Un nouveau site pour le CHV Saint-Martin : l’occasion de renforcer ses compétences - La Semaine Vétérinaire n° 1986 du 21/04/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1986 du 21/04/2023

Reportage

ENTREPRISE

Auteur(s) : Texte et photos Lorenza Richard

Le déménagement du centre hospitalier vétérinaire de Saint-Martin a été l’opportunité de développer ses équipes et son plateau technique, notamment en chirurgie, en neurologie, en imagerie et en physiothérapie tout en privilégiant la sérénité des patients et de leurs propriétaires, le confort de travail du personnel et l’écoresponsabilité. Avec une activité assurée 24 h/24 tant en référé qu’en spontané, l’objectif est de rester le pôle de référence en santé animale de la région Rhône-Alpes Léman Suisse.

En septembre 2022, le centre hospitalier vétérinaire (CHV) Saint-Martin a déménagé à quelques kilomètres de son site d’origine, à Allonzier-la-Caille (Haute-Savoie). L’équipe s’était en effet beaucoup développée et les locaux étaient devenus inadaptés. « Nous avons d’abord envisagé un agrandissement du site, qui était connu, facilement accessible et visible depuis les grands axes routiers. Cependant, si nous étions restés sur place, nous perdions en confort de travail et ne pouvions créer un nombre suffisant de places de parking. Nous avons eu l’opportunité de trouver une grande parcelle pour y faire construire un bâtiment spacieux, confortable et ergonomique, dans lequel nous avons également pu développer d’autres services », indique Adeline Linsart, l’une des cogérantes associée du CHV Saint-Martin.

Confort et sérénité pour tous

Emménager dans un bâtiment aussi grand a nécessité d’anticiper les embauches pour renforcer l’équipe tant en nombre qu’en compétences : spécialiste en neurologie, troisième spécialiste en chirurgie et des recrutements sont toujours en cours dans d’autres spécialités. L’accent a été mis sur le confort et la sérénité au travail pour les équipes, en améliorant les pratiques et les installations pour atteindre les objectifs fixés :

• respect et qualité des soins prodigués aux patients : séparation des espaces d’hospitalisation au-delà de la simple séparation des espèces, nouveaux équipements diagnostiques et thérapeutiques, mise en place d’une chambre mortuaire ;

• confort et gestion du stress des propriétaires d’animaux : les espaces d’attente ont été longuement conçus par un architecte et un menuisier ;

• ergonomie et sécurité pour le personnel du CHV Saint-Martin. L’ancienne structure avait été construite pour une équipe plus petite et un exercice qui a été largement dépassé après quelques années. L’équipe souffrait des bruits, des odeurs et des croisements de flux inadaptés, des aspects ont été particulièrement travaillés dans le nouvel espace, en coopération avec la médecine du travail.

Un panel de diagnostics et des soins complets

Tous les services du CHV Saint-Martin ont pu déménager et bénéficier de locaux mieux adaptés à leurs pratiques. L’ophtalmologie, la dermatologie ou les NAC fonctionnent en autonomie (zones d’examens, de soins et de réveil). Au premier étage, les salles de consultation s’organisent autour de deux couloirs parallèles et les équipements (laboratoire, pharmacie, radiologie) sont doublés pour permettre à l’équipe d’être plus rapide et efficace. Le secteur d’hospitalisation des patients a été repensé afin de faciliter la surveillance, réduire les gênes (bruits, odeurs) et les contaminations. Le service de chirurgie bénéficie de blocs en surpression et d’un système de marche en avant limitant les contaminations. De plus, le CHV Saint-Martin a accueilli une spécialiste en neurologie et s’est doté d’un appareil d’imagerie à résonance magnétique neuf 1,5 T Magnetom Sempra de Siemens, qui offre une imagerie de haute qualité permettant d’établir des diagnostics précis et de développer de nouvelles indications diagnostiques, notamment grâce à l’expertise de trois chirurgiens spécialistes.

