Reconversion : arrêter la clinique, pour le meilleur ! - La Semaine Vétérinaire n° 2002 du 15/09/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2002 du 15/09/2023

DOSSIER

Auteur(s) : Tanit Halfon

En sortant de l’école vétérinaire, beaucoup décident de s’engager vers l’exercice clinique. Un choix qui sera, pour certains, remis en question au cours de leur parcours professionnel. Mais que faire après, alors que l’on s’était formé pour cela ? Itinéraires de quelques reconvertis, qui nous livrent leurs enseignements sur le chemin à suivre pour réussir à changer de voie.

À un certain moment de sa vie professionnelle, le vétérinaire praticien peut être amené à envisager un changement de carrière, avec un arrêt de la clientèle. Se pose alors potentiellement la question fatidique : « Que puis-je faire ? ». Puis : «  De quelle manière ? ». D’autant plus lorsque cela fait plusieurs années que l’on exerce. Il n’y a évidemment pas de recette magique pour y arriver, mais il est clair que se nourrir de l’expérience des autres peut être d’une grande aide pour réussir sans trop d’à-coups sa transition. Pour ceux et celles qui ont accepté de nous raconter leurs parcours de vie, il y a un constat général positif : oui, on peut s’épanouir en dehors de la clientèle, quelles que soient les raisons qui nous ont poussés à la quitter. Et ce, sans regret.

Le diplôme vétérinaire, un atout

Avec le recul, il apparaît que le diplôme de vétérinaire ouvre de nombreuses portes. « En tant que vétérinaires, notre champ des possibles est bien plus large qu’on pourrait le penser ; nos compétences sont très diversifiées, analyse Yoann Jentile (A13), trois ans de clientèle en salarié avant de bifurquer dans le monde de l’industrie pharmaceutique. La démarche clinique nous apprend, par exemple, à identifier un problème, émettre des hypothèses, et à partir de là, à établir une stratégie et un plan d’action. C’est totalement applicable à d’autres secteurs d’activité. » Selon lui, « le diplôme vétérinaire est un véritable atout, très reconnu dans le monde académique ou sur le marché du travail, et qui assure une employabilité certaine. J’ai pu le constater quand j’ai postulé à mon Mastère en marketing à l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) : notre profil est très recherché ! ». Même constat de Gaëtane Marquet Liagre (LIÈGE 94), une dizaine d’années de pratique et deux reconversions professionnelles au compteur, d’abord dans l’industrie pharmaceutique, puis en tant qu’autoentrepreneuse consultante en relation humain-animal. « Je n’ai pas ressenti de difficultés particulières dans mon parcours. Le diplôme de vétérinaire est accueilli favorablement dans beaucoup de secteurs, c’est un atout, synonyme de rigueur et de travail. » Finalement, là où le bât blesse, c’est que rien n’est vraiment formalisé concernant les différentes opportunités possibles ni les moyens disponibles pour y parvenir. C’est d’ailleurs ce qu’avait été mis en exergue dans une récente enquête1 de l'association Vétos-Entraides sur la reconversion.

Entre tâtonnements…

Pour nos interviewés, il a fallu tâtonner. Après presque dix ans de clientèle, dont plus de trois ans en tant qu’associée, Marlène Lacreusette Alerini (LIÈGE 07) a sauté le pas. « J’ai revendu ma clientèle avec pour seule certitude que je voulais malgré tout rester dans le monde vétérinaire. Ne connaissant rien d'autre, il était compliqué de décrypter les fiches de poste. Via LinkedIn, j’ai pu prendre contact avec des collègues travaillant dans d’autres secteurs d’activité et mieux comprendre ce à quoi je pouvais prétendre. Cela m’a beaucoup aidé et j’ai pu intégrer un laboratoire pharmaceutique quelques mois après à un poste où je pouvais valoriser mon diplôme et mes années de clientèle. »

