Le serpent de mer - La Semaine Vétérinaire n° 1969 du 09/12/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1969 du 09/12/2022

EDITO

Auteur(s) : Michaella Igoho-Moradel

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La thématique n’est pas nouvelle mais constitue l’un des mastodontes de l’année 2023. Le dossier de la délégation d’actes aux auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV) connaît un nouveau coup d’accélérateur. Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a intégré ce serpent de mer de la profession dans sa feuille de route. Cette question est d’autant plus d’actualité qu’elle est présentée comme une solution à envisager pour soulager les praticiens confrontés à une pénurie de main-d’œuvre. Pour tenir le calendrier ministériel, les contributions de la profession devront être ficelées en début d’année prochaine. Lors d’un atelier organisé au dernier congrès de l’Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie, l’Ordre a dévoilé le cadre dans lequel certains actes seront délégables. Et on y voit un peu plus clair ! D’abord, le vétérinaire reste entièrement responsable, même dans le cadre d’une délégation d’acte. Cela suppose qu’il doit s’assurer que l’ASV est bien formé et compétent pour effectuer cette tâche sous son œil ou non. Et, aussi, que les limites qui lui ont été fixées ne sont pas dépassées. La délégation d’actes ne se fera que dans un établissement de soins vétérinaires. Cette question n’est pas figée puisque, selon la pratique, la délégation d’actes existe déjà en dehors de ce contexte. Par ailleurs, l’Ordre s’oppose à la création d’un corps d’infirmier libéral vétérinaire. Il en a déjà assez à faire avec les ostéopathes animaliers ! Si des lignes bougent, des zones d’ombre demeurent, notamment sur les prérequis nécessaires ou sur le parcours de formation. Le cadre réglementaire à venir doit également trouver la bonne formule afin que cette opportunité de déléguer soit accessible à toutes structures vétérinaires, les plus grandes comme les plus petites. Dans tous les cas, l’histoire retiendra que ces orientations sont bienvenues, et les objectifs de l’Ordre nobles. Avec ces garde-fous, la profession s’assure que l’acte vétérinaire ne perde pas sa valeur. Quant à la liste des actes délégables, il faudra s’armer de patience pour discuter de son contenu. Pour cela, donnons-nous rendez-vous en 2023.

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