Itinéraire d’un éveil - La Semaine Vétérinaire n° 1993 du 09/06/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1993 du 09/06/2023

LIVRE

COMMUNAUTE VETO

Auteur(s) : MICHEL BERTROU

« On ne regarde pas devant soi dans un rétroviseur. » Cette citation de Jean Dorst (1924-2001), l’auteur d’Avant que nature meure (1965), conclut le nouveau livre de Bruno David*. C’est néanmoins vers le passé que l’actuel président du Muséum national d’histoire naturelle (que Jean Dorst dirigea aussi) se tourne pour questionner le moment où il a réellement pris la mesure de la crise environnementale. Si ce naturaliste, fils de naturaliste, était bien placé pour être sensible aux cris d’alarme de visionnaires tels Dorst ou Rachel Carson (Printemps silencieux, Plon, 1963), son examen rétrospectif témoigne qu’il n’a vraiment « compris » que progressivement et tardivement, quand, au tournant des années 2000, écrit-il, le « puzzle sinistre se complète ». Ce retour aux jeunes années des boomers ravivera leurs souvenirs. Marquée par des catastrophes (Seveso, l’Amoco Cadiz…) et des figures ambiguës (Cousteau, Poujade), la conscience écologique était alors polarisée sur les problèmes de pollution. La compréhension de ce qu’il advenait au climat et à la biodiversité n’en a pas été facilitée. Plus que chercher à atténuer l’attentisme de sa génération, l’auteur questionne le fait que, alors qu’il n’est plus possible de douter que « notre maison brûle », comme l’a formulé Jacques Chirac en 2002, rien n’a réellement changé et « nous regardons [toujours] ailleurs ».

  • Le jour où j’ai compris. Itinéraire d’une prise de conscience environnementale, de Bruno David, Grasset, 12 x 18,5 cm, 140 pages, 16 €.
  • * Auteur d’À l’aube de la 6e extinction. Comme habiter la Terre (Grasset, 2021), voir La Semaine Vétérinaire n° 1890 du 12 mars 2021.
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