Approche diagnostique de l'alopécie chez le cheval - La Semaine Vétérinaire n° 2010 du 10/11/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2010 du 10/11/2023

Dermatologie

FORMATION MIXTE

Auteur(s) : Marine Neveux

Didier Pin (L 82). Professeur de dermatologie à VetAgro Sup, Campus vétérinaire de Lyon. 

D'après la conférence « Diagnostic différentiel et démarche diagnostique lors d’alopécie du cheval », présentée lors des 50es Journées annuelles de l’Association vétérinaire équine française (Avef), à Reims (Marne), en novembre 2022.

L’alopécie fait référence à une anomalie du cycle pilaire. La dépilation est l’avulsion ou la fracture du poil ; un phénomène qui, lui, se rapporte au prurit. L’hypotrichose est une diminution de densité du pelage qui peut être liée à une raréfaction, un raccourcissement ou un amincissement des poils. Dans la pratique courante, on considère alopécie et hypotrichose comme similaires.

L’étiologie de l'alopécie est vaste et variée. Aussi, la démarche diagnostique mérite d'être la plus rigoureuse possible, pour arriver au diagnostic étiologique et un traitement adapté.

Classification

La classification la plus pratique de l'alopécie est la classification clinique, car elle fait appel à des critères anamnestiques et cliniques observés chez le cheval. Un des critères simples est l’âge d’apparition du trouble, qui permet de distinguer les alopécies congénitales de celles acquises. Le second critère, parmi les alopécies acquises, est la présence d'un prurit ou non. On distingue ainsi les alopécies acquises non prurigineuses et prurigineuses. Autres critères : la présence de lésions associées ou non à la dépilation et, enfin, leur distribution ainsi qu'une tendance éventuelle à l’extension. Cela permet de distinguer les alopécies acquises non prurigineuses non lésionnelles généralisées, des alopécies acquises non prurigineuses non lésionnelles localisées.

Alopécies congénitales

Si le cheval est né avec une alopécie plus ou moins étendue et qui se généralise, le diagnostic d'alopécie congénitale est émis.

Alopécies acquises non prurigineuses lésionnelles

Les alopécies acquises non prurigineuses lésionnelles on des causes plus diverses. Les lésions observées vont donc guider la démarche diagnostique.

Dans ce groupe, il existe des dermatoses fréquentes comme la folliculite bactérienne, la dermatophilose, les teignes ; d'autres, un peu moins fréquentes, telle la folliculite-furonculose éosinophilique ; des affections exceptionnelles comme la démodécie et l’onchocercose ; et, enfin, des cas plus rares, à l'instar du pemphigus foliacé ou du lupus érythémateux cutané chronique. En outre, des maladies générales peuvent également avoir une expression cutanée : sarcoïdose, affection éosinophilique épithéliotrope multisystémique, dermatose répondant à l’administration de zinc, le lymphome cutané T épithéliotrope.

Dans ce groupe d'alopécies assez fréquentes, l’extension est généralement limitée à une zone cutanée. Les examens complémentaires nécessitent de soulever les lésions et de voir s'il y a du pus. L'examen le plus classique est le raclage cutané. En présence de pus, il convient de le recueillir pour l'observer au microscope avec coloration et séchage de la lame. Lors d'une suspicion de résistance bactérienne, ou si les autres examens n’ont pas donné de conclusion, ou encore si l’on veut connaître l’agent fongique, un prélèvement de pus ou un raclage de la lésion est envoyé sur écouvillon au laboratoire. Des biopsies cutanées sont aussi envisageables.

Alopécies acquises non prurigineuses non lésionnelles

Le nombre d'alopécies acquises non prurigineuses non lésionnelles généralisées est plus restreint. Il inclut les dysplasies pilaires (liées à un trouble de la répartition du pigment mélanique), l'effluvium (soit anagène, ce qui est rare ; soit télogène, en raison d’une maladie concomitante) et la pelade (ou alopecia aerata, qui est une maladie auto-immune).

Le dernier groupe est celui des alopécies acquises non prurigineuses non lésionnelles localisées, qui comprend la sarcoïde occulte, l’alopécie et la kératose linéaire.

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