Espace à protéger  - La Semaine Vétérinaire n° 2008 du 27/10/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2008 du 27/10/2023

EDITO

Auteur(s) : TANIT HALFON

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L’équilibre est précaire pour la centaine de centres de soins de la faune sauvage que compte la France. Selon un rapport1 rendu publique en avril 2023 de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable, les CSFS font face à une demande croissante de soins, sans disposer de moyens financiers supplémentaires. Dans ce contexte budgétaire, quelle place pour la compétence vétérinaire ?

L’arrêté du 11 septembre 1992 prévoit que ces centres « s’attachent la collaboration d’un vétérinaire investi du mandat sanitaire ». Mais en pratique, à l’exception des trois structures de soins adossées aux écoles nationales vétérinaires, très peu emploient des vétérinaires salariés. Sur les 20 centres interrogés dans le cadre de la mission d’expertise, seuls deux fonctionnent ainsi, dont un adossé à des parcs zoologiques. Pour le reste, la majorité opte pour une convention avec un ou plusieurs établissements de soins privés.

Pour la mission d’expertise, une partie de la solution passe par une délégation, strictement cadrée, d’actes vétérinaires aux personnels capacitaires, et ce car « une interprétation trop stricte du monopole vétérinaire ne paraît pas réaliste compte tenu de la pression qui s’exerce ». Si cette option peut prêter à débat, elle reste finalement classique, puisque c’est déjà le cas pour certains actes en filières d’élevage, délégués aux éleveurs et techniciens. Et c’est un projet à l'étude dans le champ de la médecine des animaux de compagnie. Mais il convient de ne pas oublier que la compétence vétérinaire va au-delà du soin individuel2, et encore plus quand il s’agit de gérer de la faune sauvage non captive. 

La mission d’expertise a bien souligné le rôle des centres de soins dans la préservation des espèces protégées et, plus largement, dans la stratégie nationale de la biodiversité. Et se propose donc de conforter leur existence. Dans ce chantier qui s’annonce, espérons que les compétences vétérinaires trouveront leur juste place, non pas comme des charges, mais comme des éléments essentiels.

  • 1. Consultable en ligne : urlz.fr/o72X
  • 2. Lire le dossier pages 32 à 37 de ce numéro.
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