Vaccins contre la grippe équine : des ruptures en cascade - La Semaine Vétérinaire n° 1973 du 20/01/2023
La Semaine Vétérinaire n° 1973 du 20/01/2023

Prévention

PHARMACIE

Auteur(s) : Michaella Igoho-Moradel

Malgré une amélioration progressive de la situation, il reste compliqué pour les praticiens de se procurer des solutions vaccinales contre ce virus.

Vigilance ! Le réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine (Respe) alerte face à la multiplication de cas de grippe équine dans plusieurs pays d’Europe. La circulation du virus reste particulièrement active cet hiver, notamment dans le nord de l’Europe. L’Hexagone n’est pas épargné : « En France, le 5 décembre dernier, un foyer de grippe a été identifié dans le département de la Vienne (chevaux récemment importés d’Irlande). Le 30 décembre, un second foyer a été recensé dans le Loiret (chevaux venant d’Eure-et-Loir, en contact avec des chevaux importés d’Irlande et de Belgique). »

Des retards de livraison

La situation est d’autant plus difficile à maîtriser que la couverture vaccinale n’est pas optimale en raison de tensions dans l’approvisionnement en vaccins équins. « En conséquence, et dans l’état actuel des connaissances, le Respe appelle à la vigilance l’ensemble des vétérinaires et détenteurs d’équidés, et incite au respect strict des mesures de biosécurité, en particulier pour les équidés en provenance de ces pays (nldr : Irlande et Belgique). » Dans ce contexte, « des ruptures vaccinales liées à des retards de livraison sont prévisibles ou déjà effectives ». De son côté, l’Agence nationale du médicament vétérinaire (Anses-ANMV) suit de près les ruptures d’approvisionnement des vaccins ProteqFlu et ProteqFlu-Te. Commercialisés par Boehringer Ingelheim, ils sont indiqués pour l’immunisation active des chevaux âgés de 4 mois et plus contre la grippe équine afin de réduire les signes cliniques et l’excrétion virale après infection. Ces ruptures sont causées par un problème de qualité de production et de capacités de production limitées. Si l’ANMV prévoit une remise à disposition de ProteqFlu en janvier 2023, il faudra attendre mi-mars 2023 pour ProteqFlu-Te. Les solutions vaccinales de remplacement sont tout aussi limitées.

S’adapter pour faire face à la crise

Concernant ProteqFlu-Te, l’Agence indique qu’il est possible d’avoir recours à deux vaccins contre la grippe équine et le tétanos : Equip FT (Zoetis) et Equilis Prequenza Te suspension injectable pour chevaux (Intervet International). Ils sont toutefois distribués sous allocations et pourraient présenter aussi de brèves difficultés d’approvisionnement au cours des prochains mois. Pour une vaccination contre la grippe équine seule, le vaccin ProteqFlu suspension injectable pour chevaux a été réapprovisionné mi-novembre et le sera de nouveau en janvier 2023. Les vaccins de substitution pour cette indication sont également indisponibles. Equip F est actuellement en rupture, jusqu’en mars 2023, et Equilis Prequenza Te suspension injectable pour chevaux, l’est depuis novembre 2022, pour une durée non connue à ce jour. Dans une note1, l’Association vétérinaire équine française indique que, « chez des animaux adultes vaccinés très régulièrement (tous les six mois) contre la grippe, le rappel de vaccination peut être reporté de 4 à 8 semaines sans impact majeur sur la protection vaccinale. Les chevaux adultes vaccinés de multiples fois peuvent faire face à un délai du rappel de leur vaccination ». Elle ajoute : « la vaccination contre la grippe est obligatoire pour tous les chevaux participant à des rassemblements, avec deux injections de primovaccination (deux injections à 21-92 jours d’écart). Le premier rappel se fera entre 5 et 6 mois après pour la Fédération française d’équitation, moins de 7 mois après pour la Fédération équestre internationale, et un rappel tous les 6 à 12 mois ensuite. Les chevaux de sport participant à des compétitions internationales doivent être vaccinés dans les 6 mois précédant la compétition. »

  • 1. bit.ly/3XxMzIZ.
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr