La consommation d’antibiotiques à son plus bas niveau en Europe - La Semaine Vétérinaire n° 2013 du 01/12/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2013 du 01/12/2023

Rapport ESVAC

PHARMACIE

Auteur(s) : Par Michaella Igoho-Moradel

Les ventes européennes d’antibiotiques ont diminué de 53 % entre 2011 et 2022. Ces tendances concernent aussi les antibiotiques critiques.

La mobilisation européenne pour réduire le recours aux antibiotiques en médecine vétérinaire se poursuit. Il s’agit de l’une des conclusions du 13e rapport1 sur le Système européen de surveillance de la consommation d’antibiotiques vétérinaires (ESVAC), publié le 20 novembre dernier, et selon lequel 31 pays européens (y compris la France) ont réduit leur consommation d’antibiotiques dans les élevages. « Les ventes de céphalosporines de 3e et 4e générations ont baissé de 49 %, celles des polymyxines de 81 % et pour les fluoroquinolones de 25 % ; quant aux ventes des quinolones, elles ont chuté de 90 % », rapporte l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Des disparités selon les pays

Les ventes globales d’antibiotiques destinés aux animaux producteurs de denrées alimentaires ont atteint 73,9 mg/PCU en 2022, soit une baisse de 12,7 % par rapport à 2021 (84,7 mg/PCU)2. Toutefois, comme les années précédentes, des disparités sont observées entre les pays. Ainsi, alors que la médiane pour tous les pays est de 45,8 mg/PCU, les ventes les plus élevées ont représenté 254,7 mg/PCU à Chypre et 2,1 mg/PCU en Norvège pour les ventes les plus faibles. Quant aux ventes enregistrées dans l’Hexagone, elles ont atteint 38,9 mg/PCU. Les pénicillines, qui ont représenté 32,7 % des ventes globales (24,2 mg/PCU), sont la classe d'antibiotiques la plus vendue, suivie à 23,5 % par les tétracyclines (17,4 mg/PCU) et à 9,4 % par les sulfamides (6,9 mg/PCU). Selon le rapport, ces trois classes d’antibiotiques ont totalisé 65,5 % des ventes totales en 2022. Les tendances sont positives pour les antibiotiques critiques, à savoir les céphalosporines de 3e et 4e générations, les fluoroquinolones, les autres quinolones et les polymyxines, dont les ventes ont respectivement atteint 0,17 %, 2,8 %, 0,16 % et 2,8 %, selon les déclarations des 31 pays participant au projet ESVAC.

Des traitements collectifs en majorité

De manière plus large, entre 2011 et 2022, les ventes de céphalosporines de 3e et 4e générations ont diminué de 49 %, les fluoroquinolones de 24,7 %, les autres quinolones de 89,7 % et les polymyxines de 81 %. Sur la période de référence, les macrolides ont représenté 8,5 % (6,3 mg/PCU) des ventes totales d'antibiotiques destinés aux animaux de rente. La majorité des traitements sont destinés à des groupes d’animaux (85 %). Dans le détail, ces médicaments sont des solutions buvables (63,4 %), des prémélanges médicamenteux (14,9 %) et des poudres orales (6,8 %). Les traitements individuels (14,9 % des ventes totales) comprennent des produits injectables (13,6 %), des produits intramammaires (0,74 %) et d’autres formes pharmaceutiques telles que des pâtes orales, des bolus et des produits intra-utérins (0,58 %). « Même si les ventes de solutions orales ont augmenté au fil des années, celles de tous les autres produits (prémélanges, injectables, oraux, intra-utérins, intramammaires et bolus) ont diminué », révèle le rapport.

La fin du projet ESVAC

L’EMA indique que le projet ESVAC s'achèvera en 2023. Le dernier rapport avec les données de 2022 a donc été publié cette année. La réglementation européenne rend désormais obligatoire la collecte de données pour tous les pays de l'Union européenne. Le premier rapport contenant les données de ventes et d’utilisation d’antimicrobiens pour l’année 2023 sera publié en 2025.

  • 1. Rapport 2023 de l'European Surveillance of Veterinary Antimicrobial Consumption : urlz.fr/oB49
  • 2. PCU : Population Correction Unit ou, en français, « kg de poids vif »
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