« La situation est plus complexe » - La Semaine Vétérinaire n° 1958 du 23/09/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1958 du 23/09/2022

Courrier

COMMUNAUTE VETO

Auteur(s) : L'association Vétos-Entraide

À la suite de la tribune du docteur vétérinaire Patrick Govart publiée dans La Semaine Vétérinaire n° 50 du 24 juin dernier, l'association Vétos-Entraide a souhaité réagir. 

Dans cette tribune, Patrick Govart, président d'Evidensia France, mentionne des chiffres extraits du rapport Truchot sur la souffrance au travail des vétérinaires. Ce rapport a été commandité par le Conseil national de l'Ordre et l'association Vétos-Entraide auprès de la faculté de psychologie de Bourgogne Franche-Comté, et notamment, le professeur Didier Truchot. 

Patrick Govart estime que le fait d'intégrer un groupe, comme celui qu'il préside, est susceptible de diminuer les risques psycho-sociaux. Nous tenons à attirer l'attention sur le fait que la situation est plus complexe.

En effet, la lecture complète de l’étude Truchot montre que l’épuisement émotionnel des vétérinaires est significativement plus important chez les « corporate » que chez les indépendants. En page 29 du rapport est cité : « Chez les vétérinaires, comme dans bien des secteurs d’activité, s’implantent progressivement des établissements de type “chaînes” ou réseaux. Dans notre échantillon, ils concernent 322 personnes soit environ un vétérinaire sur dix. Ceux qui travaillent dans ce type d’établissement sont significativement plus jeunes (37,7 vs 41,8 ans). Or chez ceux-là l’épuisement émotionnel est plus élevé que celui de leurs autres collègues (M=18,2 vs 16,7), F(1, 3 174) = 9,4, p <.003. Parallèlement, ils ressentent davantage les conflits entre collègues. Mais il n’y a pas de différence sur les autres dimensions du burnout. »

Travailler en groupe peut apporter des avantages mais aussi des contraintes, sources potentielles de mal-être. L'appréhension de l'exercice au sein d'un groupe est liée à un ensemble de facteurs inhérents aussi bien à la personnalité de la praticienne ou du praticien qui intègre le groupe qu'au groupe lui-même, par ses contraintes organisationnelles, la gestion de ses ressources humaines, ses exigences de résultats ou ses obligations de confidentialité. 

Nous comprenons que Patrick Govart réagisse aux résultats de l’étude Truchot, mais cela ne peut être pour promouvoir son entreprise en utilisant les chiffres d'une étude et en tirant des conclusions sans preuve et erronées. Le travail considérable de cette étude ne peut être utilisé à d’autres fins que de lutter contre le mal-être dans la profession vétérinaire.

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