Le CHV Saint-Martin engagé dans une démarche écoresponsable - La Semaine Vétérinaire n° 1987 du 28/02/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1987 du 28/02/2023

Environnement

ENTREPRISE

Auteur(s) : Propos recueillis par Lorenza Richard

Le déménagement du centre hospitalier vétérinaire (CHV) Saint-Martin* a été l’occasion d’un engagement important de la structure dans une démarche environnementale. Les trois associés à l’origine de cette initiative et toute l’équipe se sont rapidement mobilisés et ont obtenu des résultats probants. Adeline Linsart, cogérante associée, nous explique le concept.

Vous-même et vos associés vous êtes-vous engagés dans cette démarche écoresponsable dès la conception même du bâtiment ?

Dès la phase d’étude du bâtiment, l’écoresponsabilité a été un parti pris qui a guidé de nombreuses décisions. Nous nous sommes engagés dans la gestion climatique du bâtiment et de son éclairage, celle des déchets, des espaces verts et dans la sensibilisation des équipes et des visiteurs à la protection de l’environnement. Cependant, malheureusement, cela ne concernait pas la construction elle-même. En effet, hormis des soucis de coûts, une construction en bois, plus vertueuse, n’aurait pas permis d’absorber certains bruits ni la transmission des vibrations dans les locaux ; nous avons notamment des contraintes liées aux aboiements de chiens dans les zones de soins et d’hospitalisation ou d’imagerie par résonance magnétique. Or, le bruit était un critère sur lequel nous souhaitions travailler dans les nouveaux locaux, pour le confort des équipes, des animaux et de leurs propriétaires.

Comment gérez-vous la ventilation et l’éclairage du bâtiment ?

La gestion climatique du bâtiment passe par une reprise de l’air « chaud » issu de la production d’eau glacée ou d’autres groupes et de sa réutilisation pour réchauffer de l’eau ou de l’air. C’est le cas, par exemple, au niveau des climatisations réversibles ou de l’eau chaude sanitaire. Cela est assuré par plusieurs centrales de traitement d’air situées au dernier étage.

De plus, nous avons mis en place des détecteurs de présence dans les différents espaces, afin de réguler l’allumage des éclairages et la mise en route de la ventilation de certains secteurs (par exemple, dans la salle de pause, les couloirs et les salles de stockage).

Par ailleurs, la conception même du bâtiment et de son fonctionnement a été étudiée avec la volonté de ne laisser accessible que la zone rez-de-chaussée 24 h/24. Le premier étage n’est ouvert pour les consultations qu’aux heures d’accueil en semaine, et une porte ferme son accès le reste du temps. Ainsi l’étage ne consomme quasiment rien la nuit et le week-end, ce qui a été prévu dès la conception : coupure des éclairages, réduction a minima de la ventilation.

Comment gérez-vous les déchets ?

Nous les réutilisons, sous conditions strictes, lorsque cela est possible. Pour cela, nous avons investi dans des machines de stérilisation à froid (stérilisateur à l’oxyde d’éthylène avec rejet extérieur et stérilisation à l’ozone).

Nous trions également nos déchets et les valorisons. Nous recyclons de façon classique l’aluminium, les papiers et cartons, le verre et le plastique alimentaire. Nous traitons de manière spécifique tous les restes alimentaires des chiens, des chats et du personnel. Ils partent en déchets fermentescibles et sont destinés à la cuve de méthanisation de Groisy, un village voisin. Les restes des nouveaux animaux de compagnie herbivores sont compostés. Nous cherchons une voie de valorisation des poils tondus que nous récupérons dans des sacs par l’aspirateur centralisé. Enfin, les plastiques médicaux issus de tous les matériels de soin à usage unique, ce qui représente une part très importante de nos déchets, sont valorisés en granulats de plastique grâce à notre partenaire Plast-to-Be et à son programme Eco-Be.

Comment gérez-vous les espaces verts autour du bâtiment ?

Nous avons remplacé le gazon classique par une jachère fleurie. Nous avons choisi des plantes mellifères pour les abeilles et avons mis en place des abris à insectes pour favoriser la biodiversité. Il n’est également pas question que nous utilisions des pesticides !

La sensibilisation à l’écoresponsabilité vous tient-elle également à cœur ?

En effet, il est important que nous sensibilisions nos équipes et nos visiteurs. Nous le faisons en collaboration avec des associations locales impliquées dans la préservation de l’environnement ou des artistes, qui sont conviés dans notre salle d’exposition au premier étage. Par exemple, nous avons accueilli à notre ouverture une exposition de photographies réalisées par Yannick Mégard, qui montraient l’évolution de la faune et des paysages du Grand Nord.

  • * Lire « Un nouveau site pour le CHV Saint-Martin : l’occasion de renforcer ses compétences », La Semaine Vétérinaire n° 1986 du 21 avril 2023, p. 38-42.
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