Pour avancer dans sa transition professionnelle après cinq années de clinique, François Reynier (A 07) a sollicité des professionnels des ressources humaines. « À la suite de ma décision d'arrêter la clinique, je suis allé frapper aux portes de tous les labos, postulant pour des fonctions de responsable technique ou de délégué vétérinaire, sans succès. J’ai alors décidé de prendre rendez-vous avec la direction des ressources humaines de la dernière entreprise que j’avais visée, afin de mieux comprendre le type de profil qui était recherché. C’est comme cela que j’ai découvert le métier de chargé d'affaires réglementaires en recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique. Cet entretien m’a permis de fixer une cible. Je me suis inscrit à un Mastère en faculté de pharmacie. » Durant cette période, François Reynier avait aussi mobilisé l’outil du bilan de compétence : « Cela ne m’a pas apporté grand-chose pour avancer dans ma prise de décision. Mais c’est au cours de ce bilan que l’on m’a donné le contact d’une petite entreprise de développement pharmaceutique de ma région… que j’ai par la suite sollicitée pour ma période de stage. Cette formation a été mon passe d’entrée pour le secteur d’activité envisagé. Et pour ma part, la première expérience en industrie, très diversifiée et complète, a été un véritable tremplin pour la suite. »

….et hasard de la vie 

Pour d’autres, il y a aussi quelque chose à voir avec le hasard – heureux ! – de la vie. C’est le cas par exemple pour Florence Poyot (N 99), qui a décidé d’arrêter la pratique après vingt ans de clientèle en tant que salariée en canine. « J’ai pu m’inscrire à Pôle emploi. J'en ai profité pour suivre quelques petites formations courtes, comme rédiger un CV, et établir un bilan de mes priorités professionnelles. Il en était ressorti que le travail avait son importance et que j’avais besoin de m’y sentir utile. Durant cette période, j’ai posé ma candidature aux services vétérinaires de la direction départementale, un poste de vétérinaire officiel en abattoir m’a été proposé. Sa description m’avait plu, mais j’avais d’autres choses en tête. Finalement, j’y suis restée car le métier me plaît. C’est un peu un coup de chance, car j’avais déjà postulé aux services vétérinaires de mon département il y a quelques années ; il n’y avait rien de disponible à cette époque-là ».

Ce tâtonnement reste toujours d’actualité. Yoann Jentile, pourtant diplômé plus récemment, décrit cette période comme une « exploration artisanale du champ des possibles ». « J’ai réseauté via LinkedIn, que je ne connaissais même pas à l’époque. J’y ai épluché les fiches de postes et je me suis reconnu dans celles relatives au marketing. Je n’ai pas mobilisé d’aides ou d’accompagnements particuliers – Pôle emploi, entre deux postes de praticiens, m’avait alors signifié que j’étais “trop qualifié pour être accompagné” ! Finalement, j’ai décroché ma première expérience hors clientèle grâce à la force de notre réseau confraternel. » Ce champ des possibles avait été illustré en novembre 2019 par la vétérinaire Leïla Assaghir, avec un schéma2 qui permet de visualiser l’ensemble des secteurs d’activité ouverts aux diplômés vétérinaires, ainsi que les postes associés. Le sujet de la reconversion professionnelle avait été aussi travaillé dans le cadre de l’association il y a quelques années avec le projet EvolPro, dont les ressources restent toujours accessibles. Aujourd’hui, il est prévu d’aller encore plus loin, explique Bernard Caron (A 77), membre de l’association, qui a lui-même eu à vivre une transition professionnelle. Maintenant en retraite, il a particulièrement à cœur à partager son expérience et à aider les vétérinaires praticiens qui envisagent de sauter le pas. « Nous avons récemment convenu avec le conseil d’administration d’élaborer des fiches métiers, qui mettront en avant à la fois le profil technique recherché, tout comme le profil personnel qui y est généralement associé. Cela permettra aux intéressés de mieux comprendre les attentes et contraintes des différents métiers, et de moins se tromper. »

Se connaître et se poser les bonnes questions

Pour lui, outre l’aspect compétences pour le nouveau métier, il est tout aussi important de ne pas négliger son fonctionnement intrinsèque. Dans cette optique, l’aide extérieure peut s’avérer essentielle, car il est difficile de bien analyser une situation lorsqu’on est en train de la vivre, indique-t-il. « Un outil comme le bilan de compétences, permet de comprendre comment on fonctionne, pourquoi la situation ne nous convenait pas et quels sont nos centres d’intérêt. Si on ne fait pas ce travail, on partira avec nos valises pleines… et il y a une grande probabilité de se retrouver avec tout cela à l’arrivée. Parfois, comprendre son fonctionnement permet de résoudre pas mal de problématiques ». A son époque, ce genre d’outils n’était pas très développé et il s’était appuyé sur des amis pour comprendre quels étaient leurs différents métiers.

