Être vétérinaire et sportive de haut niveau - La Semaine Vétérinaire n° 2019 du 02/02/2024
La Semaine Vétérinaire n° 2019 du 02/02/2024

Témoignages

ANALYSE GENERALE

Auteur(s) : Par Pierre Dufour

Concilier vie professionnelle et vie personnelle, quand celle-ci inclut un sport de haut niveau, n’est pas forcément une chose aisée tant elle nécessite persévérance et endurance. Deux consœurs partagent leur expérience, intense mais vitale.

Julie Monot (T 14), a participé cet été au championnat du monde d’Half Ironman (1,9 km de natation, 90 km de vélo, 21 km de course à pied). Elle est par ailleurs associée chez Emergence, service d'urgences vétérinaires, qui est également son sponsor. « Participer à ce genre de compétition, c’est beaucoup de préparation, environ dix mois », explique-t-elle. De longues heures d’entraînement donc, en plus de la pratique vétérinaire : « Je m’entraîne tous les jours, environ 10 à 15 heures par semaine, et j’ai une coach qui m’accompagne. Le sport fait partie de mon équilibre, c’est une passion qui a transformé ma vie ». Une passion qu’elle a connue relativement tard, puisqu’elle a commencé par la course à pied, puis la natation après une blessure, et enfin le triathlon, il y a cinq ans. Les performances se sont alors succédé. Une passion qui participe à son développement personnel, en lui permettant de s’affirmer, de reprendre confiance en elle. « Récemment, j’ai pris la parole en anglais devant des vétérinaires à Londres. Je n’en aurais pas été capable quelques années auparavant », explique-t-elle. « Au travail, cela m’aide à gérer la pression. Cela m’a appris l’endurance, la résilience, à travailler sur le long terme, à gérer mes ressources énergétiques et mes émotions, à savoir me poser. Cela m’a également ouvert l’esprit et me permet de penser à autre chose, d’entrer dans un état de méditation, où les idées viennent. »

Voile et esprit de cohésion

De son côté, Tiphaine Ragueneau (N 18) a participé à la dernière édition de la Transat Jacques-Vabre. Elle a commencé à naviguer dans le club de l’école vétérinaire. Pour elle, les deux activités ont toujours été liées. « Être bon marin et bon véto est assez similaire : il faut savoir travailler en équipe et s’adapter à des situations parfois critiques et réagir rapidement ». Les nuits de garde lui ont été très utiles : « Être dérangée la nuit apprend à être opérationnelle très vite, et c’est ce qu’on te demande sur un bateau ». Elle voit aussi de nombreuses similitudes en matière de gestion du stress et compare l’organisation efficace de la voiture du véto rural avec celle d’un bateau. Si elle devait résumer : « Sang-froid, organisation, résilience, travail ». Et elle n'en manque pas pour, d'une part, mener à bien son travail et, d'autre part, gérer les entraînements et la préparation physique sur ses journées de congés et ses temps de repos, sans compter les compétitions qui l’amènent à s’absenter pendant des périodes relativement longues. Pour elle, « c’est une discussion qu’il faut avoir avec l'employeur en postulant. On a adapté mon contrat de travail ». Ces temps font partie de son équilibre et lui permettent de se ressourcer pour rester efficace en tant que sportive mais aussi dans sa pratique vétérinaire. « Mon objectif ultime serait de pouvoir relier mes deux passions en apportant ce que je peux à la profession vétérinaire à travers la navigation. C’est pour cette raison que je m’investis au sein du partenariat mis en place avec l’assureur Vetoptim. » Cette collaboration a pour objectif de monter un premier bateau 100 % vétérinaire (sponsor et skippeuse), auquel chacun dans la profession pourrait s'identifier afin de recréer du lien. L'idée étant, selon ses mots, de « faire souffler les gens après les années un peu compliquées que la profession a vécues ».

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