Une nouvelle édition des JNGTV - La Semaine Vétérinaire n° 1994 du 16/06/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1994 du 16/06/2023

Congrès SNGTV

ANALYSE MIXTE

Auteur(s) : Propos recueillis par Clothilde Barde

Les 24, 25 et 26 mai dernier s’est tenue la dernière édition des journées nationales des groupements techniques vétérinaires (JNGTV) au Palais des congrès du Futuroscope. L’occasion d’aborder avec Christophe Brard, président de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires, les projets actuels de l’association.

Quels sont les grands sujets sur lesquels travaille la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV) actuellement ?

Grâce à l’implication des membres de nos 19 commissions techniques, nous poursuivons cette année nos actions dans divers projets portant principalement sur l’exercice professionnel, les médicaments vétérinaires, la gouvernance sanitaire, la santé et le bien-être animal (BEA) en élevage mais aussi sur l’environnement et la faune sauvage. Et nous sommes très impliqués dans la gestion de la nouvelle crise sanitaire liée à l’influenza aviaire.

Quelles sont les actions de la SNGTV pour lutter contre la désertification rurale ?

La SNGTV poursuit son implication en faveur du maintien du réseau de vétérinaires dans les territoires ruraux et les productions animales. À ce titre, le calendrier de la feuille de route portant sur la réforme du suivi sanitaire permanent, la mise en place d’un nouveau décret sur la télémédecine, les conditions de délégation d’actes aux auxiliaires de santé vétérinaire, l’évolution des visites sanitaires obligatoires au regard de la loi de santé animale, le financement des missions des vétérinaires sanitaires et la biologie vétérinaire, a été actualisé en début d’année par la Direction générale de l’alimentation (DGAL). Ces sujets font l’objet de réflexions importantes au cours de réunions nationales et locales auxquelles participent nos représentants et ceux des autres organisations professionnelles vétérinaires (OPV). Elles permettent de formuler des propositions concernant l’implication des praticiens au sein des élevages, par la contractualisation notamment (suivi sanitaire permanent et continuité de soins, maîtrise du BEA, accompagnement de la transformation à la ferme, maîtrise des zoonoses, adaptation de la conduite d’élevage au changement climatique). Les textes réglementaires sont en cours de rédaction et devraient être publiés fin 2023, début 2024 au plus tard. En outre, dans le cadre des consultations engagées sur les projets de pacte et de loi d’orientation et d’avenir agricole, la SNGTV participe aux travaux des groupes mis en place au niveau national, en concertation avec les OPV. Ce projet de loi peut être une occasion de faire avancer des thématiques concernant notre profession.

Qu’en est-il de la révision du décret de 2007 relatif à la prescription hors examen clinique ?

En lien avec les travaux concernant le contrat de suivi sanitaire permanent des élevages entre éleveurs et vétérinaires, nos commissions sont impliquées dans la révision du décret de 2007 relatif à la prescription hors examen clinique pour trois catégories de prescription : les vaccins et médicaments à visée zootechnique, les maladies récurrentes identifiées lors de l’établissement d’un bilan sanitaire d’élevage annuel et les premiers soins d’urgence. Notre volonté est que le texte réglementaire soit le plus pragmatique possible et en adéquation avec les situations rencontrées sur le terrain. Nous poursuivons également nos actions relatives à la disponibilité des médicaments vétérinaires. Les prochaines réunions de réflexion sur les « gaps thérapeutiques », à l’initiative de l’Agence nationale du médicament vétérinaire en lien avec les différentes commissions techniques de la SNGTV, porteront sur les ruminants, les chevaux, les poissons et les abeilles. Dans le domaine de l’antibiothérapie, nous sommes pilote de la remise à jour des fiches de bonnes pratiques sur toutes les espèces et de l’actualisation du guide de bonnes pratiques du médicament vétérinaire (plan Écoantibio 2). Nous sommes également impliqués dans l’élaboration du plan Écoantibio 3 prévu pour 2024.

Où en est la rénovation du dispositif de gouvernance sanitaire ?

Une réflexion a été engagée avec la DGAL depuis plusieurs mois. Il s’agit d’un travail de fond que l’on coordonne avec les 13 groupements techniques vétérinaires régionaux reconnus comme organismes vétérinaires à vocation technique. De plus, nous participons à la conception de programmes sanitaires d’intérêt collectifs (Psic) ayant pour objectif de définir les mesures de prévention, de surveillance et de lutte contre les dangers sanitaires, et de mutualiser les moyens et coûts correspondants. Les premiers dossiers en cours concernent la loque américaine et la varoase, et nous poursuivons la réflexion avec GDS France pour définir d’autres Psic, dont la paratuberculose bovine notamment.

Les missions confiées par l’État aux vétérinaires habilités et mandatés vont-elles être revues ?

Le système actuel n’est plus viable. Il faut trouver des solutions pour financer la veille exercée par les vétérinaires sanitaires au quotidien dans les domaines de l’épidémiosurveillance, de la biosécurité et de la sécurité sanitaire des aliments. Une contractualisation État-vétérinaires sanitaires doit voir le jour au risque d’engendrer un désengagement des praticiens quant à leur habilitation sanitaire.

Quelles sont vos principales missions en faveur de la santé animale, du BEA en élevage et de la faune sauvage ?

Nous sommes engagés depuis longtemps dans les plans de prévention et de lutte contre les maladies enzootiques récurrentes, émergentes et potentiellement émergentes sur notre territoire. La biosécurité est ainsi un axe majeur du travail de nos commissions techniques, quelle que soit l’espèce. En matière de BEA, notre stratégie vise à ce que les vétérinaires prennent leur place pour s’insérer localement dans les démarches élaborées à l’échelon national. Pour cela, et pour ce qui concerne la biosécurité en élevage, le potentiel d’expertise des praticiens est important, qu’il s’agisse de formation des éleveurs, d’autoévaluation en élevage, d’accompagnement pour une analyse des risques, de propositions d’actions correctives ou de démarches de qualification par une tierce partie indépendante. Notre association avec le réseau CAPdouleur contribue à ces objectifs en matière de BEA pour une meilleure prise charge de la douleur lors des interventions des praticiens. Pour la surveillance des maladies de la faune sauvage, les relations avec l’Office français pour la biodiversité se renforcent avec la mise en place d’un réseau de correspondants locaux Vigie Vet Faune. Les actions concrètes concerneront la formation des praticiens (examens cliniques et nécropsiques, prélèvements), la saisie d’informations sur les maladies en lien avec la faune sauvage, les conditions d’accueil de la faune sauvage dans les établissements de soins vétérinaires.

En chiffres

- 299 vétérinaires présents ont assisté à 132 conférences animées par 95 conférenciers.

- 215 étudiants représentaient les 5 écoles françaises, ainsi que les facultés de Cluj, de Bucarest et de Timisoara (Roumanie).

- L’exposition commerciale comportait 40 stands (362 exposants).

- Au total, 1 000 badges ont été émis.

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