L’heure des choix - La Semaine Vétérinaire n° 2020 du 09/02/2024
La Semaine Vétérinaire n° 2020 du 09/02/2024

EDITO

Auteur(s) : Tanit Halfon

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La France manque-t-elle d’écoles vétérinaires ? On serait tenté de répondre par la positive. L'Atlas démographique 2021 ne montre-t-il pas que plus de 50% des primo-inscrits à l'Ordre sont titulaires d'un diplôme obtenu hors de France ? Parmi eux, la part de Français1 ayant étudié hors de l'Hexagone y était presque de deux tiers en 2021, un chiffre en hausse constante depuis 2017. Ce qui correspond à 35% de l’ensemble des primo-inscrits. Mais en 2022, ce phénomène2 a ralenti, quoique légèrement.

Le flux de départ des étudiants français pourrait-il se tarir si l’offre de formation s’enrichissait d’une nouvelle école ? Sachant qu'il y a eu, entre temps, la création du cursus lasallien et l'augmentation de la taille des promotions dans les écoles nationales vétérinaires. À l’heure européenne, caractérisée par la libre circulation des diplômes, et surtout avec une tendance de fond de développement de cursus vétérinaires ouverts à toute nationalité, en langue anglaise, rien n’est moins sûr. Sans oublier les vétérinaires étrangers (près de 20% en 2021 et 2022) qui continueront à venir grossir les rangs des primo-inscrits.

C’est dans ce contexte que l’année dernière, le ministre de l’Agriculture avait donné pour mission au Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) d'évaluer l’idée d’ouvrir une 5e école publique à Limoges. Son avis est attendu de manière imminente. Mais aujourd’hui, la Nouvelle-Aquitaine n’est plus la seule dans la course, d’autres régions ont manifesté leur souhait d’avoir leur école3, et pas forcément publique.

Le ministère de l’Agriculture aura une lourde responsabilité à assumer : autoriser une autre école au risque de se retrouver avec un potentiel trop plein de vétérinaires dans quelques années. Ou ne pas ouvrir, au risque de continuer à connaître une pénurie. Tout comme la responsabilité d’assumer, ou pas, la tendance à la privatisation de l’enseignement vétérinaire.

  • 1. bitly.ws/3cwSM
  • 2. bitly.ws/3cwTc
  • 3. Voir l’article pages 10 à 11 de ce numéro.
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