Se connaître soi-même est donc une partie de la solution. Mais pas que. Pour Bernard Caron, appréhender la question du changement en tant que telle est un élément central dans un processus de reconversion. « Si on peut la résumer, elle se pose de la façon suivante : est-ce que je préfère continuer à vivre une situation qui ne me convient pas ou qui conduirait possiblement à un désastre à moyenne échéance, mais que je connais bien et dans laquelle j'ai trouvé, disons, une forme "d'équilibre". Ou bien est-ce que je choisis la voie du changement vers un ailleurs que je ne connais pas encore, qui peut être meilleur, mais qui est une grande source d'inquiétude du fait de cette nature inconnue. Il s'agit d'une question, d’une difficulté, que j'ai dû résoudre à l'époque de ma reconversion, à l'aide de mes lectures dans le domaine des sciences humaines et de l'éthologie, de l'aide psychologique que j'ai utilisée alors. Une fois la réponse éclaircie et la décision prise de choisir une forme "d'aventure" professionnelle, ce qui a suivi n'a plus été vraiment une source de difficultés, mais donc surtout du travail. »

« Le deuil du soignant »

D’autres questions se posent aussi, analyse Gaëtane Marquet. « À mon sens, dans une démarche de reconversion, il faut déjà faire le deuil d’être soignant. Quand on a été dans cette posture du “care”, il peut être difficile de s’en extraire. On peut quitter la pratique pour un ras-le-bol, mais… est-ce que l’on sera capable de faire ce deuil ? L’autre question à se poser est : le projet professionnel doit-il correspondre à notre profil ? Pour moi, le profil de vétérinaire est exigeant envers lui-même, avec un haut niveau de connaissances et de compétences, upgradé en continu. Pourra-t-on déployer tout ce potentiel, sans frustration, dans notre futur job ? Et y satisfaire notre besoin de reconnaissance ? Enfin, le point essentiel est de savoir si on a envie d’envisager une activité plus éloignée de l’animal. » « Quand on a la tête dans le guidon, il faut s'aménager des plages pour se dire qu'on est libre de changer. On a un profil pour s'épanouir ailleurs, cela permet de vivre différemment », ajoute-t-elle. Les aspects financiers ne sont pas non plus à négliger : si elle s’avère nécessaire, une formation complémentaire coûte de l’argent, et peut même devenir un investissement très conséquent. Elle n’est pas forcément non plus à proximité de son domicile.

Pour nos vétérinaires interviewés, ce changement de vie a permis de découvrir de nouvelles façons de travailler, avec le constat d’une meilleure qualité de vie et d’opportunités d’évolution de carrière. Sachant que certains font le chemin inverse (voir témoignage) ! « J’avais un a priori négatif de l’abattoir en sortant de l’école. J’ai découvert un métier passionnant aux multiples facettes, sans oublier des avantages en termes d’horaires de travail. En étant vétérinaire en abattoir, on peut se sentir utile pour la société », explique Florence Poyot.

Ne pas avoir de regret

« Travail en équipe, à l’international, absence de routine, plan de carrière, rythme, salaire… je suis aujourd’hui beaucoup plus confortable et serein dans mon activité que ce que j’aurais pu connaître en clinique. Il faut aussi ajouter qu’il y a bien moins de stress, étant donné qu’il n’y a pas de vies en jeu, c’est plus facilement gérable au niveau émotionnel », indique François Reynier. « Mon premier poste en entreprise a été une vraie respiration. L’environnement m’était plus favorable, avec davantage de travail en équipe, et un meilleur accompagnement au quotidien en termes de management et de développement, souligne Yoann Jentile. Ne plus avoir la vie et la mort entre les mains m’a permis de prendre de la hauteur vis-à-vis de mon métier et de sa place dans ma vie. J'ai également gagné en sérénité au quotidien. » « Dans ce secteur d’activité, grâce à des formations et des mobilités internes, on peut régulièrement évoluer si on le désire, explique Marlène Lacreusette Alerini. De plus, être salariée en entreprise a de bons côtés et apporte un confort de vie avec une rémunération décente, une bonne qualité de vie au travail et un épanouissement que je ne trouvais plus en clientèle, étant même arrivée au burn-out. » « Même si sur le moment on prend la reconversion comme un échec, 7 ans après je ne regrette absolument pas mon choix et ce que je fais me plaît. Pour ceux qui y songent, il ne faut pas attendre d'être à bout », ajoute-t-elle.

