Diagnostiquer la myopathie fibrillaire - La Semaine Vétérinaire n° 1978 du 24/02/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1978 du 24/02/2023

Pathologie musculaire

FORMATION MIXTE

Auteur(s) :

D’après la conférence « Diagnosis and treatment of muscular causes of poor performance warmblood horses », présentée par Stéphanie Valberg (université du Michigan, États-Unis) au congrès de l’ECEIM (European College of Equine Internal Medicine) en novembre 2022 à Rome.

Examen

Un examen physique comprenant une boiterie complète et un examen neurologique sont fortement recommandés avant de poursuivre vers un diagnostic de surcharge de polysaccharides de type 2 (PSSM 2) ou myopathie myofibrillaire (MFM). En effet, d’autres causes de mauvaise performance sont beaucoup plus fréquentes que la PSSM 2 et la MFM et parce que la sensibilité et la spécificité de l’histopathologie de la biopsie musculaire laissent place à des diagnostics faux positifs et faux négatifs. L’ajustement de la selle doit être inspecté et le cheval, observé sous la selle pour déterminer s’il existe des problèmes potentiels de cavalier, d’entraînement ou de comportement qui sont les principaux contributeurs à une mauvaise performance. D’autres diagnostics potentiels de mauvaise performance comprennent l’endoscopie, pour exclure des affections des voies respiratoires supérieures ou profondes, les ulcères gastriques, les blocs articulaires/nerveux diagnostiques pour la boiterie associée, la radiographie, l’échographie et la scintigraphie.

En l’absence d’autres causes de réticence à avancer et à engager l’arrière-train, un essai de traitement ou une biopsie musculaire sont les étapes à suivre. Le souci de mettre en place un traitement potentiel avant de réaliser une biopsie est que, contrairement à la PSSM 1, les agrégats de polysaccharide et de desmine semblent diminuer avec le traitement. Cela peut donc conduire à un diagnostic potentiellement de faux négatif si la biopsie est effectuée après avoir commencé une prise en charge appropriée.

Biopsie musculaire

Le muscle fessier ou les muscles semi-membraneux/tendineux sont prélevés pour diagnostiquer la PSSM 2 et la MFM.

Les critères diagnostiques de la PSSM 2 incluent la présence d’agrégats de glycogène cytoplasmique avec les colorations PAS et un test GYS1 négatif.

Le critère diagnostique de la MFM est la présence d’agrégats de desmine cytoplasmique dont la taille est au moins égale à la moitié de la largeur des myonucléi que l’on trouve dans les fibres musculaires matures (non en régénération).

Tests génétiques

Une société commerciale (Equiseq) propose des tests génétiques pour les variants P2, P3 et P4, censés causer la PSSM 2 et la MFM. Toutefois, une étude récente a montré que, sur une population de 205 chevaux, seuls 38 % des chevaux avec un diagnostic histopathologique de MFM possédaient une variante P et 29 % avaient au moins une variante P, qu’ils aient ou non une maladie musculaire. Par conséquent, ces tests ne semblent pas avoir de valeur diagnostique.

  • À lire dans La Semaine Vétérinaire n° 1976 la première partie de l’article abordant les signes d’alerte. bit.ly/3SiWtgd.
  • À suivre dans La Semaine Vétérinaire n° 1980 la troisième partie de l’article abordant la gestion et le pronostic.
  • Pour en savoir plus :
  • Pagan J. D., Valberg S. J. Feeding performance horses with myopathies. In: Proc. American Association of Equine Practitioners Convention, n° 66. AAEP: 2020. P. 66-74.
  • Henry M. L., Velez-Irizarry D., Pagan J. D., et al. The impact of N-acetyl cysteine and coenzyme Q10 supplementation on skeletal muscle antioxidants and proteome in fit thoroughbred horses. Antioxidants (Basel). 2021;10(11):1739.
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