Les maladies vectorielles font mouche - La Semaine Vétérinaire n° 1966 du 18/11/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1966 du 18/11/2022

EDITO

Auteur(s) : Marine Neveux

MARINENEVEUX.jpg

Moustiques, tiques, etc. : nouveaux fléaux ? Si les maladies vectorielles font l’objet d’une surveillance en santé animale, elles sont scrutées avec appréhension en santé humaine et par le grand public aujourd’hui car de nouvelles menaces émergent, en témoigne l'extension du moustique tigre en France, mais aussi le récent cas autochtone d’infection à virus Usutu confirmé le 18 octobre dernier1 dans les Landes qui rappelle que si le virus circule essentiellement parmi les oiseaux, la transmission peut se faire à l'humain par la piqûre de moustiques, Culex. Ce dernier vecteur est aussi responsable des infections à virus West-Nile. En 2022, 5 cas humains ont déjà été détectés dans les Bouches-du-Rhône et le Var et 6 cas équins (Var et Gironde). De l’importance de la surveillance de la faune sauvage, des animaux et de la coopération entre les différentes santés2.

Les maladies vectorielles : un nouveau défi à l’heure des échanges, des changements climatiques, de la perte de biodiversité ? « Nous devons nous attacher à étudier collectivement des maladies à ce jour sans grande conséquence en France mais qui peuvent devenir problématiques à terme » analyse notre confrère Thierry Lefrançois (Cirad et membres du Covars) dans les colonnes de La Semaine Vétérinaire3.

Des maladies considérées longtemps comme des maladies tropicales concernent aujourd’hui la métropole. Mais les maladies vectorielles sont un sujet complexe, à l’intersection des écosystèmes et des êtres vivants. Le récent colloque « Vecteurs et ravageurs, contrôle de biodiversité » organisé les 9 et 10 novembre derniers à Montpellier par Vectopole Sud et l’Anses en appréhende sa complexité par une approche scientifique intéressante. Le milieu urbain par exemple n’est pas encore bien appréhendé au niveau des systèmes vectoriels comme le détaille Mathilde Mercat (IRD). Cela passe donc par une approche intersectorielle, interdisciplinaire.

Selon Gilles Salvat2, pour lutter contre les maladies vectorielles ou du moins contre leur extension, il faut déjà lutter contre le changement climatique. En outre, « en raisonnant uniquement sur un agent pathogène, un vecteur, en ne regardant pas plus loin ou en ne travaillant pas ensemble, on va rater quelque chose. Quand on lutte contre une source, on provoque un autre déséquilibre, la pensée globale, qui compile un certain nombre de savoirs, est nécessaire pour ne pas créer ces déséquilibres. La santé environnement repose sur un principe d’approche globale ».

  • 2 Lire le dossier en pages 36 à 42 de ce numéro
  • 3 La Semaine Vétérinaire n° 1960 du 7 octobre 2022 en pages 10 et 11
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr