Que pensez-vous de Calypso ? - La Semaine Vétérinaire n° 1989 du 12/05/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1989 du 12/05/2023

EXPRESSION

Auteur(s) : Propos recueillis par Pierre Dufour

Calypso, plateforme en ligne de collecte et de partage ascendant et descendant de données et d’informations entre vétérinaires, administration et acteurs du sanitaire, est opérationnelle depuis mars dernier. L'avis des praticiennes et praticiens.

Cyril Métivier (A 11)

Praticien canin et directeur de clinique à AngouVet à Soyaux (Charente)

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« En tant que praticien canin, j’y vois peu d’intérêt »

Cela pourrait peut-être être utile dans un sens plutôt descendant, pour les alertes sanitaires et les rappels de lots de médicaments, par exemple. Dans un sens ascendant, en tant que praticien canin, j’y vois peu d’intérêt. Les antibiotiques critiques sont maintenant peu prescrits, et la canine représente un pourcentage faible comparé à ce qui se fait en rurale et en élevage industriel. Dans ce cas-là, j’imagine qu’il est utile de recueillir les données du terrain et de connaître les tendances de prescription d’antibiotiques pour aboutir à l’enrichissement d’un guide de bonnes pratiques. Le point qui pourrait être intéressant, mais qui semble pour l’instant un peu flou, est la délégation de certaines démarches administratives aux auxiliaires spécialisés vétérinaires. Pour le suivi de la formation continue, sur le papier, il existe une obligation de formation mais, sur le terrain, aucune sanction (ce qui semble aussi compliqué dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre). Je me forme régulièrement mais je ne prends pas la peine d’enregistrer ces points !

Lucie Marie Dutheil (T 21)

Résidente à l’European College of Bovine Health Management, membre du groupe de réflexion Jeunes vétos ruraux (SNGTV)

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« La jeune génération a l’habitude de dialoguer avec des outils »

Dans le cadre du projet des jeunes vétos ruraux au sein de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), il a été question des différents univers qui pourraient parler aux jeunes. Les outils, la formation et la convivialité en faisaient partie. La jeune génération a l’habitude de dialoguer avec des outils, et en avoir un, comme Calypso, au sein de la profession serait clairement un plus ! Une plateforme qui permettrait le partage d’informations entre associations professionnelles, un appui à la gestion de la prophylaxie ou qui faciliterait l’accès aux données sanitaires des élevages serait pertinente. Le fait qu’elle rende disponibles facilement les crédits de formation, un peu à la manière des comptes personnels de formation, avec en face les formations disponibles et la possibilité de s’y inscrire, pourrait peut-être faciliter la formation continue, l’une des attentes identifiées chez les jeunes vétérinaires. L’enjeu principal, et le facteur clé de réussite, comme dans le développement de tous les outils, reste l’ergonomie et l’adhésion des utilisateurs, qui doivent se sentir concernés.

Pierre-Yves Decaudin (T 16)

Praticien en médecine aviaire à Chabeuil (Drôme)

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« Cela peut paraître anxiogène pour la nouvelle génération »

Fluidifier la circulation d’informations, simplifier les démarches, comme la désignation d’un vétérinaire sanitaire, est intéressant. J’y vois un potentiel de communication avec l’administration, concernant la gestion de crises sanitaires notamment. Je trouve la communication sur l’échéancier maladroite : d’abord les filières organisées (porcins, volailles) en 2023 puis 2029 pour celle des chiens et chats. Elle peut laisser penser que nous sommes les principaux responsables de l’émergence de résistances, alors que notre cœur de métier est d’abord une médecine préventive (zootechnie, biosécurité, vaccination…). L’indicateur de l’exposition des animaux aux antibiotiques montre que nous sommes de bons élèves : la prescription pour les porcs et les volailles est dorénavant inférieure à celle chez les chiens et les chats. Cette remontée nominative systématique et automatisée des prescriptions peut laisser penser à une perte de confiance entre l’administration et le prescripteur, et pose la question de l’indépendance de la prescription. Cela peut paraître anxiogène pour la nouvelle génération.

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