Revenus à la retraite : faut-il les anticiper et comment ? - La Semaine Vétérinaire n° 1982 du 24/03/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1982 du 24/03/2023

Expression

EXPRESSION

Auteur(s) : Propos recueillis par Chantal Béraud

Pour ne pas « perdre sa vie à la gagner », il est préférable notamment de bien réfléchir aux clauses de son contrat d’association, à comment investir au mieux ses bénéfices et à quel taux de retraite cotiser. Quelques conseils en bref.

Éric Février (A 80)

Administrateur du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral et praticien en cumul emploi-retraite à Saint-Mamet-la-Salvetat (Cantal)

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Un « bon » départ à la retraite s’anticipe

Pour « réussir sa retraite », différents critères sont primordiaux à gérer à l’avance, notamment pour la cession de clientèle. Le contrat d’association doit comprendre des clauses sur la mésentente professionnelle, les changements de vie, l’accident, etc. et le départ à la retraite (conditions de revente de la clientèle, du matériel et des murs à ses associés). Si l’on est un praticien seul, il convient de prospecter plusieurs années à l’avance les vétérinaires des clientèles voisines. En effet – et c’est souvent encore plus vital en pratique rurale –, un seul départ à la retraite peut avoir un impact majeur sur ceux qui restent en activité, notamment en ce qui concerne la soutenabilité tant des gardes que de la permanence et de la continuité des soins. Dans ces conditions, une structure vétérinaire voisine peut avoir tout intérêt à s’agrandir de manière à atteindre une taille suffisante pour rester attractive en termes de recrutement. Sachant que les jeunes générations de praticiens préfèrent généralement travailler dans des équipes de travail plus étoffées.

François Courouble (A 81)

Administrateur de la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des vétérinaires, en cumul emploi-retraite depuis trois ans

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Attention : à chacun « sa » solution

Les choix à faire sont impérativement à individualiser selon le statut d’exercice et sa situation personnelle. Du coup, les solutions collectives de retraite proposées ne sont souvent adaptées qu’à certains profils de vétérinaires de la structure concernée. Attention aussi aux changements de vie : par exemple, la capacité d’épargne dépend beaucoup du nombre et de l’âge de ses enfants. À l’inverse, on peut redéfinir ses besoins quand on prend sa retraite. La première chose à anticiper est d’acheter sa résidence principale, dont les prêts courent parfois sur trente ans. Pour un avis spécialisé, s’adresser à un conseiller financier et patrimoine, sans baser ses choix sur le seul critère de la réduction d’impôt. En réfléchissant bien à son cas personnel ! Par exemple, dans un plan d’épargne retraite, tout est déductible au début, mais les sorties de rente sont imposées, il y a des frais de gestion importants et aucune garantie sur le résultat financier final. C’est donc peut-être seulement intéressant si l’on est – y compris durant sa retraite – dans une tranche d’imposition inférieure à 30 %.

Claude Thomas (A 68)

Ancien praticien associé à dominante rurale au Theil-sur-Huisne (Orne)

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Jeunes confrères, cotisez au taux maximum !

Durant toute ma vie professionnelle, j’ai travaillé sur un rythme alternant entre 75 heures, 65 heures et 45 heures par semaine (selon les gardes et la permanence et la continuité des soins). Étant en bonne santé, je n’ai pas trouvé pénible de prendre ma retraite à plus de 68 ans. Voici mes conseils aux générations suivantes : cotisez au taux maximum et longtemps auprès de la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des vétérinaires ! Comme je ne l’avais pas fait, vers la cinquantaine, j’ai choisi de racheter des trimestres, en calculant que ce serait une opération rentable au-delà de sept ans, un cap largement dépassé aujourd’hui depuis ma cession en 2011 à une jeune consœur. Ladite vente a été calculée sur le revenu moyen des trois dernières années. J’ai continué l’activité avec elle durant six mois, en la dirigeant, puis durant les six mois suivants, je l’ai seulement assistée. Ce fonctionnement transitoire a garanti une bonne transmission, tout en m’habituant progressivement à mon départ. Pour générer des revenus complémentaires, j’ai acheté une résidence principale et, avec ma femme, nous avons investi dans une assurance vie avec un placement en fonds euros.

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