Économies d’énergie : des astuces simples et rapides pour réduire ses coûts - La Semaine Vétérinaire n° 1961 du 14/10/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1961 du 14/10/2022

Finances 

ENTREPRISE

Auteur(s) : Par Jacques Nadel

Afin de diminuer le montant de leurs factures et l’impact de la crise énergétique, il est indispensable que les établissements de soins vétérinaires se mobilisent dans une démarche de sobriété et d’efficience énergétique. Des mesures efficaces et faciles à mettre en place existent.

Compte tenu du risque de coupures d’électricité l’hiver prochain, le gouvernement a indiqué que des délestages d’une durée de deux heures seraient prévus. Le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL) a écrit aux ministères de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et de l’Intérieur pour que les établissements de soins vétérinaires soient exclus de toute opération de délestage électrique. « Ce courrier va être également envoyé à nos délégués départementaux, qui le feront remonter au préfet de leur région », indique Laurent Perrin (L 84), président du SNVEL.

En attendant, voici quelques pistes pour participer aux efforts collectifs et limiter les coûts, notamment pour les cabinets et les cliniques vétérinaires dont le chiffre d’affaires est supérieur à 2 M€ et qui, de fait, ne bénéficieront pas du bouclier tarifaire annoncé par le gouvernement (hausse des tarifs limitée à 15 %).

Les gestes les plus simples à effet immédiat

En mettant en place quelques mesures à la portée de tous, rapides et ne nécessitant pas d’investissements importants, il est possible de diminuer de 10 à 15 % sa consommation électrique. Elles portent sur :

– L’éclairage

Lorsque la lumière naturelle est suffisante, il n’est pas besoin d’allumer. Si des zones s’éclairent avec un détecteur de mouvement, il faut installer un interrupteur s’il ne dispose pas de capteur de luminosité ou régler correctement ce dernier. On peut améliorer l’efficacité de l’éclairage en déployant des LED, mais aussi définir des espaces où l’intensité lumineuse peut être diminuée, et équiper de capteurs de présence les zones de l’établissement qui ne nécessitent pas d’être éclairées en permanence (les réserves, par exemple). Bien entendu, il convient d’éteindre les lumières lorsqu’il n’y a personne dans les pièces et lors des périodes de fermeture de l’établissement. Pour information, un suivi de la consommation d’électricité, heure par heure, est possible avec un compteur adapté.

- Le chauffage et la climatisation

Il va falloir prendre de nouvelles habitudes ! Par exemple, déclencher la climatisation uniquement au-dessus de 26 °C et limiter la température du chauffage en hiver à 19 °C (16 °C dans les salles de stockage). Penser à baisser à 16 °C la nuit et les week-ends (sauf dans les chenils ou les chatteries en cas de besoins spécifiques). La programmation des équipements prend tout son sens : un degré de différence peut correspondre à 7 % de consommation d’énergie en moins ; passer d’une température de 22 à 26 °C en été divise par deux l’électricité consommée. En principe, la climatisation doit être réglée en respectant un écart de 6 °C maximum avec la température extérieure.

Attention aux pièces qui chauffent en hiver, c’est le cas avec les belles entrées de lumière. Il faut fermer les portes pour éviter la déperdition ou l’apport de chaleur.

Une aération naturelle doit être préférée et la climatisation automatique, coupée. En été, aérer le matin quand l’air est plus frais. En hiver, aérer plutôt en journée et laisser un maximum les portes des salles avec du matériel informatique produisant de la chaleur ouvertes, ou entrouvrir les fenêtres pour éviter de déclencher la climatisation.

Il convient de veiller à ses équipements et d’entretenir sa pompe à chaleur ou sa climatisation réversible, en plus de l’inspection quinquennale obligatoire. Il est aussi utile de faire vérifier le fonctionnement général des systèmes de chauffage, notamment le bon réglage des pompes de circulation pour le chauffage à eau chaude.

Enfin, un point avec l’équipe est pertinent : en hiver, contrairement à l’été, il est normal de porter un pull à l’intérieur. Rien n’empêche le chef d’entreprise de fournir à son équipe des affaires adaptées (veste chaude l’hiver et blouse légère l’été) lorsque le port de vêtements professionnels est imposé.