En outre, le changement de locaux a permis d’implanter un service de physiothérapie. Plusieurs vétérinaires sont formés en ostéopathie et à la phytothérapie. « L’objectif est de proposer une médecine allopathique de qualité mais de ne pas nier les bénéfices des approches considérées comme alternatives. Celles-ci sont en fait capitales dans la prise en charge à moyen et long terme des patients », explique Adeline Linsart. Enfin, le CHV Saint-Martin s’est engagé dans une démarche écoresponsable* et refuse d’intégrer un groupe. Pour marquer son indépendance, il a rejoint Alpivet, un groupement de vétérinaires indépendants des deux Savoie, de l’Ain et de l’Isère.

Caractéristiques

• Statut juridique : société d’exercice libéral à responsabilité limitée pour l’activité et société civile immobilière pour les locaux.

• Exercice : consultations spontanées et référées.

• Effectif : 3 vétérinaires associés, 4 collaborateurs libéraux et une quarantaine de vétérinaires salariés, dont de nombreux spécialistes, 35 auxiliaires spécialisés vétérinaires et 7 personnes en fonctions support (ressources humaines, comptabilité, communication, gestion des commandes, gestion du bâtiment et personnel d’entretien).

• Horaires : du lundi au vendredi de 8 h à 19 h. Service des urgences ouvert 24 h/24.

• Superficie : 2 500 m²

Points forts

• Technicité des espaces et du plateau technique : les services d’imagerie, de chirurgie et de physiothérapie notamment sont pourvus d’équipements inégalés en France à ce jour.

• Nombreux recrutements, avec de nouveaux spécialistes.

• Esprit d’équipe, entraide et convivialité.

• Équipe jeune et dynamique.

• Locaux confortables qui donnent la possibilité de prodiguer des soins de qualité aux patients.

Points faibles

• Le parking de 80 places est déjà trop petit certains jours. Des possibilités d’agrandissement sont étudiées.

• La nouvelle localisation ne permet plus d’avoir une visibilité du bâtiment depuis les grands axes routiers.

Photo 1 (© Antoine Berger) :

Anne-Charlotte Barrot, Adeline Linsart et Fabrice Bernard sont les cogérants associés du centre hospitalier vétérinaire Saint-Martin.

Photo 2 :

Le rez-de-chaussée du bâtiment est composé des services des urgences, d’imagerie, de chirurgie et de réanimation, d’hospitalisation, de dentisterie, de cancérologie et de l’espace dédié aux nouveaux animaux de compagnie. L’étage est réservé aux consultations générales réalisées en journée et aux services d’ophtalmologie et de dermatologie. La porte d’accès à l’étage et les ascenseurs sont fermés au public la nuit.

Photo 3 :

Quatre postes d’accueil sont situés au rez-de-chaussée. À l’étage, la salle d’attente pour chats. Des bureaux de sortie se trouvent aussi à l’étage pour le retour des animaux le soir.

Photos 4 :

Le centre hospitalier vétérinaire Saint-Martin comporte trois espaces d’attente principaux, totalement distincts : urgences au rez-de-chaussée (4a), chiens (4b et 4c) et chats (4d) à l’étage. Ils ont été aménagés pour apporter de la sérénité (choix des coloris et des matériaux), limiter les interactions entre patients (dans l’espace chien, des alcôves cloisonnées à mi-hauteur pour que les animaux ne puissent pas se voir et, pour l’espace chats, une conception Cat Friendly Practice avec un espace vitré isolant des zones de passage) et améliorer le temps d’attente (support vidéo, wi-fi gratuit). D’autres espaces d’attente sont spécifiques à un service (nouveaux animaux de compagnie, ophtalmologie, physiothérapie) (4e).

Photo 5 :

En tout, 22 salles de consultation sont disponibles au centre hospitalier vétérinaire Saint-Martin dont trois en urgentologie avec le même modèle de conception. L’urgentologie dispose également de deux salles de visite, pour recevoir les personnes qui viennent voir leur animal, et d’une zone pharmacie.

Photos 6 :

Le service d’imagerie dispose d’une zone de préparation – ainsi, chaque animal anesthésié reste sous la responsabilité du clinicien dans son service –, d’une salle de lecture d’images et d’une salle de commande pour le scanner et l’IRM. Il est constitué de deux salles de radiologie (6a), de trois salles d’échographie (6b), d’une salle d’endoscopie (6c) et d’une salle de commande commune pour le scanner (6d) et l’IRM (6e).