Bernard Caron souhaite apporter un message plus général : « À l’heure du bilan, il me semble que nous devons tous répondre un jour à la question de ce que nous avons fait de notre temps, et donc autant choisir les voies qui nous permettront de faire un bilan sans regret (….) Pour ma part, j’ai la sensation d’avoir eu une vie professionnelle bien remplie, et d’avoir su saisir les occasions qui se sont présentées de valoriser mes études, mais aussi les efforts auxquels la collectivité a consenti pour me former (…) Même si j’ai décidé un jour de quitter l’activité clinique, je n’ai aucun regret de ces années initiales, qui ont fortement contribué à ma construction et m'ont permis de parvenir à une certaine synthèse intuitive de l’être vivant très utile pour la suite. »

François Lecoin (T 93)

« Se laisser la possibilité d’essayer »

En sortant de l’école, j’ai commencé mon activité professionnelle en clientèle canine, dans un contexte où il n’était pas si facile de trouver des remplacements. Au bout de trois années de pratique, à la faveur d’une rencontre, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’industrie du petfood. À cette époque, le recrutement s'y faisait sans autre bagage que le diplôme de vétérinaire. Je ne suis plus jamais retourné en clinique, même si au départ, cela restait une option possible. Au sein de ma première entreprise, j’ai pu évoluer en occupant différents postes. Par la suite, j’ai expérimenté d’autres secteurs d’activité : centrales d’achat, groupe vétérinaire. Ces changements de postes et de secteurs vont bien avec mon caractère. J’encourage tous ceux et celles qui veulent découvrir autre chose d'y aller, sachant qu’il est toujours possible de retourner en clientèle, à la condition que le changement de métier ne dure pas si longtemps. Pour ceux qui sont persuadés que la pratique n’est pas ou plus possible, qu’ils foncent ! Aujourd’hui, pour moi, le bilan est positif. Toutefois, si notre diplôme est une force quand on reste dans le circuit vétérinaire, ce n’est pas forcément le cas si on veut postuler en dehors. Pour ma part, j’ai passé un Mastère en stratégie d’entreprises en parallèle d’un de mes postes, même si ce n’était pas obligatoire. Cela demande un gros effort, notamment lorsque l’on a une famille, mais j’en garde au final un bon souvenir.

Revenir en clientèle

Certains vétérinaires se reconvertissent… pour mieux revenir en clientèle par la suite. Exemple avec Valérie Guigardet (L 94) qui est passée par l'immobilier avant de reprendre la clinique avec une casquette bien spécifique.

Après près de vingt ans passés en clientèle, dont dix en tant que vétérinaire solo, j’ai ressenti le besoin de changer d’activité. Je vivais globalement bien ma vie de praticienne, mais la pression vécue avec certains clients a contribué à remettre en question progressivement mon activité. À cette époque, j’avais un ami dans l’immobilier ce qui m’a permis de découvrir ce secteur qui m’a attirée. Je me suis lancée, d’abord en parallèle de mon activité de clinicienne, puis j’ai revendu ma clientèle pour m’y consacrer à temps plein. Cela a très bien fonctionné pendant plusieurs mois… mais les pratiques peu déontologiques de ce milieu, par rapport à ce que j’avais connu en tant que vétérinaire, m’ont peu à peu gênée. J’ai finalement décidé de revenir en clinique, mais en tant que praticienne en exercice exclusif en physiothérapie. J’avais un attrait pour la discipline depuis longtemps et je ne voulais plus avoir le même cadre d’exercice, avec la même pression, que le vétérinaire généraliste. J’ai ouvert le premier centre d’exercice exclusivement dédié à la physiothérapie. J’ai découvert un nouveau mode de fonctionnement, un nouveau rythme de travail et des relations plus apaisées avec les détenteurs d’animaux. Aujourd’hui, il me serait impossible d’exercer à nouveau en tant que praticienne généraliste. Si le lancement de mon activité a demandé beaucoup de travail les premières années, cela s’est tout de même fait sans grandes difficultés. Aujourd’hui, je suis épanouie professionnellement. J’invite les vétérinaires qui ne vivent pas bien leur activité de praticien, avec des moments réguliers de démoralisation, à laisser la porte ouverte à d’autres opportunités, avant d'être à bout. Ce n’est pas une fatalité, il est possible d’essayer autre chose.