- L’électroménager

Les actions sont plus limitées : on peut s’assurer que les frigos et les congélateurs fonctionnent de façon optimale (procéder notamment à un dégivrage), revoir les protocoles de lavage et de séchage, par exemple en prévoyant trois bacs : lavage à 60 °C, lavage à 90 °C, lavage du linge particulièrement sale (à nettoyer rapidement).

- Le numérique (appareils électroniques et Internet)

Attention, couper le Wifi ne suffira pas ! Pour économiser de l’énergie, les points d’intervention ne manquent pas :

  • mettre en veille les ordinateurs et éteindre les écrans lors des pauses qui durent plus de quinze minutes (régler une mise en veille automatique sans écran de veille animé) ;
  • baisser la luminosité (ou installer un réglage de la luminosité automatique) ;
  • éteindre les ordinateurs durant les pauses de plus d’une heure (une veille représente 20 à 40 % de consommation d'énergie) ;
  • couper les ordinateurs le soir, les rallumer le matin avant l’arrivée des vétérinaires ;
  • trier et supprimer mails, spams, cookies, historique, téléchargements ;
  • diminuer l’envoi de mails et limiter le poids des pièces jointes ;
  • fermer les onglets non utilisés du navigateur ;
  • accéder aux sites connus et fréquemment consultés par les favoris, l’historique ou avec l’URL, éviter de passer par les moteurs de recherche ;
  • limiter le nombre d’équipements et veiller à ce qu’ils ne soient pas surdimensionnés (nombre et taille des écrans, puissance du matériel informatique par rapport au besoin, etc.) ;
  • réduire ou supprimer les systèmes audiovisuels non indispensables ;
  • mettre en place une gestion optimisée du fonctionnement des serveurs informatiques (diminuer) la température dans la salle des serveurs, utiliser des systèmes de refroidissement passifs « free cooling », récupérer la chaleur fatale produite par les serveurs pour préchauffer l’eau, etc.) ;
  • lister tout ce qui peut être éteint la nuit et installer des multiprises pour faciliter la manœuvre le soir.

Les actions managériales

Pour agir fort, il faut penser collectif… et impliquer les collaborateurs en les incitant aux écogestes, en les sensibilisant aux coûts du gaspillage et aux enjeux de l’efficacité énergétique. Le management d’équipe prend ici toute son importance.

Leur implication passe déjà par l’établissement de bonnes pratiques, comme éteindre les équipements non utilisés à la fin de la journée ou le week-end. On peut les motiver de différentes façons : en lançant des « défis conso », en suivant la consommation mensuelle de l’établissement, en comparant par rapport aux années précédentes et en partageant ces informations avec tous, etc.

Dans tous les cas, il est judicieux de faire un point avec l’équipe, des aberrations ou des mésusages ont peut-être été relevés. C’est aussi l’occasion de sensibiliser les collaborateurs aux problématiques d’approvisionnement énergétique en Europe et à la nécessité que chacun fasse sa part.  Et, pourquoi pas, de redistribuer tout ou partie des bénéfices liés aux économies d’énergie !

Autres mesures du quotidien

D’autres leviers peuvent également être mobilisés :

  • diminuer les impressions papier (ordonnances, tickets, documents divers) ;
  • réduire l’utilisation des sacs à usage unique ;
  • limiter la largeur de l’ouverture des portes automatiques, du sas d’entrée.
  • privilégier les mobilités douces pour les livraisons, quand cela est possible ;
  • encourager les salariés à réduire l’impact environnemental de leurs déplacements avec le forfait mobilité durable, en incitant à recourir au covoiturage, aux mobilités actives ou aux transports en commun.

Pour aller plus loin

  • S’interroger sur la pertinence d’une rénovation énergétique du ou des bâtiment(s) ;
  • optimiser l’isolation thermique de l’établissement ;
  • penser à l’avantage fiscal (déduction de 40 % sur l’achat de matériel neuf) pour le renouvellement de l’armoire frigorifique avant la fin de l’année (loi de finances pour 2019) ;
  • séparer des zones à l’intérieur du bâtiment par des portes isolantes pour limiter le gaspillage énergétique.

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