Photos 7 :

Le laboratoire.

Photos 8 :

Une salle commune de préparation avant chirurgie permet de transférer les patients soit dans le bloc de chirurgie des tissus mous, bloc dit contaminé, soit à un sas menant à une zone de chirurgies dites propres, qui comporte trois blocs : neurochirurgie (8a), orthopédie (avec un arceau) (8b) et interventionnelle. Une marche en avant est instaurée pour les instruments de chirurgie (8c) : lorsqu’ils sortent de chirurgie, les instruments sont nettoyés dans l’évier, puis passent derrière une guillotine dans une zone à mi-chemin entre la salle de préparation de chirurgie et la zone propre. C’est là qu’ils sont mis sous sachets et stérilisés (autoclaves).

Photos 9 :

Les espaces hôpitaux intègrent un chenil d’ambulatoire (9a), qui inclut une zone de préparation des médicaments et une salle de soins, et un chenil semi-intensif, qui se trouve à proximité du secteur des soins intensifs, pour permettre de garder un œil sur tous les animaux la nuit. Dans le secteur intensif, des cages mobiles sont installées pour les patients qui ne sont pas stables, avec un espace réanimation au centre de la pièce (9b). Le chenil, bruyant, est une pièce insonorisée dédiée aux patients stables qui aboient.

À la sortie des chenils se trouve un « vidoir à crottes » (9c) pour limiter les odeurs et des courettes (9d) pour faire sortir les chiens et leur permettre d’y faire leurs besoins.

Deux chatteries (9e) fonctionnent en parallèle afin de limiter le stress des chats. Elles ont été conçues pour que les chats bénéficient de cages spacieuses, ne se voient pas et puissent être isolés en cas d’agressivité.

Photo 10 :

Le secteur contagieux est composé de deux chenils parallèles. Un sas entre les deux permet à l’équipe de revêtir une tenue de protection. Des courettes séparées par un mur plein permettent d'isoler les patients dehors, et d’accéder depuis l’extérieur aux animaux identifiés comme contagieux avant l’admission.

Photo 11 :

L’espace dentisterie est équipé d’un appareil de radiographie dentaire.

Photo 12 :

L’espace cancérologie est équipée de hottes pour la préparation des médicaments cytotoxiques. Un chenil d’hospitalisation est consacré aux patients. La bulle stérile, située à proximité, avec une courette indépendante, a été mise en place pour que les patients leucopéniques n’aient aucun contact avec les autres animaux.

Photos 13 : L’espace pour les nouveaux animaux de compagnie (NAC) est aménagé avec une zone d’attente cosy (13a), deux salles de consultation (13b), un espace de soins modulable avec des cages tables et des enclos pour lapins, une salle de chirurgie (13c) et trois salles d’hospitalisation séparées (pour les oiseaux, avec une place dédiée aux poules, pour les furets et pour les reptiles avec des terrariums) (13d). Elle dispose également d’un lieu animaux contagieux NAC et d’une courette où les lapins, les poules et les tortues peuvent être placés dans des cages à fond grillagé, sur l’herbe.

Photos 14 :

Le service de physiothérapie possède un laser (14a), un tapis d’hydro-physiothérapie Mikan (14b), un rail de levage ergonomique (14c), une plateforme de mobilisation IMoove (14d). L'équipe propose une rééducation à sec innovante grâce au système Gait Trainer, développé en médecine humaine par Gulmann.

Photos 15 :

Une zone privée permet d’avoir des échanges conviviaux et d’organiser des conférences. La salle de formation (15a) peut accueillir des cours de yoga, ou être modulée pour créer un espace de conférence de 90 m2. La partie administration (ressources humains, comptabilité, direction) et la partie repos (salle de pause donnant sur la terrasse [15b], salon avec télévision, chambre) jouxtent les vestiaires pour toute l’équipe.

  • * Lire l’article à venir dans La Semaine Vétérinaire n° 1987 du 28 avril 2023.
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