Femmes en action - La Semaine Vétérinaire n° 2000 du 25/08/2023
La Semaine Vétérinaire n° 2000 du 25/08/2023

ANALYSE GENERALE

Auteur(s) : Tanit Halfon

En 1761, la première école vétérinaire française est créée. En 1897, Marie Kapcewitch devient la première femme à obtenir le diplôme vétérinaire (et la troisième diplômée d’une école vétérinaire européenne)… soit cent trente-six ans plus tard ! Ce n’est ensuite que dans les années 1930 qu’une deuxième femme sera diplômée. Dans les années 1970 à 1980, on comptait 10 à 30 % admises dans les écoles, puis 30 à 50 % dans les années 1980-1990… On connaît la suite. « Des écoles vétos ovaire-bookées », titrait-on malicieusement dans un édito de 2009. Par rapport à d’autres secteurs d’activité, la femme vétérinaire a mis du temps à s’imposer. En 1962, étaient dénombrées 45 % et 20 % d’étudiantes en pharmacie et en médecine… contre 3 % en vétérinaire ! Il a donc fallu lutter longtemps pour gagner sa place, à commencer dans les écoles, où s’exprimaient comme dans la société de l’époque des comportements misogynes, de la part d’élèves ou d’enseignants. D’ailleurs, l’épluchage des archives de La Semaine Vétérinaire pour préparer ce numéro spécial a réservé quelques surprises de taille… Nous n’en dirons pas plus. Pour les "consœurs" vétérinaires (un terme qui prêtait encore à débat dans les années 1990, comme en témoignent des courriers de lecteurs et lectrice !), la diversification de l’activité à partir de 1970 est allée de pair avec l’arrivée des femmes dans le cursus. Rappelons que l’autonomie des Françaises est le fruit, encore récent, d’un long combat. Ce n’est qu’en 1946 que la Constitution reconnaît le principe d’égalité entre hommes et femmes, qu’en 1965 qu’une femme peut ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son époux… et qu’en 1924 que les femmes peuvent accéder au baccalauréat, et donc potentiellement aux études supérieures !

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