21 000 chiens et 12 000 chats vaccinés quotidiennement en France - La Semaine Vétérinaire n° 1985 du 14/04/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1985 du 14/04/2023

Prévention

PHARMACIE

Auteur(s) : Par Michaella Igoho-Moradel

Les dernières données de l’Observatoire national de la vaccination des animaux révèlent que chez les chiens, la vaccination « essentielle » progresse de 11 points entre 2017 et 2022. En revanche, le taux de couverture vaccinale des chats reste faible.

Chaque jour, 21 000 chiens et 12 000 chats sont vaccinés en France. Ces données de l’Observatoire national de la vaccination des animaux ont été présentées le 4 avril 2023 par le Syndicat de l’industrie du médicament et diagnostic vétérinaires (SIMV). Lancé en 2018, cet outil « unique sur le marché mondial » permet une analyse plus fine qui prend en compte des événements liés à des épidémies et à des accidents de marché, telles les ruptures de certains médicaments, comme l’a souligné David Lussot (MSD santé animale, président du groupe communication du SIMV). Cette année, les résultats présentés concernent les taux de vaccination des espèces chiens, chats et chevaux pour la période 2017-2022. En 2024, l’observatoire présentera les données 2017-2023 pour les animaux de production.

Nette progression de la vaccination « essentielle »

Chez les chiens, les taux de vaccination progressent : 93 % des chiens médicalisés (environ 7,5 millions d’animaux) sont vaccinés contre la maladie de Carré et le virus de l’hépatite de Rubarth. Ce taux est identique pour la leptospirose et la parvovirose. « On constate que la vaccination est en forte progression avec un gain de 11 points depuis 2017 et ce, malgré un taux de base déjà très élevé. Il est essentiel de conserver un taux de vaccination élevée contre ces quatre maladies afin d’éviter la résurgence et de nouvelles épidémies », commente Olivier Bidaud (directeur général de Virbac). Ce taux baisse à 31 % des chiens médicalisés pour le complexe infectieux respiratoire du chien (toux de chenil). Des progrès restent à faire concernant de la piroplasmose, la leishmaniose et la borréliose, pour lesquels les taux de vaccination demeurent faibles. Chez les chats, le taux de couverture vaccinale reste bien inférieur à celui des chiens, mais des marges de progression sont possibles. Les données communiquées concernent le typhus et le coryza, la leucose, la chlamydiose et la rage. « Le taux de vaccination contre le coryza et le typhus progresse, plus 1 100 000 de chats en cinq ans », indique le SIMV.

Légère baisse de la couverture vaccinale du tétanos

« Les vétérinaires adaptent bien leurs protocoles vaccinaux selon le risque qu’ils évaluent pendant leur consultation de médecine préventive. Certains propriétaires pourraient être réfractaires à la vaccination, notamment du fait des effets indésirables. Mais ceux-ci sont à mettre en parallèle avec le nombre quotidien d’animaux vaccinés », explique Nadège Perier (responsable technique vétérinaire chez Boehringer Ingelheim). Pour les équins, les données de couverture vaccinale concernent la grippe équine, le tétanos, la rhinopneumonie, l’artérite virale, le virus du Nil occidental et la gourme. La grande majorité des chevaux sont vaccinés avec cette double valence grippe-tétanos. « Dans les deux cas, la couverture vaccinale est importante et avoisine les 60 % à 70 % avec une légère baisse de la couverture vaccinale du tétanos liée à des problématiques d’approvisionnement », détaille Sébastien Marty (responsable marketing chez Boehringer Ingelheim). Les données sur la vaccination contre la rhinopneumonie restent stables, avec un pic en 2021 pour faire face à l’épizootie durant cette période. À noter une augmentation de la primovaccination contre cette maladie. Les taux de vaccination restent bas pour trois maladies : l’artérite virale, le virus du Nil occidental et la gourme (entre 100 et 400 animaux vaccinés seulement chaque année).

Méthode de calcul des indicateurs

Les données de l’Observatoire national de la vaccination des animaux proviennent des chiffres fournis par les adhérents du Syndicat de l’industrie du médicament et diagnostic vétérinaires (SIMV). Leurs responsables techniques de laboratoire ont déterminé la méthode de calcul du nombre d’animaux vaccinés pour chaque maladie en fonction du protocole vaccinal. Une analyse critique a ensuite été élaborée avec l’appui des équipes techniques et marketing de laboratoires adhérents au SIMV afin d’estimer les taux de vaccination pour chaque espèce et chaque maladie. L’objectif de ce travail est notamment « d’apporter des informations sur le taux de vaccination des animaux et son évolution dans le contexte de la santé animale, la santé publique et la lutte contre l’antibiorésistance », précise le SIMV. Il vise également à sensibiliser les différents acteurs du marché (dont les vétérinaires et les propriétaires d’animaux) sur la nécessité de vacciner.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr