Sujet à tensions, en trois lettres… - La Semaine Vétérinaire n° 2000 du 25/08/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2000 du 25/08/2023

ANALYSE GENERALE

Auteur(s) : Marine Neveux

GIE : trois lettres qui génèrent bien des fantasmes en cette année 2011 ! L’avenir est-il aux groupements d’intérêt économique ou à une société civile de moyens (SCM) pour acheter ses médicaments ? En ligne de mire : acheter collectif (comme le fait la grande distribution) ; des personnes morales (des sociétés d’exercice) qui mettent en commun leur puissance de vente et donc d’achat pour négocier des remises auprès de leurs fournisseurs.

Dès 2011, l’option séduit les vétérinaires. Parmi les professionnels libéraux, 15 % seraient déjà membres d’une centrale de référencement de type GIE ou SCM. Mais les interrogations sont nombreuses et les inquiétudes émergent...

Ce sera une année haute en couleurs : le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral annonce son intention de « créer une centrale de référencement de taille inédite qui vise à devenir un acteur majeur du marché avant fin 2011 ». Isovet prend ainsi forme, non sans remous. Fin 2011, l’Autorité de la concurrence est saisie pour répondre aux questions que soulève ce cas. À ses yeux, « les GIE d’achats groupés sont apparus sans perturber le marché. La démarche d’Isovet procède du même état d’esprit ». En réponse à Isovet et aux GIE, le ministère chargé de l’Agriculture annonce, en novembre 2011, le plan Écoantibio 2012-2017 ; sa mesure n° 29 prévoit l’interdiction, par décret, des contrats de coopération commerciale pour tous les médicaments vétérinaires.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les années suivantes seront témoins de la croissance des GIE. Fin 2019, 70 à 80 % des vétérinaires auraient été réunis au sein de GIE ou adhérents à de centrales de référencement. La distribution se réinventerait-elle ? Elle bouscule le monde des centrales d’achat, pilier historique de la profession.

Mais, en 2020, le risque de disparition des GIE est aussi pointé avec la remise en cause des marges arrières, et donc la fragilisation des GIE pour lesquels le modèle économique reposerait sur la seule négociation d’achats. « À l’exception des GIE qui auront investi dans une centrale de référencement ou des corporates qui bénéficient de la force d’un réseau européen, d’ici à cinq ans, 80 % des GIE auront disparu, faute d’avoir pu rayonner à l’international pour consolider leurs fondations », pronostique un acteur de l’industrie pharmaceutique dans les colonnes de La Semaine Vétérinaire. Les GIE devront en outre faire face au risque de départ de leurs adhérents chez les corporates.

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