Planification - La Semaine Vétérinaire n° 1992 du 02/06/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1992 du 02/06/2023

EDITO

Auteur(s) : Tanit Halfon

TANITHALFON.jpg

Les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) sont très clairs : les activités humaines, par leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ont provoqué un réchauffement climatique sans précédent dans l’histoire de la Terre. Avec une trajectoire vers un réchauffement médian de 3,2 °C d’ici à la fin du siècle si aucune modification drastique de nos systèmes de vie n’est enclenchée. Selon les modélisations du Giec, limiter le réchauffement à + 1,5 °C (avec une probabilité de 50 % et plus) nécessite d’avoir un pic des émissions de GES entre maintenant et 2025 (!), et une neutralité carbone en 2050, et alors même que les émissions de GES ont poursuivi leur hausse, sur la période 2010-2019. C’est donc un défi majeur qui attend l’humanité. En Europe, l’objectif de neutralité carbone a été acté dans l’agenda politique. Le secteur agricole, dont l’élevage, a sa part à prendre. Si des solutions existent, elles vont de pair avec la réduction des cheptels, est-il préconisé dans plusieurs scénarios d’experts. Ce qui est également inscrit, plus ou moins clairement, dans la stratégie nationale bas carbone de la France1, lancée depuis 2015 (et révisée régulièrement). Dans son tout récent rapport d’analyse économique sur les politiques publiques de soutien financier à la filière bovine, la Cour des comptes2 a aussi mis en avant cette donnée. Pour l’institution, l’enjeu est de l’inclure dans la construction du modèle économique de production de demain. L’avenir agricole, au moins européen, s’écrira-t-il avec moins d’animaux d’élevage ? La question suscite évidemment le débat, notamment face au risque d’importation de viande de l’étranger : cela pourrait mettre à mal l’économie des filières, et plus prosaïquement, serait synonyme de fuites de carbone. Faut-il rappeler que la lutte contre le changement climatique ne sera efficace qu’à une échelle mondiale ? Face à ces enjeux, les vétérinaires, en tant que conseillers de la santé et du bien-être des animaux, ont un rôle central pour accompagner les nouvelles pratiques et systèmes d’élevage qui seraient mis en œuvre. Ils ont aussi une place évidente à prendre dans la réflexion et l’élaboration des politiques, locales et nationale, de planification écologique. Ne nous y trompons pas, il s’agit d’un enjeu central d’avenir pour la profession.

  • 1. Lire le dossier « Transition bas carbone en élevage : entre solutions et compromis », p. 28-35 de ce numéro.
  • 2. Les soutiens publics aux éleveurs de bovins. Paris: Cour des comptes; 2023. bitly.ws/G6TD
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr