Fencovis, un nouveau vaccin contre les entérites néonatales des veaux - La Semaine Vétérinaire n° 1962 du 21/10/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1962 du 21/10/2022

Prévention

PHARMACIE

Auteur(s) : Michaella Igoho-Moradel

La combinaison d’adjuvants non huileux et d’antigènes inactivés offre à ce produit une efficacité et une innocuité élevées.

Seulement 20 % des vaches sont vaccinées contre les agents d’entérites néonatales. Or, les diarrhées néonatales sont la première cause de mortalité des veaux, entraînant des pertes économiques importantes pour les éleveurs liées à la réduction de la croissance, aux retards de développement et à une augmentation de la mortalité. Devant ce constat, le laboratoire Boehringer Ingelheim a présenté, mardi 11 octobre, à Paris, son nouveau vaccin à large spectre Fencovis, qui prévient les diarrhées néonatales à rotavirus bovin (BRV) et à Escherichia coli exprimant l’adhésine F5 (K99), et réduit l’incidence et la sévérité de la maladie causée par le coronavirus bovin (BCV).

Une association d’adjuvants unique

Fencovis augmente le niveau d’immunité passive des veaux, notamment grâce à une association d’antigènes inactivés et d’adjuvants non huileux, l’hydroxyde d’aluminium et les saponines de quillaia, unique sur le marché de la prévention des entérites néonatales. « C’est ce qui nous différencie des vaccins déjà existants à base d’adjuvants huileux. L’aluminium favorise la production d’anticorps. La saponine, qui est un extrait de plante (la quillaja), active la réponse immunitaire de type cellulaire et humoral et induit la fabrication d’anticorps. Notre objectif premier est d’enrichir le colostrum en anticorps », explique Arnaud Bolon, responsable technique et scientifique ruminants chez Boehringer Ingelheim. Cette combinaison d’adjuvants est également utilisée pour d’autres vaccins commercialisés par le laboratoire, comme BTVPur et Bovalto Respi 4. Les études d’efficacité présentées montrent une augmentation des anticorps spécifiques anti-BRV, BCV et E. coli dans le sérum et dans le colostrum après la vaccination.

Une large fenêtre de vaccination

Les veaux nourris au colostrum de vaches vaccinées présentent des taux d’anticorps spécifiques dans leur sérum plus élevé. L’innocuité du vaccin a par ailleurs été démontrée : il est sans effet sur l’état général de l’animal et sur la gestation des animaux vaccinés. Aucune anomalie n’a été identifiée chez les veaux. Pour rappel, Fencovis cible les génisses et les vaches gestantes. Le laboratoire recommande de vacciner la totalité du troupeau pour une meilleure efficacité. L’injection unique de 2 ml sera pratiquée par voie intramusculaire entre 12 et 3 semaines avant la date présumée du vêlage. Chez les veaux nourris au colostrum de génisses ou de vaches vaccinées, l’immunité passive commence dès la première prise de colostrum et nécessite qu’ils en reçoivent suffisamment après la naissance. Les veaux nourris au colostrum et au lait de mères vaccinées durant la première semaine de vie sont protégés contre le BRV pour 7 jours et contre le BCV pour 14 jours. La durée de l’immunité contre les infections causées par E. coli F5 (K99) n’a pas été étudiée.

Le colostrum, un élément vital

Dans le cadre de la prévention des diarrhées du veau nouveau-né, Boehringer Ingelheim conseille une approche holistique de la santé digestive du veau, en associant notamment la gestion du colostrum et la vaccination. « Le colostrum est trois fois plus riche en énergie que le lait standard et trois fois plus riche en vitamines. Il a des fonctions laxatives essentielles dans la mise en place du bon fonctionnement du tube digestif du veau. Il est aussi globalement quatre fois plus riche en protéines, qui contiennent des immunoglobulines capables de reconnaître l’agent pathogène et de favoriser sa destruction », explique Alexandra Senkowski, vétérinaire dans les Côtes-d’Armor. Ainsi, pour que l’immunité passive du veau soit optimale, la qualité du colostrum est essentielle, de même que son ingestion. Boehringer Ingelgeim propose un accompagnement technique pour les vétérinaires, qui comprend, entre autres, des visites d’élevages avec quatre délégués techniques formés sur ce principe d’approche globale.

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