Yoann Jentile (A 13)

Vétérinaire pour la vie

Vétérinaire praticien, c’est un métier rêvé par beaucoup, mais pas forcément fait pour tout le monde. Cela a été mon cas, et après trois années d’exercice, j’ai pris conscience que ma place était ailleurs. Il a fallu passer de la désillusion à l’action : « Suis-je capable de faire autre chose ? . » Dans l’inconscient collectif, on a l’impression qu’être vétérinaire, c’est forcément être clinicien. Une fois que l'on s’autorise à passer ce premier cap, reste encore à trouver vers quel métier ou secteur se tourner. Ce processus, parfois long, peut être difficile à vivre, vis-à-vis de soi et/ou des autres. Il faut surmonter certaines barrières psychosociales : arrêter la clinique, cela peut être considéré comme un gâchis – compte tenu de l’excellence et du prestige académique de notre diplôme. C’est un bruit de fond dans son parcours de transition professionnelle, mais qui ne doit pas l’entraver ! J’ai eu la chance de pouvoir identifier ce qui me convenait et me convenait moins. J’ai malheureusement en tête des exemples de vétérinaires qui persistent en clientèle malgré leur mal-être. 

Mon conseil, en cas de doute, serait avant tout de s’autoriser à voir ce qui se fait ailleurs – cela n’engage à rien ! – et pourquoi pas tenter sa chance ? Dans tous les cas, rien n’est irréversible : nombreux sont les exemples de vétérinaires reconvertis qui sont revenus à la pratique. Il ne faut pas non plus hésiter à faire jouer notre réseau confraternel et à solliciter des échanges avec ceux qui ont sauté le pas. Ayons conscience que notre diplôme est multipotentiel. Notre formation initiale et l’expérience clinique ne sont en rien des années de perdues : on y apprend bien plus que le soin ! Ma reconversion a eu un impact global positif, de l’épanouissement professionnel aux projets plus personnels. Et si mon quotidien professionnel est désormais loin des cliniques vétérinaires, il reste profondément lié à la santé et à la vie. C’est pourquoi je me sentirai toujours vétérinaire, et fier de l’être. Pour la vie. 

Anne Anthore (N 87)

« On peut se former dans d’autres domaines d’activité »

Après une dizaine d’années d'exercice en canine, j’ai eu un ras-le-bol de la clientèle. Je ne me retrouvais plus dans l’attitude de certains propriétaires vis-à-vis de leur animal de compagnie qui devenait un véritable enfant pour eux. Cela n’a pas été simple, je me suis donnée six mois pour fermer mon cabinet. Maman de cinq enfants, j’ai décidé de m’occuper d’eux à temps plein. Je me suis souvent justifiée en disant que j’avais arrêté pour ma famille, mais en réalité, c’est parce que je ne supportais plus les clients… Si je ne regrette pas cette période de ma vie, au bout d’un moment, c’est difficile de rester mère au foyer, notamment d’un point de vue intellectuel. Par hasard, je suis tombée sur une annonce d’un poste de vétérinaire en abattoir. Ce nouveau métier me satisfait, il est très stimulant, et complet. Je ne regrette pas mon parcours de vie. Finalement, en tant que vétérinaire, on peut tout à fait se former dans beaucoup de domaines d’activité, il ne faut pas hésiter à sauter le pas.

  • 1. urlz.fr/nu78
  • 2. Figure basée sur la thèse de fin d’exercice vétérinaire de Joanna Lees, « Cursus vétérinaire : et après ? Etude d’une population de vétérinaires atypiques et description des formations complémentaires disponibles avec notre diplôme », 2014, École nationale vétérinaire d’Alfort. bitly.ws/U5kk
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