Axience célèbre ses 20 ans ! - La Semaine Vétérinaire n° 2007 du 20/10/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2007 du 20/10/2023

Prévention et hygiène

PHARMACIE

Auteur(s) : Par Jean-Paul Delhom

Le 3 octobre 2023, Axience a fêté ses 20 ans d’activité au Cercle national des armées à Paris. Le fil rouge de la soirée de conférences était la prévention des infections associées aux soins, thème cher au laboratoire qui, depuis 2003, propose aux vétérinaires une gamme de produits d’hygiène et de désinfection. 

La pharmacienne hygiéniste Agnès Gaudichon, du Centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPias) Île-de-France, a montré combien il était important de s’organiser pour prévenir et contrôler le risque infectieux lié aux soins. En France, ces infections tuent aujourd’hui plus que les accidents de la route ou le cancer du col de l’utérus.

Les débuts de l’hygiène

Au cours du XIXe siècle, Ignace Philippe Semmelweis, médecin hongrois, avait constaté que les femmes accouchées par les médecins travaillant en salle d'autopsie décédaient plus de fièvres puerpérales que celles accouchées par les sages-femmes. Il fut recommander aux médecins de se laver les mains avec une solution chlorée. Ce qui fit chuter la mortalité. C’était la preuve de l’existence d’une transmission croisée entre patients présents à l’hôpital et l’intérêt de l’hygiène des mains pour prévenir ces infections.

Au début du XXe siècle, l’utilisation massive d’antibiotiques a laissé croire qu’on pouvait éradiquer totalement les maladies infectieuses et reléguer les mesures d’hygiène au second plan. L’apparition rapide de résistances bactériennes aux antibiotiques a permis de prendre conscience des infections nosocomiales définies par leur apparition au cours ou à la suite d’une hospitalisation.

La structuration

Le système de surveillance et prévention de ces infections a commencé à se structurer dans les années 1970. Il a été demandé par décret à chaque établissement public de santé de créer un comité de lutte contre les infections nosocomiales (Clin).

Dans les années 1990, des moyens supplémentaires ont permis de créer des équipes pour appliquer la politique de prévention définie par les Clin avec un suivi régional et national de ces infections (enquête nationale de prévalence, premiers réseaux de surveillance de l’incidence de certaines infections nosocomiales fréquentes, guide national des 100 recommandations, création d’un système pyramidal de surveillance et prévention). 

En 1997, à Paris, le scandale de la Clinique du sport (défauts de stérilisation et réutilisation de matériel) a permis de renforcer le système de surveillance et de donner plus de droits aux patients (loi Kouchner de 2002). Ce système est toujours en place. Désormais on parle d’infection associée aux soins pour couvrir tout le parcours du patient.

1 patient sur 18 porteur d’au moins une infection nosocomiale

La dernière enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales et des traitements anti-infectieux en établissement de santé, menée en 2022, montre que près d’1 patient sur 18 présents un jour donné à l’hôpital est porteur d’au moins une infection associée aux soins (Escherichia coli, Staphylococcus aureus ou Enterococcus faecalis). Les patients fragiles (altérations des barrières contre les micro-organismes) ou ayant des défenses immunitaires diminuées sont les plus concernés. Des souches multirésistantes sont parfois retrouvées. Les infections urinaires, les pneumonies et les infections de site opératoire sont les plus fréquentes. 

Prévention et approche One Health

Les actions de prévention doivent intervenir à tous les niveaux. La stérilisation du matériel, la désinfection des surfaces en contact avec le patient ou la maîtrise des micro-organismes présents dans les réseaux d’eau réduit le réservoir environnemental de micro-organismes. Une juste prescription d’antibiotique permet de limiter l’émergence de bactéries multirésistantes. L’asepsie limite les infections lors de soins invasifs. L’hygiène des mains, le port d’équipements de protection, l’élimination des déchets et excreta sont des mesures à appliquer à tous les soins. Le port du masque chirurgical est recommandé dans certaines maladies infectieuses (Covid, grippe). 

Enfin, l’approche One Health, est nécessaire afin d’agir de concert et proposer des actions synergiques pour préserver l’efficacité des antibiotiques.

Le service équin de l’École nationale vétérinaire d'Alfort va déménager en Normandie en 2025. Ce départ sera l’occasion d’améliorer la prise en charge des équidés. La directrice du centre universitaire équin, notre consœur Céline Mespoulhès (A 98), a fait part des réflexions que ce projet a initiées depuis 2010 (lire p.xx). 

Concilier responsabilité écologique et lutte contre le risque infectieux

Pour Pierre Parneix, président de la Société française d’hygiène hospitalière, il est nécessaire de concilier la responsabilité écologique et la lutte contre le risque infectieux sans se tromper de combat. L'association The Shift Project a produit en 2023 un rapport intitulé Décarboner la santé pour soigner durablement. Il décrit la répartition des émissions de gaz à effet de serre du secteur de la santé : les déchets et services représentent 5 % contre 29 % pour l’achat des médicaments et 21 % pour celui de dispositifs médicaux. Les déchets d’activité de soins à risques infectieux (Dasri) ne sont pas la cible prioritaire en termes d’écologie. Les économies d’énergie générées par la baisse de la température de l’eau laissent envisager la remontée du risque de légionellose. Si le choix de l’institution se porte sur l’acceptation d’un risque plus élevé, les futurs cas avérés seront détectés précocement et traités de façon adaptée pour limiter les conséquences dommageables.

Les dispositifs médicaux sont un pourvoyeur majeur de gaz à effet de serre (forte empreinte carbone de l’extraction des matières premières qui les composent). Il conviendra donc, en priorité, de parler de la pertinence de la pose et du maintien des cathéters et rendre possible l’inéluctable réutilisation de l’usage unique. La pénurie de matière première et l’empreinte carbone trop importante y contraignent. L’objectif est de réduire de 67 % les émissions des achats de dispositifs médicaux.

Il reste nécessaire d’avoir une action désinfectante vis-à-vis des réservoirs environnementaux. Le « zéro chimie » reste pour le moment une utopie. La réglementation sur les produits biocides en Europe adoptée en 2012 a permis l’élimination des composants les plus toxiques. Elle garantit un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l'environnement. Le développement durable est désormais un impératif à inclure dans chaque réflexion.

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