une période d’un an.

Une étude de terrain (étude européenne incluant la France) a permis de démontrer une efficacité similaire du Bravecto injectable à l’administration mensuelle d’un comprimé de NexGard (afoxolaner, Boehringer Ingelheim). Cette étude a inclus des chiens de toutes races, âgés de plus de 6 mois et pesant plus de 2 kg (239 chiens ayant reçu une injection de Bravecto et 121 chiens traités avec NexGard, ayant au minimum 5 puces et/ou 4 tiques lors de la première visite, suivis sur 12 mois) (données issues du dossier de l'AMM).

Aucun effet indésirable systémique n’a été observé en dose unique et en dose cumulative lorsque Bravecto injectable a été administré tous les 4 mois à 5 fois la dose recommandée, 6 fois de suite (données issues du dossier de l’AMM).

D’après les études cliniques et de terrain, le seul effet secondaire démontré est un gonflement transitoire non douloureux au point d’injection, qui se résorbe spontanément.

Lors des essais cliniques, aucune interaction médicamenteuse entre Bravecto injectable et des médicaments courants (notamment les vaccins) n’a été observée.

Une administration exclusivement vétérinaire

Bravecto injectable est indiqué pour des chiens à partir de 6 mois, quels que soient leur poids et leur race (compatible MDR1). Il doit être administré exclusivement par un vétérinaire. L’injection se réalise par voie sous-cutanée, par exemple en région dorso-scapulaire, en utilisant une aiguille d'au minimum 18 G (1,2 mm) afin de conserver les cristaux de fluralaner intacts. L’injection présente une bonne tolérance.

La dose est de 15 mg de fluralaner par kg de poids corporel, soit 0,1 ml/kg.

Le produit doit être reconstitué selon un protocole précis, indiqué sur la notice, afin d’obtenir une solution homogène.

Le flacon est multiponctionnable. Une fois reconstitué, il se conserve à température ambiante (<30°C) et doit être utilisé dans les 3 mois. Après 3 mois ou après 20 ponctions, le produit restant doit être jeté.

La date de commercialisation et le prix n’ont pour l’instant pas été communiqués par le laboratoire.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr