Osalia place la stratégie RSE au cœur de son ADN - La Semaine Vétérinaire n° 2005 du 06/10/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2005 du 06/10/2023

Laboratoire

PHARMACIE

Auteur(s) : Michaella Igoho-Moradel

Réduire de 14% son bilan carbone d’ici à 2026, c’est l’objectif ambitieux que s’est fixé Osalia. Pour gagner son pari, le laboratoire mise sur l’implication de toutes les parties prenantes, dont les vétérinaires, qu’il sensibilise à la démarche RSE.

Alors que l’industrie pharmaceutique contribuerait à hauteur de 8 % à l'empreinte carbone de la France et les médicaments à 33 %, Julien Rochet, président-directeur général d’Osalia, a présenté le 19 septembre dernier à Paris, les premières orientations de sa stratégie RSE (responsabilité sociétale des entreprises). « Nous souhaitons être un leader sur ce sujet et en faire un élément de différenciation vertueux. » L’enjeu est de taille face à un marché des cliniques vétérinaires qui se concentre. « Une transformation du business model de la profession va avoir à court terme des impacts sur la prise en compte des stratégies RSE », poursuit-il. Pour élaborer son plan d’action, le laboratoire a fait appel à des experts en la matière, comme Astrid Suberbielle, et consulter les parties prenantes, dont les vétérinaires, pour connaitre leurs attentes et leurs initiatives.

Les indispensables parties prenantes

Osalia, une entreprise dynamique (croissance annuelle à deux chiffres, mise sur le marché de nouveaux produits tels que Alpramil, Benadil ou encore Easypill Zen) saura-t-elle relever le défi de la décarbonisation ? Le laboratoire veut s’en donner les moyens. En plus de ses collaborateurs, qui ont été sensibilisés aux enjeux de la RSE, Osalia fait le pari de convaincre l’ensemble des parties prenantes (vétérinaires, fournisseurs, centrales d’achat, groupement d'intérêt économique (GIE), etc.). Julien Rochet souligne qu’une bonne stratégie RSE repose avant tout sur l’implication de tous les acteurs de la chaine de valeur. « Nous avons passé beaucoup de temps à échanger avec les parties prenantes. Nous les avons écouté pour comprendre le degré de maturité des uns et des autres. […] La partie produit est importante dans la stratégie RSE, ces sujets sont jugés élevés par nos fournisseurs. » Le degré d’implication des acteurs du secteur vétérinaire, tels que les centrales d’achat, varie selon les entreprises. Ces échanges ont permis au laboratoire d’élaborer un plan d’action contenant une soixantaine de mesures, qui seront mises en œuvre d’ici à 2026. L’un des objectifs est clair : faire de la RSE un critère de choix pour les vétérinaires mais aussi pour les GIE, au-delà du-prix.

Un critère de choix

« A ce jour, c’est la remise qui gagne. Si à la fin, ce ne sont que les enjeux économiques qui comptent, on ne bougera pas ! […] Nous discutons avec les vétérinaires afin de les convaincre d’intégrer ces dimensions dans leurs critères de choix. Je rêve que lors des discussions annuelles avec les GIE, la note RSE du produit soit un critère de choix, quitte à référencer un produit qui n’est pas le moins cher mais qui valorise des initiatives », lance le président d’Osalia. Le laboratoire mise sur la pédagogie, la sensibilisation pour accompagner les vétérinaires dans cette démarche. Il a également réalisé son bilan carbone sur un large périmètre (énergie, déplacements, production, achats, fret et emballage produits) qui couvre 80 % du chiffre d’affaires de ses produits (médicaments et produits conseils). Il tient compte du site de fabrication, du transport, du stockage, de la distribution auprès des centrales jusqu’aux clients ainsi que des déchets. «  Nous avons fait cet exercice sur les scopes 1, 2 et 3. Peu d’entreprises le font. Cela donne de la consistance au plan d’action qui a suivi », indique Julien Rochet.

Changer son ADN

L’essentiel des émissions est lié aux produits (fabrication, transport, packaging, etc.). « Ils sont notre objet social. Embarquer les clients avec nous est incontournable car leurs choix va dicter notre stratégie. Nous allons travailler au développement de produits éco-conçus et plus durables, en prélevant moins de ressources et avec plus de matériaux recyclables », détaille-t-il. Pour atteindre cet objectif et réduire son empreinte carbone de 14 %, le laboratoire va notamment utiliser l’analyse du cycle de vie, une approche multicritère qui permet d’évaluer les impacts environnementaux d'un produit. Ce bilan carbone, qui devrait bientôt être disponible sur le site de l’Ademe (Agence de la transition écologique), a également permis l’élaboration du plan d’action du laboratoire. « Cela va changer notre ADN. La marche est haute à franchir, mais nous avons la volonté d’y aller. Celle-ci sera plus facile à atteindre si la profession se saisit de ces enjeux, il faut une meilleure coordination », plaide Julien Rochet. Cette stratégie aura-t-elle un impact sur les prix appliqués par le laboratoire ? « La RSE ne doit pas être une excuse pour modifier nos marges. Cette démarche est financée avec notre chiffre d’affaires. Nous bougeons des lignes budgétaires et faisons des choix », précise le président d’Osalia.

Une stratégie d’entreprise

Osalia repose sa stratégie sur les trois volets de la démarche RSE :  l'environnement, la gouvernance et le social. Son ambition ne date pas d’hier puisque l’entreprise a déjà mis en œuvre des actions impliquant ses collaborateurs et ses clients . Il a réalisé une enquête de satisfaction clients, son parc automobile compte plus de véhicules hybrides (et bientôt tout électriques), le télétravail a été favorisé, l’égalité homme-femme est l’un de ses engagements, la télévisite généralisée... « Lorsque nos délégués font une télévisite, c’est environ plus de 15 tonnes de CO2 économisé sur un an », argumente Julien Rochet. En plus de se fournir en énergie verte, le laboratoire sélectionne des fournisseurs français et européens avec plus de 50 % de leur chiffre d’affaires produit en France. Il compte aussi parmi les mécènes des associations Beauval Nature et The SeaCleaners. De plus, son partenariat avec la start-up bretonne EcoTree implique directement ses vétérinaires-clients, dont les achats permettent aussi de planter des arbres en France. « Nous souhaitons embarquer les vétérinaires dans cette démarche et communiquons systématiquement auprès de nos clients sur ces actions pour les informer et les sensibiliser. »

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