Prise de congés estivaux : quelle est votre méthode ? - La Semaine Vétérinaire n° 1996 du 30/06/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1996 du 30/06/2023

EXPRESSION

Auteur(s) : Propos recueillis par Chantal Béraud

Différentes stratégies sont adoptées selon leur taille par les structures vétérinaires, pour leur organisation d’été. Une situation surtout source de grand stress pour les plus petits établissements…

Luc Hazotte (N 91)

Praticien en canine à Saint-Sylvain-d’Anjou (Maine-et-Loire), président du Germ (Afvac)

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Nous avons renoncé aux remplaçants d’été !

Il y a actuellement un déficit de demande pour tout recrutement de personnel vétérinaire (remplacement, association…). Aujourd’hui, nombre de jeunes qui postulent aspirent en effet à un quatre ou cinquième de temps plutôt qu’un à temps plein. Ce qui ne « colle » pas avec l’organisation ordinaire de nombreuses structures. La situation se complexifie encore davantage l’été, surtout dans les régions où le volume de travail augmente. Certaines grandes ou moyennes structures se voient donc contraintes de renoncer à recruter un remplaçant et augmentent le volume de travail du ou des praticiens qui restent. C’est ce que nous faisons ici avec mon associé. Et même quand il y a un remplaçant, il faut souvent l’encadrer avec des vétérinaires plus expérimentés, car les jeunes recrues n’acceptent généralement plus d’être livrées à elles-mêmes. Quant aux plus petites structures – faute de rentabilité ou de capacité à recruter –, elles doivent parfois se résoudre à fermer. Il arrive par conséquent que le praticien solo prenne de moins en moins de vacances, ce qui peut devenir un vrai problème.

Benoît Cheval (Liège 10)

Praticien associé en rurale, spécialisé en parage à Sud-Mayenne (4 structures) 

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Congés et gardes sont répartis entre nous

Depuis 2010, nous procédons à des regroupements de clientèle, sur 4 sites, où travaillent une cinquantaine de personnes, dont 7 associés, 15 praticiens salariés et 23 auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV), en rurale, équine et canine. Côté praticien, je centralise et j’établis après discussion le planning annuel des vacances et des gardes (ces dernières étant réparties à parts égales entre associés et salariés vétérinaires). On essaie, dans la mesure du possible, de réaliser un maximum des souhaits de chacun. Nous ne prenons pas de remplaçant vétérinaire car nous raisonnons en termes de structure globale et non site par site. Notre objectif est de prendre en compte les spécialités des praticiens en leur permettant de les exercer en priorité (suivi de reproduction, parage, qualité du lait, nutrition, imagerie…). Nos effectifs vétérinaires restent donc stables toute l’année. En revanche, pour les ASV, nous avons un planning par site, géré en autonomie, avec des renforts estivaux qui sont parfois nécessaires.

Marie Bonnefont (T 14)

Praticienne en canine à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne)

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À deux mamans, il nous faut une remplaçante

Étant deux associées avec de jeunes enfants, nous tenons absolument à trouver une remplaçante pour être en phase avec les vacances scolaires. Pas de remplaçante signifie moins de temps avec nos enfants, et des frais de garde parfois importants. Si l’une des deux prend des vacances, l’autre doit assurer un temps en « sur-plein », ce qui n’est pas notre souhait. Nous cultivons donc nos « réseaux » pour parvenir à recruter d’anciennes stagiaires ou salariées ! Nous employons régulièrement des étudiants vétérinaires en formation pour des gardes de week-end. Ils savent que nous restons en astreinte téléphonique : ils n’ont pas assez d’expérience pratique pour être autonomes, et nous les secondons dès que nécessaire. J’ai malheureusement en tête des exemples nombreux de jeunes confrères ou consœurs qui ont vécu des situations de départ trop stressantes (moi y compris !), avec des responsabilités non adaptées à leurs compétences. Aider à la formation des jeunes recrues prend du temps, mais nous apprenons aussi à leur contact. 

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