Isabelle Goy-Thollot nous a quittés - La Semaine Vétérinaire n° 1989 du 12/05/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1989 du 12/05/2023

Hommage

COMMUNAUTE VETO

Auteur(s) : Mireille Bossy, Laurence Deflesselle, Christophe Degueurce, Pierre Sans

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès du Dr vétérinaire Isabelle Goy-Thollot.

Diplômée d’Alfort en 1989, Isabelle Goy-Thollot avait obtenu un titre de spécialiste en urgences et soins intensifs, avant de créer en 2000 le service d’urgences et de soins intensifs pour animaux de compagnie (Siamu) de l’École nationale vétérinaire de Lyon, aujourd’hui intégrée à VetAgro Sup. Elle a assuré la direction de ce service leader pendant de nombreuses années, développé et fait rayonner cette discipline nouvelle. Isabelle a été l’une des premières praticiennes hospitalières ingénieures de recherche, ce qui l’a placée au centre de l’activité hospitalière et de la formation clinique des étudiantes et étudiants. Elle s’est logiquement impliquée dans l’internat en médecine et chirurgie des animaux de compagnie.

Si nous connaissions si bien Isabelle, nous, directrices et directeurs, c’est qu’en 2019, alors que les écoles nationales vétérinaires françaises avaient entamé leur rapprochement, un poste de coordinateur avait été créé pour accompagner ce mouvement ; elle a candidaté et a été retenue. L’enjeu était, par des projets concrets, de tisser des liens entre les quatre écoles, de mutualiser des savoir-faire, de faire porter par chaque école des projets communs à toutes.

C’est ainsi et avec elle qu’est née la marque Écoles nationales vétérinaires de France, qui fédère désormais l’enseignement public vétérinaire français, que le projet d’un système d’information hospitalière, Sirius, a été lancé, que des groupes de travail ont été créés pour mener des partages d’expériences sur des thèmes tels que les centres hospitaliers universitaires vétérinaires, que les services de formation continue se sont rapprochés, que des appels d’offres de recherche clinique ont été lancés, pour ne citer que des exemples visibles.

Quatre ans après, le bilan est que les écoles fonctionnent ensemble. Il n’y a plus de sujet d’importance qui soit abordé isolément par chaque école ; le premier réflexe est désormais de partager, de discuter, d’envisager des convergences, des mutualisations, chaque école prenant la main à tour de rôle sur chaque dossier, en fonction de ses forces et de ses compétences. La tâche n’était pas simple car les écoles entretenaient historiquement une certaine concurrence et, surtout, chaque école a une culture qui lui est propre, ce qui est une caractéristique de l’enseignement supérieur, et qu’on ne doit et ne peut gommer. Tout l’art consistait à se nourrir des différences pour dynamiser l’ensemble.

Isabelle, connaisseuse des écoles, a contribué grandement à ce projet, mettant tout son enthousiasme, son énergie et sa bonne humeur à une tâche aussi complexe que fondamentale. Femme très engagée, très volontaire, elle nous impressionnait d’autant plus qu’elle combattait, dans le même temps, une cruelle maladie.

Ses éclats de rire, ses saillies, son incroyable énergie, son obstination, elle en somme, vont beaucoup nous manquer. À travers elle, c’est une phase pionnière du rapprochement des quatre écoles qui se tourne. Nous lui devons de continuer cette quête qu’elle a si bien animée, dans un contexte si difficile.

Nous pensons à sa famille et à ses proches et voulons leur dire toute notre amitié dans ces moments si pénibles, dire aussi la reconnaissance des écoles nationales vétérinaires de France pour une personnalité si attachante et à laquelle elles savent devoir beaucoup. À nous aussi elle manquera.

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